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vendredi 10 février 2012

Me Yvan Sabourin, un mauvais souvenir

Le manoir Chirstie que posséda  Me Sabourin vu du Richelieu

Me YVAN SABOURIN, UN MAUVAIS SOUVENIR

Bien des gens d’Iberville ont dû être étonnés, en regardant le reportage de l'émission Enquête du 9 février 2012 à Radio-Canada, sur les malversations entourant la dissimulation des résultats d’autopsies médicales pratiquées sur des travailleurs de l’amiante d'Asbestos et de Thetford Mines dans les années trente-cinquante, d'y découvrir qu’un des édiles de la ville, Me Yvan Sabourin, avait servi de porteur d’organes pour la Johns-Manville. De plus, il aurait contribué à cacher aux membres des familles affectées par la mort d'un proche, les résultats médicaux concernant l'état des poumons infectés de poussière d'amiante. Or, Me Sabourin est une figure de mon enfance. Dès que j'ai vu ce vieux bout de film montrant le manoir Christie d’Iberville, qui domine la rivière Richelieu un peu à l’écart de l’église Saint-Athanase, vue filmée dans les années 50, je me suis rappelé de ce que mon père racontait de ce personnage. Un profiteur, un voleur. Il est vrai qu’il était le chef du Parti Conservateur de la Province de Québec, une façade plus qu’autre chose pour le Parti de l’Union Nationale qui régnait  alors sur la belle province.

Une des anecdotes que l’on racontait à son sujet, et qui est bien loin des horreurs éthiques qu’il a accomplies à sa belle époque, c’était qu’un citoyen d’Iberville s’était assis à côté de lui dans l’anti-chambre d’un bureau de médecin. La conversation avait pris une tournure légale, le brave homme demandant à notre avocat une opinion juridique. Une semaine plus tard, il recevait une facture de consultation de la part de Sabourin! Après cela, bien des gens se sont promis de ne plus jamais lui parler en le croisant sur leur chemin.

Comme le reportage nous le rappelle, Sabourin était avocat de la Johns-Manville, la compagnie américaine qui avait une succursale canadienne et exploitait les mines d’amiante à Asbestos et à Thetford Mines. C’est lui qui représentait la compagnie durant la grève des mineurs de 1949, grève épique de l’histoire du Québec. On sait que la C.T.C.C. l’ancêtre de la C.S.N., menée alors par Jean Marchand, avait tenu tête à la Johns-Manville. Que pendant que les négociations traînaient en longueur, la police provinciale de Duplessis frappa à matraques raccourcies sur le crâne des grévistes. Enfin, que les ouvriers n'y gagnèrent que peu de choses. Ce que nous apprend le reportage, c’est que dès les années 1930, la compagnie savait que son produit occasionnait le cancer du poumon chez ses travailleurs. Craignant la chute du marché d’un produit en plein ascension, elle tint secrète durant toutes les années 30 à 50 des informations confidentielles afin d’échapper aux poursuites.

Cette stratégie bénéficiait aussi à la compagnie d’assurance La Métropolitaine, qui finança la création d’un laboratoire dans l’État de New York, à Saranac Lake, dans les Adirondacks. C’est là qu’en 1876, le Dr Edward Livingston Trudeau s'était rendu soigner sa propre tuberculose et décida d’y ouvrir un sanatorium en 1884, l’Adirondack Cottage Sanitarium, couru par les personnalités atteintes de tuberculose du monde entier (R.-L. Stevenson y fit un séjour). C’est dans ce décor que la Johns-Manville y subventionna des recherches sur les maladies pulmonaires et dont les résultats furent tenus secrets ou substantiellement modifiés. C’est au laboratoire construit par La Métropolitaine à Saranac, que l’avocat Sabourin, qui durant trente ans agit comme défenseur de la Johns-Manville, allait porter les prélèvement de poumons de travailleurs morts dans les mines d’amiante. Ainsi, nous apprend le reportage, de 1942 à 1957, il y aurait transporté dans le coffre arrière de sa voiture, les prélèvements de poumons de 68 travailleurs québécois de Thetford Mines afin que des médecins les y étudient, et cela à l’insu de leurs familles. Quand l’un des médecins rattachés au laboratoire et qui voyait en Sabourin un bienfaiteur, apprit la vérité sur le trafic et les manipulations de Sabourin, il le traita d’escroc. Sabourin, en fieffé lèche-bottes, se défendit en disant que c’était «dans l’intérêt économique du Canada et peut-être des États-Unis». Puis, fripouille honnête, avoua : «Je suis un escroc et je gagne ma vie». Le Manoir Christie d’Iberville était son Sagard.

Pour les éthiciens, qu’ils soient des militants des causes sociales ou environnementales, l’action de la Johns-Manville et de Sabourin sont, sinon dans la formulation juridique, du moins dans le langage courant, des criminels; ils ont vécu d’une «entreprise d’un crime lié à la toxicité». Contrairement aux sorciers de jadis, ils n’empoisonnaient pas les puits, mais plongeaient leurs victimes dans des mines empoisonnées. Ils le firent en connaissance de cause; en pleine conscience des conséquences et par volonté d’en acquérir des biens matériels. En plus de meurtres, ils ajoutèrent le mensonge, déclarant non-concluants les résultats d'autopsies, attribuant à une maladie mythique, la tuberculose, les décès dus à l’amiantose, la tuberculose n’étant pas une maladie industrielle la compagnie se voyait dispensée d’indemniser les victimes. C’est là où la Johns-Manville et la compagnie d’assurance La Métropolitaine se serraient les coudes. Sabourin masqua de sa main nombre de rapports d’autopsie:  «…J’ai aussi supprimé de votre commentaire, des extraits que j’ai formulés dans l’intérêt de mes clients», i.e. la Johns-Manville, se faisant non seulement le complice tacite des crimes, mais y ajoutant de lui-même sa propre main. Me Sabourin, selon la définition du péché, du crime, est bien un criminel, et la corde du sénateur Boisvenu aurait pu lui être laissé sans avoir à éprouver aucun regret.

Cet homme, que la journaliste qualifie d’excentrique parce qu’il aimait tirer le canard le long du Richelieu et donner des soirées mondaines à son manoir, savait manier la plume aussi bien que l’arme à l’épaule. «…j’espère que vous m’excuserez de rédiger ce document moi-même et de ne pas vous laisser seul avec cette tâche même si c’est votre opinion et votre responsabilité», écrivait-il au médecin qui dirigeait Saranac Lake, qui contresignait, sans remords, les abus et mensonges de l’avocat. «J’ai supprimé l’analyse chimique car je préfère attendre le moment opportun pour communiquer ces résultats», ajoutait-il. Bref, il pensait et agissait comme un membre de la haute direction de la Johns-Manville. Il se substituait à ses employeurs jusqu’à revêtir la responsabilité criminelle de leur préméditation.

Car c’est le niveau de préméditation des dirigeants de la Johns-Manville qui est tout simplement écœurant. Ils nous font passer de l’homicide involontaire à l’homicide volontaire. C’est le cas de Van Daver Brown qui, en 1943, en tant que l’un des dirigeants de l'entreprise, s’adresse ainsi à l’ensemble de l’industrie de l’amiante, mentionnant les raisons pour lesquelles sa compagnie a choisi de ne pas informer les employés qui avaient contracté l’amiantose: «…si les travailleurs étaient informés, ils cesseraient de travailler ou demanderaient une indemnisation à la Johns-Mainville, la politique de la compagnie étant de les laisser travailler jusqu’à ce que la maladie les oblige à partir ou qu’ils en meurent». Cette préméditation dans un crime collectif relève du «tueur en séries». Ensemble, les dirigeants de l’industrie partagent le même crime accompli sur un nombre élevé d’individus, sur des générations, et dont les effets délétères se poursuivent encore aujourd’hui. La faillite de la Johns-Manville, en 1982, semble dispenser ses dirigeants de tout recours criminels. Pourtant, ce n’est pas la «corporation» qui a commis les crimes, mais les individus en pleine connaissance et en pleine conscience des causes et des effets au nom de l'entreprise minière. Des criminels inouïs se promènent encore dans leurs fauteuils roulants dans des résidences luxueuses aux États-Unis et au Canada.

Moulins d'amiante en 1945
Pour renforcer sa position, la compagnie se dota d’un médecin patenté, issu lui aussi de l'Université McGill, où Sabourin avait fait ses études de droit, le Dr Kenneth Smith, directeur médical de la Johns-Mainville qui, à l’exemple de Sabourin, conseilla à la compagnie de tenir les travailleurs dans l’ignorance : «…si on informait cet homme [le mineur d’amiante] de son état, aujourd’hui, il est fort possible qu’il tombe malade, mentalement ou physiquement, juste à savoir qu’il est atteint d’amiantose». C’était postuler l’hypocondrie chez les travailleurs malades, solution véreuse utilisée alors dans l’armée canadienne comme dans de nombreuses entreprises du secteur privé pour se délester de ses responsabilités et des indemnisations.

La corruption du temps amène même Sabourin à assister à un symposium scientifique à Montréal à titre de délégué du président de la commission des accidents du travail de Québec. Sabourin y était à la fois juge et parti, modifiant des rapports d’autopsies tout en représentant la commission qui rendait les décisions qui affectaient des familles entières. Au cours de ces mêmes années 40-50, il donnait des réceptions à son manoir d’Iberville, recevant des gens importants, mais surtout des dirigeants de la Johns-Manville; le lèche-bottes se sentait membre de la famille. Il est vrai qu’il partageait la responsabilité de leurs crimes.

Mais Sabourin ne fut pas le seul à goûter à la soupane. Un médecin américain rattaché à l’hôpital Mont-Sinaï de New York, ayant publié son rapport sur les causes de cancers liées à l’amiantose ou à ses sous-produits, menaçait la rentabilité de l’entreprise. On dénicha à l’Université McGill, si collet-monté, le Dr John Corbett Macdonald, tenu directement sur le payroll de la Johns-Manville. Celui-ci concéda certains risques au produit, mais limités par des mesures de protection. Pendant ce temps, Sabourin et le Dr Smith, deux condisciples de McGill, continuaient à défendre une entreprise dont la multiplication des rapports incriminants ne cessait d’alarmer, et les travailleurs miniers et l’ensemble du marché international …y compris aux États-Unis même. Et voilà, aujourd'hui, le gouvernement du Québec, suivant en cela l’exemple de son prédécesseur Duplessis, s’apprête à ouvrir à nouveaux ces puits de la mort.

Les dissimulations de médecins et de chercheurs, de Macdonald et de ses élèves qui pratiquent encore aujourd'hui et enseignent à l’Université McGill, s’attribuant le titre d’authentiques chercheurs et d’honnêtes scientifiques en butte contre des «propagandistes sociaux» est pitoyable et déqualifie l'honnêteté de l’Université qui se vante d’être plus que la terrasse de la rue Sherbrooke. Plus que jamais, nous les voyons, ces universitaires qu'on aurait tort de prendre pour des intellectuels, toujours identiques à eux-mêmes, trahissant leur vocation de clerc aux intérêts économiques, financiers et gouvernementaux. À cela, les autres universités québécoises ne font que preuves de jalousie et non de critique tant ils voudraient, eux aussi, avoir du bon financement quitte à le mériter accompagné d'une bourse du crime. Comme si les expériences sur les malades mentaux menées par le docteur Cameron, au cours des mêmes années où le Dr Macdonald protégeait les intérêts de la Johns-Manville, n'avait pas été suffisant pour couvrir d'opprobre le blason de l'Université «prestigieuse».

Sabourin s’est retiré à la fin des années 70 dans son manoir qui reçut jadis, au moment de l’occupation du Canada par les troupes américaines, la délégation du Congrès continental composée de Benjamin Franklin, Samuel Chase et les catholiques Charles Carroll of Carrolltown et son frère l’abbé John en 1775-1776. Il y meurt en 1978 (peut-être du cœur? Ce serait étonnant.) à l’âge de 79 ans. Sa mort coïncide avec la pointe de la crise atteinte par l'opposition mondiale aux produits de l’amiante. En 1982, c’est la Johns-Manville qui déclare faillite. Ce qui augmente, toutefois, ce sont les cas de cancers dus à la chrysolite et au mésothélium qui affectent plusieurs membres souvent d’une même famille. Avec une fureur comparable à la lutte livrée contre les produits du tabac, la lutte menée contre les produits de l’amiante et les coûts dus à l’éventrement de maisons, d’écoles, d’hôpitaux isolés par des sous-produits de l’amiante sont à mettre sur le compte du fardeau collectif de cette industrie polluante et toxique.

Le jugement du cas Sabourin, même s’il blesse ses descendants qui partagent ou non sa façon de faire, est sans appel. De la hauteur de sa prétention, il affirmait gagner sa vie, en avouant implicitement qu’il le faisait au détriment de d’autres vies qui devaient lui sembler médiocre et inutile. Comme son ami, le Dr Smith, ils agissaient en héritiers de l’Université McGill.

Le droit social pas plus que la médecine sociale ne dépassaient pour eux les niveaux les plus infimes de la bienséance et de l'unité sanitaire. Ils accréditaient les capitalistes, les actionnaires d’entreprises, les dirigeants et les cadres au «droit économique du crime de masse» pratiqué au détriment des ouvriers. Au-delà des disputes anthropologiques ou philosophiques qui considèrent l’inégalité impossible dans la nature comme dans la société, il s’agit ici de questions morales et éthiques. Le capitalisme (comme la plupart des modes de production, y compris le socialisme et le communisme) admet la réduction de la masse des travailleurs à l’exploitation socio-économique, prétextant que tirer des miettes du travail vaudra toujours mieux que de rien tirer du tout, alors que les employeurs se réservent la meilleure part de la richesse non comme un droit mais comme un privilège. Dans notre goût québécois de mener la «vie de château», ce privilège est réservé à quelques membres de la société qui, du fruit de l’exploitation de la vie des autres, se tissent une dolce vita qui ne souffre aucune remise en question.

Le manoir Christie est un bien petit Silling comparé au château baroque que Paul Desmarais s’est fait construire à La Malbaie (la baie du Mal?). Nos actuels Me Sabourin s’appellent Lucien Bouchard ou André Boisclair, et rien ne dit qu’ils ne maquillent pas, tripatouillent pas les rapports d’autopsie ou d'environnement comme le faisait Me Sabourin. Qu’ils mentent, la chose est certaine. Mais, pendant que Harper passe d’alléchants contrats de vente de pétrole bitumineux et de gaz albertains  aux Chinois - et dont les puits ressemblent assez étrangement aux puits de mine d'amiante du Québec -, tout cela en détournant les yeux sur l’épineuse question des droits de l’homme, nous ne pouvons que constater que l’éthique, la morale, et la complicité dans le crime que nous avons enregistrées dans le cas de Me Sabourin s’adressent déjà à eux. Et nous laissons faire, distraits par les niaiseries du sénateur Boisvenu sur la corde du condamné; le lamento sur les fœtus avortés de ceux qui s'indignent toujours contre la pratique de l’avortement alors qu’au nom de la libre-entreprise ils finiront par accorder, «au nom de la recherche scientifique des maladies génétiques», la légitime location du ventre des femmes selon le principe du droit de propriété du corps des individus; l’assaut annoncé sur les pensions de vieillesses afin de satisfaire l'appétit des bandits qui contrôlent les agences financières canadiennes; la validation des témoignages obtenus sous la torture alors que l’on sait qu’un aveu d’une personne torturée ne peut être tenu pour libre et consentant; la déclaration de guerre ouverte aux environnementalistes considérés comme des saboteurs d'emplois richement rémunérés; jusqu’à S.N.C. Lavallin, l’un des «fleurons québécois» prêt à «faire passer» de sales dictateurs aux poches maculées du sang tiré de l’exploitation de leurs peuples, tout ça en suçant les orteils de Sa Majesté la Reine. That’s my Canada.

Tout cela est terriblement odieux, blasphématoire et meurtrier. L’hypocrisie est revenue comme comportement moral accepté par la collectivité. Nous l’acceptons, oui, nous nous en félicitons même, nous offrons notre pays comme modèle au monde entier, alors que nous devrions en avoir une honte à faire baisser les yeux. Certes, nous mettons toujours la barre assez haute : le génocide juif dans les chambres à gaz, le génocide cambodgien, les enfants-soldats en Afrique, le trafic de la drogue par les cartels sud-américains. Que vaut notre petit Sabourin à côté de ces grandes crapules? Une insignifiance? Mais tous les crimes pèsent du même poids dans la balance lorsqu’elle met notre conscience morale dans l’autre plateau. Comme un damné de l’Enfer de Dante, Sabourin acceptait sa pourriture. Il l’a transformait en odeur de bons billets de banque du Canada. Jusqu’à la fin, il aura mené une vie de médiocre, de parasites rongeant la moindre cent de ses semblables. Du haut de son manoir, il aura fantasmé sur la domination qu’il exerçait sur ses semblables, sans penser un instant à la grossièreté des bêtises politiques qu'il aboyait dans le micro de Radio-Canada, dénonçant «le socialisme de M. King, notre pire ennemi»! Nous ne pouvons pas lancer la pierre sur un Me Sabourin aujourd’hui mort et rongé par les vers, alors que des Harper, des Bouchard, des Charest, des Marois seraient prêts, au nom de la pitoyable «raison d’État» et de la «prospérité économique», à sacrifier du même sang pour les intérêts industriels et financiers privés. N’attendons pas cinquante ans pour qu’une reporter de Radio-Can. nous dise : «on vous a menti», «on a trafiqué les dossiers médicaux», «on a caviardé des paragraphes complets de rapports environnementaux ou truqué par photoshop des images de sols dévastés et contaminés», «que vous et vos enfants avez été empoisonnés sous couvert de la légèreté d’esprit, sinon la complicité avouée des avocats et des médecins bardés de diplômes qui rêvent de se payer un manoir en province.

Yvonne Labelle, dans sa Monographie d’Iberville, ne mentionne pas Me Sabourin, qui était pourtant une personnalité importante de la ville. Peut-être parce que libérale - elle avait commencé à travailler au Canada-Français, le journal de Félix-Gabriel Marchand de Saint-Jean -, ou peut-être que l’odeur que dégageait cette mouffette du ruisseau Hazen la rebutait trop pour y faire même une part marquante de son essai. Quoi qu’il en soit, nous pouvons maintenant vivre avec ce traumatisme collectif de voir un édile d’Iberville agir comme un criminel, mercenaire des capitalistes américains. Qu’importe les œuvres de charité auxquelles il a pu contribuer, de son vivant ou après sa mort, rien ne peut excuser ce qu’il a fait. Même pas les emplois des travailleurs. Tout cela ne fait que donner une raison impérative de plus de modifier, à la fois, nos structures sociales et, préalablement, nos mentalités . Il faut retrouver cette pudeur et cette honnêteté qui nous feront considérer l’Autre comme un être aussi important que nous-mêmes⌛

Montréal
10 février 2012

6 commentaires:

  1. Je n'avais pas vu ce reportage de l'émission Enquête. Je l'ai visionné après avoir lu votre article. Quand j'étais plus jeune, j'entendais parler de ce Sabourin comme d'un odieux personnage, mais je ne savais pas ce qu'il avait fait. Je l'ai appris en vous lisant. Merci pour l'excellence de vos articles.

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    1. En fait, j'ai repris l'essentiel de l'information diffusée dans l'émission Enquête, comme vous avez pu le constater. Une autre personne, qui a été sa secrétaire durant quelques années et dont j'ai préféré conserver personnel, à sa demande, le contenu de son courriel, confirme que ce que nous savons de M. Sabourin n'est que la pointe de l'iceberg. Odieux personnage, oui. Très odieux, même. Je vous remercie de votre appréciation.

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  2. Un jour alors que j'étais étudiant, son neveu m'avait invité au Manoir pour me présenter son oncle Yvan. Avant son arrivée, sa conjointe et sa fille discutaient normalement mais dès son entrée, il est apparu évident qu'elles en avaient peur puisqu'en sa présence ils cessèrent de participer à la conversation.

    Leurs yeux reflétaient la crainte que leur inspirait ce personnage. On raconte qu'un jour par distraction à la suite de funérailles, il avait oublié sa conjointe au cimetière.

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    1. Merci pour l'anecdote savoureuse. Son épouse devait être assurée par La Métropoliltaine, quelle belle façon de faire passer un message!

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  3. Je tiens à félicité le reportage de Radio-Canada. Je l'ai écouté avec un dégoût total de ce que l'humain est capable de faire au nom de l'argent. Mon père est décédé le 31 juillet 2012 à l'âge de 59 ans et 2 mois d'un mésothéliome (cancer de l'enveloppe du poumon) causé par l'amiante. Ce cancer est comme une tornade qui a emporter mon père en à peine 7 mois, mais qui s'est développé sournoisement en lui pendant tant d'années. J'ai des souvenirs de moi enfants jouant avec des fibres d'amiante. Je suis déçue que nous les citoyens ont dort sur ce que font nos dirigeant de notre planète et de notre santé.

    Marie-Claude Huot fille de Claude Huot.

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    1. Chère madame Huot.

      Je vous suis reconnaissant de votre témoignage et sachez que j'ai été aussi écœuré que vous de visionner ce troublant reportage. Voilà pourquoi j'en ai fait un blogue, afin qu'on ne l'oublie pas. Étant d'Iberville/Saint-Jean-sur-Richelieu, ce Sabourin est une honte locale. Nous le savions bien avant le reportage d'Enquête, et nous nous en sommes accommodés, comme nous nous accommodons aujourd'hui d'autres individus de son espèce. Ce ne sera jamais à l'honneur de la dignité humaine.

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