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vendredi 22 août 2014

L'entrée du virus Ebola au Québec

Son agent, Yves Bolduc
Notre ami, le virus Ebola
 











L’ENTRÉE DU VIRUS EBOLA AU QUÉBEC

Là où l’on brûle les livres, on finit par brûler les hommes…

HENRI HEINE, Almansor, 1821

On savait depuis longtemps que c’était un imbécile. On l’avait vu gérer le ministère de la Santé dans le gouvernement de Jean Charest après la démission de Philippe Couillard. La clarté de ses intérêts lui a permis de  s’enrichir de $ 210.000 lors de son furtif passage dans l’opposition durant les 18 mois du gouvernement du Parti Québécois. Comme la vierge qui s’est depuis longtemps condamnée à la putasserie, il a réfuté les assertions de trafic de bénéfices indus sous l’amour du travail. Un tel dévouement - ou un tel dévoiement - lui permettait de prendre une quantité de patients appropriée à la médecine à la chaîne. Il a soulevé le haut-le-cœur parmi ses confrères qui voyaient là une faute déontologique impardonna-
ble. Et puisque Couillard l’a forcé à rendre une partie de cet argent, faut-il croire que le médecin-ministre était aussi honnête et sincère qu'il le prétendait? Avec le docteur Yves Bolduc, on est loin du serment d’Hippocrate – qu’il n’a sans doute jamais lu. Puis, lorsque le nouveau Premier-ministre Couillard l’a rappelé au gouvernement pour lui donner, en guise de consolation, le ministère de l’Éducation, le docteur Bolduc a décidé de faire des enfants du Québec un double portrait de lui-même.

Pour justifier ses coupes dans le domaine de l’Éducation, le docteur Bolduc n’a qu’à se cacher derrière la burka libérale de l’Austérité. Comme s’il n’y avait plus aucune richesse au Québec et que nous étions endettés à un point tel que les huissiers internationaux attendaient à la porte pour débarquer, demain matin, dans les chaumières des Québécois pour liquider leurs actifs et les disperser aux quatre coins du monde comme esclaves. Répétons-le, la dette est un fantasme. Elle est comme le tabernacle de jadis qu’on ouvrait pour y découvrir la présence de Dieu et s’apercevoir que la cabane était vide! Les «chaînes de papiers», dont parlait Solon, quand même considéré comme l’un des neuf sages de l’Antiquité, sont devenues plus pesantes que des boulets de fer attachés aux pieds des gouvernement et, avec eux, à leurs populations. Et tant que le commun des mortels croira à cette farce concoctée par les milieux financiers pour détourner le régime démocratique et imposer leur diktat sur les finances des États, il est prêt à écouter la sirène néo-libérale et s’étrangler avec le mythe de la dette. C’est ainsi que Jean Charest nous a refiler cette lourde plaisanterie qu’est le fonds des générations, inventée pour répondre aux pressions terroristes des milieux financiers. Le trio économi-
que du gouverne-
ment, ces trois Stooges de la débandade que sont Martin Coîteux, Carlos Leitão et Philippe Couillard, impose aux ministères des compressions absurdes que n’exigent même plus ni la Banque mondiale, ni le Fond monétaire international (qui commencent à comprendre qu’au niveau économique, le monde est passé à autre chose qu’à ces mesures privatives et inefficaces). Comme on retarde toujours dès qu’il s’agit de problématiques économiques, le gouvernement du Québec s’attarde aux vieilles solutions ignobles du temps de Lucien Bouchard. Et ce brillant ministre de l’Éducation emboîte le pas, évidemment, sans se poser plus de question.

La journaliste Mélanie Loiselle pose ainsi l’état de la situation : 
«La grande majorité des bibliothèques scolaires du Québec risque de voir leur budget d’achat de livres diminué de moitié, voire entièrement coupé pour l’année 2014-2015. Selon ce qu’a appris Le Devoir, les commissions scolaires ne sont maintenant plus obligées d’injecter le 7 $ par élève exigé auparavant par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) pour l’acquisition de livres. Et nombreuses sont celles qui ont choisi de ne plus investir, au point de faire craindre le pire à l’industrie du livre au Québec.

Le portrait semble catastrophique à l’échelle du Québec, plusieurs commissions scolaires ont choisi de couper quasi entièrement les sommes attribuées à l’acquisition de livres dans leurs bibliothèques”, rapporte Lyne Rajotte, qui siège au conseil d’administration de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec.

Dans la foulée des compressions budgétaires, les commissions scolaires ont dû couper, ces dernières semaines, dans divers programmes, dont le Plan d’action sur la lecture mis sur pied en 2005. Dans ce plan, le gouvernement s’était engagé à offrir une enveloppe de 8,3 millions de dollars par année, en plus d’exiger aux commissions scolaires d’en faire autant pour regarnir les bibliothèques. Dans les faits, le ministère donnait 9 $ par élève aux commissions scolaires si elles investissaient, elles aussi, 7 $ par élève pour l’achat de livres destinés à leur bibliothèque.
Or, cette condition ne s’applique plus si on se fie au document Règles budgétaires pour l’année scolaire 2014-2015 des commissions scolaires.On s’était battu ces dernières années pour avoir une enveloppe dédiée à l’achat de livres. Mais ce sont maintenant les commissions scolaires qui vont décider ou pas d’investir”, note Marie-Hélène Charest, présidente de l’Association pour la promotion des services documentaires scolaires».
Certes, que l’industrie du livre au Québec s’inquiète, et surtout du manuel scolaire, cela va de soi. Surtout que la «patente» des manuels scolaires est une vieille source de favoritisme politique. Comme l’asphaltage de routes. Mais les bébelles électroniques qui ont envoûté Jean Charest l’ont déboulonnée. Les fameux TBI, ces Tableaux Blancs Interactifs, qui ont coûté une petite fortune dans la «modernisation» de l’enseignement, s’avèrent des jouets capricieux qui amusent plus qu’ils n’instruisent. Quand on investit dans ce genre de jouets, c’est bien évident qu’il reste moins d’argent pour l’essentiel, je parle des enseignants et des livres. Ce n’est pas là faire preuve de modernité et d’adaptation technologique, c’est purement et simplement passer des contrats payants à des compagnies de production de ces tableaux-jouets anti-pédagogiques (anti-pédagogiques, car au lieu de stimuler la concentration chez l’élève ils suscitent la dispersion et la diversion) qui, en retour, contribuent à la caisse électorale du Parti Libéral. Pour le reste, rien n’a changé. Les résultats sont toujours aussi décevants et la «magie» de la normalisation des notes dissimulent toujours plus d’ignorance des gradués… jusqu’à l’Université y compris.

Mais l’insulte ajoutée à l’outrage sort de la bouche même du ministre :
«Le ministre de l’Éducation Yves Bolduc ne voit aucun problème à ce que les commissions scolaires coupent dans les achats de livres pour leurs bibliothèques. Dans un contexte de restrictions budgétaires, il soutient que ce n’est pas à lui de dire où les commissions doivent couper et qu’elles peuvent faire leurs propres choix. Un discours en apparence contradictoire avec celui de la ministre de la Culture, Hélène David, qui a promis d’aider l’industrie du livre, grandement dépendante des ventes scolaires.
L’achat de livres dans les bibliothèques n’est donc pas essentiel pour le ministre de l’Éducation? “Il n’y a pas un enfant qui va mourir de ça et qui va s’empêcher de lire, parce qu’il existe déjà des livres [dans les bibliothèques], affirme le ministre Bolduc, en ajoutant que les commissions scolaires n’ajouteront seulement pas de livres dans leur collection et achèteront moins de nouveautés littéraires ces prochaines années. “J’aime mieux qu’elles achètent moins de livres. Nos bibliothèques sont déjà bien équipées. […] Va dans les écoles, des livres, il y en a, et en passant, les livres ont été achetés l’an passé, il y a 2 ans, ou 20 ans.”»
Ces répliques montrent assez l’ineptie de la personnalité du ministre et son incurie en tant que détenteur d’une fonction aussi importante que celle de ministre de l’Éducation. Une bibliothèque n’a jamais assez de livre. C’est un principe de base de la liberté. Liberté de connaître, liberté de penser, liberté de conscience et liberté d’action. C’est en véritable ministre du Soviet Suprême que pense Bolduc. Ensuite, les bibliothèques du Québec – et la Bibliothèque nationale en premier – sont peut-être parmi les seules dans le monde à liquider sur le marché leurs fonds de réserve. Dans cet esprit, les bibliothèques du Québec deviennent tout simplement des librairies commerciales et font défection à leur mission première : la conservation du trésor national (qui ne se limite pas à la production locale mais à l'ouverture sur l'universel). À cela s’ajoute cette barbarie qui consiste à mutiler les livres, à les empoisonner de flux d’hémoglobines d’encre des marqueurs couleurs verte, rouge ou bleue afin de souligner, souvent de la première à la dernière ligne du livre, ce qu’on pense être l’important du contenu. Cette pratique ne fait que démontrer l’incapacité de lire des utilisateurs qui ne savent distinguer les idées principales des idées secondaires. Comme l’espérance de vie d’un livre est plutôt assez courte, ces pratiques de vandalisme finissent par être coûteuses. Sans compter qu’elles entravent la vieille discipline de copier sur des fiches (même informatiques) les extraits, idées, citations que l’on veut retenir d'une lecture pour un travail ou pour son agenda personnel. Du temps où l’on considérait «La bibliothèque : un instrument de travail», aujourd’hui, celle-ci n’est plus qu’un cimetière à bouquins où l’on trouve des jouets cassés pour se distraire.

Au moment où la grande «philanthrope» Lucie Chagnon meurt d’Alzheimer après avoir joué avec ses livres à colorier dans sa baignoire, les «pensées» du ministre Bolduc nous montrent comment l’analphabétisme est honoré au Québec. Les Québécois, en général, ont une relation défectueuse avec les livres. Le rapport à l’objet a toujours été un problème fondamental dans la psychologie de notre nation. Celui aux livres est aussi grave que le rapport que les Américains ont avec la culture et la connaissance. À l’impératif clérical de la censure qui a tant fait mal au journalisme critique, à la littérature poétique et romanesque non religieuse, voire même aux livres de science, la légèreté d’esprit qu’Alice Chagnon et Yves Bolduc appréhendent le livre est foncièrement pathologique. Un livre n’est pas un jouet. Il n’est pas là pour nous divertir ou nous apporter la paix de l’esprit. Ce n’est pas une «chose» qui se limite à sa valeur d’usage. Le livre, bien avant l’argent, est la base de la valeur d’échange. L’échange d’informations, depuis les vieux rouleaux qui constituaient la Bibliothèque d’Alexandrie aux codex reliés vélins et cousus et maintenant aux livres reproduits par des méthodes de photocopies plutôt que d’imprimerie, passe par des objets qui sont comme les sépultures des tombeaux d’auteurs. Marquer un livre équivaut à profaner une sépulture. Le livre ne fait pas que transmettre des idées, des informations ou des pensées, il contient généralement une weltanschauung, une vision du monde (celle de l’auteur, celle de son époque), ce qui se traduit plus difficilement par le médium informatique.

Est-ce à dire que le médium informatique est moins valable qu’un livre? Non, mais il y a une limite à ce qu’il peut traduire en termes de qualité et de complétude des savoirs. Semblable à la revue plus qu’au livre, ses capacités techniques créent une médiation divertissante, limitée et souvent superficielle. Un article d’un blogue ressemble plus à un article d’une revue populaire, d’un quotidien ou d’une revue spécialisée. Voilà pourquoi aux yeux de Bolduc, une patente à gosses comme le TBI est un choix plus pertinent qu’un livre. Opinion d’ignare diplômé.

Évidemment, une telle «opinion» a fait bondir les bibliothécaires des écoles :
«“Je suis vraiment ahurie de voir que cet homme est notre ministre de l’Éducation, lance Lyne Rajotte, qui siège au conseil d’administration de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec. “Dire qu’il y a beaucoup de livres dans les écoles, c’est mal connaître notre réalité et surtout celle des régions qui ont de plus petits budgets et qui ont toutes les misères à avoir des livres pour couvrir toutes les matières d’apprentissage.” Mme Rajotte mentionne que les bibliothèques scolaires jouent un rôle fondamental pour donner le goût aux enfants de lire en leur proposant des œuvres littéraires jeunesse de qualité. Elle a peine à croire que le ministre Bolduc ne considère pas l’achat de livres comme une priorité “Et avec le taux d’analphabétisme, il faut être gonflé pour dire ça.”»
C’est dire que ce médecin si travaillant lorsqu’il s’agit d’entendre le bruit de la castonguette ne met pas la même ardeur au travail lorsqu’il se livre à sa tâche de ministre de l’Éducation. Après le passage des Marie Malavoy et Pierre Duchesne durant les mois de gouvernement du Parti Québécois, qui avaient tenté d’amorcer une restauration du ministère de l’Éducation laissé en bien piteux état par dix années de gouvernance libérale, l’arrivée de Yves Bolduc est comparable à celle du virus Ebola dans un organisme déjà mal nourri et mal soigné.
Mélanie Loiselle du Devoir poursuit : 
«N’empêche, le ministre Bolduc martèle que les commissions scolaires sont obligées de faire des choix et quece n’est pas toujours au ministrede leur dire quoi faire. Il reconnaît toutefois que cette situation est loin d’être idéale, mais qu’il faut s’attendre à ce qu’il y ait des impacts dans un contexte budgétaire difficile.Faire le choix de ne pas acheter de livres, ça peut donc être un choix acceptable des commissions scolaires, dit-il».
Voilà la petite culotte économique qui vient masquer l’essentiel de l’incurie du Parti Libéral à agir en gouvernement responsable de la société et non seulement des intérêts d’une minorité dominante colonisatrice qui loge de plus en plus à l’extérieur du Québec. À l’exemple du mythe de la Grande Noirceur, il s’agit de former les porteurs d’eau qui serviront de main-d’œuvre (SI NÉCESSAIRE) au développement de la business. Le résidu inemployable de population surnuméraire n’aurait pas droit - pas plus que Malthus le pensait en son temps - de demeurer au banquet de la nature. Il serait donc incorrect, aujourd’hui, d’accepter que le gouverne-
ment dépense pour elle puisqu’elle ne servira à rien dans la production économique de l’avenir. Voilà comment l’aliénation de l’Éducation à l’Économique enseigne la déshumanisation et la brutalisation du monde. La logique avec laquelle Bolduc considère l’importance des livres pourra très bien s’appliquer alors : nous n’avons pas besoin de plus de population et nous pouvons la limiter à la baisse, voire s’en remettre à liquider un surplus passif. Comme le disait Henri Heine, un auteur inconnu de la bibliothèque du Parti Libéral : «Là où l’on brûle des livres, on finit par brûler des hommes». Comme le suggère Mme Loiselle, l’attitude de Bolduc demeure celle d’un gros paresseux aux idées courtes et à l’opportunisme étroit :
«En fait, le ministre laisse aux commissions scolaires le soin d’évaluer leurs besoins et leurs priorités en précisant qu’une enveloppe globale de 293 millions de dollars est disponible pour répondre aux besoins des élèves. Cette nouvelle enveloppe budgétaire appelée “mesures d’appui” peut servir à financer autant l’aide au devoir que le programme de sensibilisation à l’entrepreneuriat et que l’acquisition de livres dans les bibliothèques scolaires».
Qu’a-t-on à faire de la «sensibilisation à l’entrepreneuriat» au niveau primaire? Et même secondaire? Finit la tête bien formée de Montaigne; ce qu’on veut, ce sont des têtes pleines de chiffres, de management, d’entrepreneurship, de gouvernance, d’empowerment et tutti quanti. L’association de la cupidité et de la bêtise conduit à un «pragmatisme» vain, sans valeur et dont le but est d’offrir des fantasmes de certitudes qui pallient aux variables de l’existence. À l’exemple des sociétés totalitaires, nos gouvernements néo-libéraux font passer les intérêts particuliers des meneurs au détriment des intérêts de la collectivité. Ce léninsme politique anti-démocratique apparaît comme une sénilité qui risque de produire aujourd’hui ce qu’il a produit pendant soixante-dix ans en Russie : une stagnation qui a transformé une culture en fossile-vivant où le stakhanovisme appliqué méritait sa prime d’effort au travail. C’est ainsi que le docteur Bolduc voit d’ailleurs la médecine : un atelier de réparation de corps humains. Et comme on répare de moins en moins les objets défectueux pour les remplacer par des nouveaux, il est symptomatique que la première mesure votée par le nouveau gouvernement libéral soit le projet de loi «mourir dans la dignité». Pourquoi ne pas donner aux jeunes filles une prime à l’avortement, ça irait tellement dans la logique compulsive financière et absurde du gouvernement? 

Le ministre Bolduc non seulement agit comme un irresponsable – ce que l’on constatait depuis son accès au ministère avec l’avortement de la réforme de l’enseignement de l’histoire mise en place au cours du bref mandat minoritaire du Parti Québécois -, mais en plus, il opère comme un agent nocif. Au Québec, le virus Bolduc purge notre cerveau comme le virus Ebola purge le corps des malheureux Africains :
«Comme le rapportait Le Devoir, jeudi, le gouvernement s’était jusqu’ici engagé à offrir une enveloppe de 8,3 millions de dollars par année, en plus d’exiger aux commissions scolaires d’investir 6,7 millions de dollars pour regarnir les bibliothèques. Or, rien n’oblige désormais les commissions scolaires à utiliser leurs budgets pour l’achat de livres. Avec les compressions exigées par le gouvernement Couillard, la majorité des commissions scolaires ont donc décidé d’amputer une partie de leur budget pour l’acquisition de livres. La Commission scolaire de Kamouraska–Rivière-du-Loup nous a, entre autres, a [sic!] confirmé qu’elle avait décidé de couper 30 % son budget d’achat pour les bibliothèques. La Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles a aussi laissé savoir à un libraire qu’elle n’aurait aucun budget, cette année, pour garnir ses bibliothèques.»
Or, le manque à gagner des libraires sera compensé par un montant que la ministre de la Culture, Hélène David, va distribuer aux commerçants. À quoi sert une politique d’«austérité», si l’on donne de la main gauche ce que l’on retire de la main droite? Si la politique libérale entend sauver le commerce du livre (déjà fluet) et que le ministre de l’Éducation accepte que des Commissions scolaires coupent dans l’approvisionnement en livre, la mesure apparaît dans toute sa netteté : il s’agit d’une mesure d’acculturation volontaire. La justification économique tombe ici et laisse dévoiler l’obscénité du gouvernement Couillard. Disons-le, depuis la réforme Fournier en 2005, du temps du premier gouvernement Charest, la liquidation de l’enseignement d’une culture distincte propre à un peuple distinct est dans la mire du Parti Libéral du Québec. L’abolition des cégeps, suggérée par les Jeunes Libéraux, s’inscrit dans ce processus d’assimilation à l’américanisme. La gouvernance libérale agit comme une méningite sociale qui finira par ramener une population incertaine dans un climat de barbarie sous les apparences d’une consomma-
tion tout azimut. Toute cette paresse, toute cette vision médiocre et haineuse de soi, irres-
pectueuse de soi, de sa propre progéniture, sont tout simplement écœurantes. Un homme comme Bolduc devrait être éradiqué comme on tente d’éradiquer le virus Ebola de l’Afrique noire car, avec des hommes comme lui, le Québec s’apprête à retomber dans une noirceur encore plus grande que celle qu’on attribue au gouvernement Duplessis, pourtant plus éclairé que les gouvernements Charest et Couillard en matière de financement des écoles et des laboratoires.

Il ne s’agit plus de chanter «Débarrassons-nous des Libéraux». Le temps de ces enfantillages est passé. Devant les maladresses du gouvernement Marois, la population québécoise a préféré la contami-
nation libérale à la quête d’alternatives nouvelles aux partis périmés ou lunatiques (C.A.Q et Québec Solidaire). En annonçant la victoire d’un gouvernement libéral majoritaire le 4 avril dernier, les téléjournaux annonçaient que la vingt troisième heure venait de sonner pour l’avenir des Québécois. Tous les moyens seront désormais bons pour sauver le patient qui se meurt de la contamination du virus Bolduc

Montréal
22 août 2014

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