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dimanche 18 septembre 2011

Stephen Harper, roi des animaux malades de la peste

STEPHEN HARPER, ROI DES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom),
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie;
Nul mets n'excitait leur envie ;
Ni loups ni renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie.
Les tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le lion tint conseil, et dit : "Mes chers amis,
Je crois que le ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger le berger.
Je me devouerai donc, s'il le faut; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon roi,
Vos scrupules font voir trop de délicatesse.
Eh bien ! manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce péché ? Non, non : vous leur fîtes, Seigneur,
En les croquants beaucoup d' honneur .
Et quant au berger, l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Étant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire."
Ainsi dit le renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du tigre, ni de l'ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'âne vint à son tour et dit : "J'ai souvenance
Qu'en un près de moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et, je pense,
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avait nul droit, puisqu'il faut parler net."
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le fit bien voir.
Selon que vous serez puissants ou misérables,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
 










  Jean de La Fontaine
Livre 7, Fable 2

La journaliste qui couvre les sports annonce un affrontement, lors de la tenue de la coupe Davis à Tel-Aviv, entre un tennisman canadien et un adversaire israélien. Sans doute aura-t-il reçu préalablement un message du gouvernement canadien lui conseillant de baisser un peu trop sa raquette devant l’adversaire s’il veut recevoir sa prochaine subvention pour le sport de compétition. Je ne le sais pas, je me l’imagine, mais comme la réalité dépasse la fiction, alors je n’en serais pas étonné. Ce que sait positivement bien Stephen Harper et sa troupe de charognards, c’est que tout homme a son prix et que la corruption est clé universelle du succès politique.

Peut-on imaginer un gouvernement d’un pays souverain aussi bas, aussi indigne, aussi ignoble que le gouvernement conservateur canadien. Il est à peine un cran en dessous des Mussolini et des Hitler, que le gros Mackenzie King, à l’époque, avait trouvé tout à fait sympathique. Sa veulerie, son aplaventrisme devant les lobbies israéliens, sa trahison des intérêts des  Canadiens - et le mot est bien pesé - au service des corporations multinationales, des banques, des industries du pétrole et du gaz (où même des Lucien Bouchard et des André Boisclair, «patriotes» québécois, servent de lèches bottes ou de lèches culs selon le cas), dépassent le niveau des corruptions salopes des gouvernements libéraux précédents. Jamais un peuple, si le Canada possède bien un peuple, ne s’est permis, sauf en temps de guerre (et je pense ici à Vichy et consorts), un comportement aussi passif, aussi servile, aussi masochiste que le peuple canadien depuis qu’il a donné la majorité à celui qui avait su démontrer, tout au long de ses mandats minoritaires antérieurs, jusqu’à quel point il était malsain et dangereux pour la souveraineté du pays.
Il est vrai que j'ai déjà écrit qu'il ne fallait pas diaboliser ou démoniser Stephen Harper. Le problème, c'est moins l'homme que du bouillon de culture d'où il émerge, bouillon qui équivaut au fantasme du miasme qui hantait les hygiénistes du XIXe siècle. Le gouvernement Harper, paix aux cendres de Mme. Sontag, c’est la métaphore vive de la peste, car c’est un gouvernement de pestiférés qui fait du Canada un immense lazaret où galeux et buboniques s’entassent autour de M. Flaherty, ministre des Finances, qui leur promet de maintenir la santé financière du pays, comme si cela équivalait à la santé économique de la population. Entre pestiférés, on ne peut que se dire que tout va très bien dans la léproserie quand il n’y a pas trop de morts qui traînent dans les rues.

C’est un gouvernement qui vend les richesses naturelles les plus rentables aux risques d’endommager la biosphère d’une façon irréparable. Ses assurances mensongères sur les précautions que prennent les entreprises pétrochimiques pour diminuer les risques de pollution sont de la poudre aux yeux à des lépreux déjà aveuglés par la gale encroutant leurs paupières. L’Alberta ponctionne ses sables bitumineux, empoisonne ses rivières, et sa voisine, la Saskatchewan, se charge d’acheminer la divine mélasse jusqu’à nos voisins du Sud, aussi loin qu’au Texas, où les habitants croient toujours que leur pétrole vient d’Arabie. C’est la contamination de la planète entière qui commence avec la diffusion de ce poison à forte dose et dont les victimes sont les habitants de la planète entière. Cet appât du gain repose entièrement sur des moyens qui sont tout simplement criminels, faisant monter d’un cran le génocide au biocide.
À côté du pétrochimique, il y a les gaz. Les pets de pestiférés ne sont pas particulièrement tenus en odeur de sainteté. Les voici conduits par des intestins qui parcourent le continent en tous sens, émergeant dans des champs de cultures ou sous des villages bucoliques. Le gaz de schiste, qui en monsieur Boisclair a trouvé un porte-parole digne de son fond de culotte, onctueux et fort odorant, nous émeut en mentionnant les efforts louangeables de l’industrie, alors que des puits laissent émaner, ici et là, des gaz délétères proches des champs cultivés. Si une compagnie ne sait pas fermer son robinet comme il faut, que penser alors de ses efforts en vue de diminuer les risques d’explosions ou d’asphyxies? En tout ce qui contribue au biocide planétaire, le premier ministre Harper pourra se vanter et se féliciter en Chambre d’y avoir pleinement et fièrement contribué.

Le pétrole comme le gaz, et à cela on devrait ajouter le caoutchouc, sont les industries que les guerres ont su mettre en évidence en 1914-1918 et 1939-1945. Du gaz moutarde de 1917 au Zyklon B des douches des camps d’extermination nazis, de ce pétrole auquel on ajoutait du plomb et des BPC (biphényles polychlorés) des tanks aux jeeps des années 50, la haine est liée à ces produits issus de la décomposition des corps morts accumulés depuis des millions d’années dans les strates sédimentaires de la terre. Nos industries, nos moyens de transports, notre productivité capitaliste vivent de la décomposition des déchets organiques. Les pets des morts suffoquent les poumons des vivants. Pourquoi s’en prendre alors aux pets de vaches qui, elles, peuvent encore nourrir la vie.
Mais tout cela a été dit et redit. Ce sur quoi j’insiste, c’est à quel point cette attitude n’est qu’une stratégie parmi d’autres de la régression conservatrice qui ramène le Canada à ce qu’il était du temps de l’Empire britannique, c’est-à-dire une simple colonie  où il est permis de pratiquer un pillage à rabais et où l’industrie est limitée aux services et aux divertissements. On entend le feluet maire Tremblay de Montréal pavoiser pour les trois-cent quelques travailleurs de Rio-Tinto Alcan mobilisés pour la fabrication et l’exportation des bi-xi. (Il est vrai qu’au lieu de compter les moutons lorsque je souffre d’insomnie je compte les bi-xi (sans cycliste) fonçant sur un mur de brique!) Quelle percée dans la croûte épaisse du chômage! C’est le genre de «victoires morales» avec lesquelles nous nous satisfaisons rapidement au Québec comme au Canada. Comme le Canada du XIXe siècle, ce sont les mines, les cours d’eau, le sous-sol, le littoral océanique, le bois, les richesses vivrières (pour ce qui en reste) qui sont offerts au reste du monde comme une boîte à cadeaux où ils pourront venir puiser à rabais. Aucun autre pays digne de ce nom, sauf dans les malheureux pays d’Afrique et d’Amérique du Sud, et encore parmi les plus pauvres et ceux qui sont placés dans la mire des exploiteurs affamés, ont un comportement comparable.

On ne parlera pas du manque de transparence du gouvernement Harper tant le lazaret canadien est muré et ses fenêtres grillagées. Harper, entouré d’un conseil des ministres qui ressemble à un dîner de fête d’enfants chez McDo, règne sur ses sujets avec sa vision passéiste de la monarchie anglaise du temps des Tudors et des Stuarts. À la place, un conseil d’intermédiaires, non élus, lui sert de liens avec la population. On a parlé de ce Dimitri Soudas, dont un ancêtre avait été tué par les nazis pour fait de résistance en Grèce et devant la tombe duquel le premier ministre Harper a été se recueillir; ce type d’individu est de la bonne cuvée des prétoriens qui entourent généralement les gouvernants qui ont piètre confiance dans les députés que leur envoie la démocratie. Le Parlement est un mal nécessaire pour les Harper et compagnie, et ils font tout simplement comme s’il n’existait pas. Ah! s’il pouvait, d’un coup de force, faire comme Mussolini et Hitler et l’abolir d’un seul décret! En tant que Britannique, il hausse la monarchie au-dessus des pouvoirs du Parlement comme symbole national. Mais c’est un mauvais Britannique, car il brûlerait la Magna Charta et déchirerait le Bill of Rights seulement pour que la vengeance l’emporte sur la justice en matière criminelle. Il instituerait, comme aux États-Unis, des prisons régies par des entreprises privées dont les bénéfices n’augmenteraient qu’en fonction des «locataires» occupant les cellules. Et s’il ne restaure pas la peine de mort, c’est qu’il sent que les pestiférés ne sont pas encore prêts pour franchir le pas que certains de ses plus féroces supporteurs ont déjà franchi.
La pulsion de mort et de régression qui anime ce parti malsain de la population canadienne ne vise pas seulement à assouvir ses instincts les plus bas par les lois, mais elle vise également à l’assassinat de la partie la plus saine du pays. Sa guerre à la culture, à l’éducation; l’usage de la propagande comme dans un vulgaire pays totalitaire, la censure de la presse par refus de correspondre avec elle; son encouragement à l’action policière (entendre la «provocation» policière) lors des manifestations de citoyens dégoûtés de sa politique putride, sont toujours les mêmes vieux moyens employés par les États nécrosés. Car la faiblesse d’un État ne se mesure pas par la faillite économique de ses élites ou l’accroissement des menaces de guerre civile, mais par son succès même, par son incompétence à animer le souffle vital (autrement qu’en rhétorique), en répartissant les richesses acquises de manière à faire en sorte que la liberté puisse enfin s’exprimer à travers la multitude des possibilités qui engendreront des projets et les mèneront à bien. Les conséquences d’une telle faiblesse sont que la société à peu de choses à offrir à ses enfants; elle les enligne sur des emplois limités à l’enrichissement de la minorité dominante par de bonnes retombées salariales. Le Canada capitaliste devient, avec les conservateurs, une société en parthénogénèse, qui se reproduit sur elle-même sans penser à apporter rien de nouveau à ce qu’elle est. Stephen Harper n’aura jamais la sagesse d’un Solon qui abolit unilatéralement les dettes en refusant de laisser les Athéniens s’étrangler avec des «chaînes de papiers». Jean Charest non plus n’aura pas cette sagesse, lui, qui a trouvé la farce du fonds des générations pour étrangler les familles au plaisir des financiers qui tiennent tant au remboursement de la dette, avant que les enfants n’en sortent de leur giron puisqu’ils auront toujours ce fardeau à supporter - le plan Nord ne se paiera pas avec des pinottes! Un système capitaliste ne pense jamais à l’avenir, autrement que par les torts qu’il cause aujourd’hui et qui lui rapporteront encore de juteux profits en engendrant des solutions de rechange dans l’avenir! Ces profiteurs du régime Harper disent, comme Talleyrand à Benjamin Constant: Nous allons faire une fortune énorme, une énorme fortune. Et, Flaubert renchérissant …une hénaurme fortune!

Si Stephen Harper ne lit pas les livres que lui envoyait Yann Martel, il ne va sûrement pas au théâtre, ni au concert symphonique, encore moins au ballet, et surtout pas au cinéma. Le plus pestiféré des pestiférés ne voudrait pas se frôler aux vêtements nauséeux de ses administrés. Tout cela, c’est pour l’entreprise privée. Stephen sait de quoi il en retourne de la société du spectacle. Il ira au stanpeed de Calgary ou à un autre spectacle aliénant, creusant l’inconscience des individus, les rendant anémiques, enthousiastes à des courses de stock-cars où se rassemblent tous les Homer Simpson de l’Amérique du Nord. Là réside, aux yeux des conservateurs, la vraie culture. Si la boxe et le football sont aux États-Unis les épreuves mythiques d’initiation à la virilité et à l’esprit de compétition, au Canada, c’est la passivité devant des effets de destruction massive. L’art qui donne du goût, du raffinement et de la conscience est déconseillé, donc sous-financé, voire même saboté.
Mais c’est sur la scène internationale que le gouvernement Harper donne la juste mesure de sa nécrose. Tous les gouvernements canadiens ont subi les pressions de leur puissant voisin américain. Certains ont tenté d’y résister dans la mesure du possible: Leaster Pearson, Pierre Elliot Trudeau, Jean Chrétien, nous leur devons cette réputation qu’avait le Canada d’être un pays posé en matière internationale, une référence en magnanimité (même si c’était une vision sans doute-là exagérée), capable d’un juste équilibre du temps où l’équilibre s’appelait encore l’Équilibre de la Terreur. Avec les conservateurs de Harper, c’est en tant que valet d’Israël et des États-Unis que le Canada s’est fait une haïssable réputation.

Harper, c’est Hitler s’associant avec un lobby israélien; c’est l’extermination des Canadiens par une guerre livrée à un adversaire fantasmatique, le terroriste palestinien. Le mécanisme final de haine qui motivait le Troisième Reich était l’anéantissement des Allemands mêmes - Hitler le reconnut ouvertement, lorsque dans son bunker, il considérait que le peuple allemand n’était pas digne de vivre s’il se laissait écraser par les Alliés et les bolcheviques -; c’est ce même mécanisme qui anime le gouvernement conservateur de Stephen Harper. Sa haine, sans doute inconsciente, des Canadiens vient du fait qu’élever en Américain, il ne supporte pas l’humiliation d’être parmi les plus faibles plutôt que coopérant à l’édification de l’immense puissance américaine. Ce «complexe de castration», qui se traduit par un sentiment d’échec qu’éprouvent nombre de Canadiens anglais devant la réussite universelle des Américains, conduit à chercher des boucs émissaires là où ils peuvent en trouver. Les Canadiens français ont été, avec les Autochtones, les premiers boucs émissaires justifiant la faiblesse canadienne devant le voisin super-puissant. Pour calmer cette hargne, Wilfrid Laurier leur avait promis que le XXe siècle serait celui du Canada comme le XIXe l’avait été pour les États-Unis. Comme la prophétie ne s’est pas réalisée, le Canada anglais reprend sur lui sa haine orangiste du XIXe siècle. C’est la défaite allemande de 1918 qui a semé la haine de soi allemande sur laquelle Hitler capitalisa en trouvant des boucs émissaires parmi les Juifs, les Francs-Maçons, les Slaves, les Communistes et tutti quanti. Mussolini avait réagi de même auparavant. Caporetto, la désastreuse défaite italienne devant les troupes autrichiennes résonnait comme une honte nationale dans une guerre où les Italiens se virent frustrés, par les alliés, des réclamations irrédentistes. Mussolini capta ce sentiment de haine de soi et tenta de le guérir d’abord avec de l’huile de ricin ingurgitée de manière forcée par les syndicalistes et les communistes, puis par la guerre au Négus d’Éthiopie, enfin en s’engageant dans le Pacte d’Acier avec Hitler. Les Espagnols, dont l’instabilité du régime politique depuis la défaite honteuse de 1898 devant la force d’un pays tenu alors pour insignifiant, les États-Unis, marquait, par cette date, la fin définitive (quoique symbolique) de ce qu’avait été l’immense empire espagnol de Charles Quint sur lequel le soleil ne se couchait jamais. Cette blessure ultime fit passer la monarchie à la Première République, à la Restauration, puis à une seconde république menée par un front populaire républicain et radical. La rébellion nationaliste de Franco, au cri de Viva la Muerte, dit assez bien le potentiel de haine de soi contenu dans la révolution de 1936-1939. Tant qu’au Maréchal Pétain, sa haine des Français était assez connue des milieux politiques. Ce mécanisme d’auto-destruction du Canada par le gouvernement Harper procède d’un même scénario. Deux référendums québécois ont prouvé l’impossible consolidation nationale du Canada, Harper concède, même à titre purement symbolique, l’épithète de «nation» aux Canadiens Français. La perte du sens de l’unité par l’ingouvernabilité du Canada, où chaque région vit isolément les unes des autres, équivaut aux morcellements qui grouillaient encore sous l’Allemagne de Weimar, sous l’Italie du Risorgimento, sous l’Espagne du Frente Popular. Les Libéraux palliaient à la menace par des manœuvres dilatoires ou de pures escroqueries qu’a révélé l’enquête sur les commandites au début du XXIe siècle. Le résultat en fut l’auto-flagellation avec l’élection du gouvernement minoritaire conservateur qui commença aussi vite qu’il put sa sale besogne. D’abord faire peser la force économique de la colonie albertaine sur le reste du pays; ensuite proclamer la nation canadienne-française au sein d’un pays multiethnique; ligaturer les trompes culturelles; entraver la lutte au biocide engendré par les industries extrêmement polluantes; replier le gouvernement sur son quant-à-soi comme gestion du pays; enfin s’aliéner la majorité des pays siégeant à l’O.N.U. en appuyant inconditionnellement le plus sale petit pays baveux que la terre porte en ce moment, l’État d’Israël.
En refusant, comme il s’apprête à le faire, de soutenir la représentation palestinienne à l’O.N.U., Harper agit comme les conservateurs des années 1950 qui refusaient de voir entrer la Chine communiste dans l’organisation internationale. Certes, l’O.N.U. est un canard boiteux des deux pattes, mais son rôle symbolique représente encore quelque chose: l’illusion d’une paix possible entre les membres toujours montés sur leurs ergots. En un temps où les guerres ne sont plus possibles sans causer des quasi-génocides, un tel organisme a encore sa place. En exclure une population par les jeux de coulisses d’un adversaire personnel, qui a toujours craché sur les avertissements et les mises en gardes de l’O.N.U. sans pour autant oser s’en dissocier, à l’exemple de Hitler et Mussolini qui s’étaient retirés de la S.D.N., montre comment Israël a besoin de l’O.N.U. pour se faire protéger par les forces de l’O.T.A..N. en cas d’éventuelles coalitions contre lui de pays arabes ou musulmans. Cet État machiavélique, toujours enclin au fascisme - il aura au moins appris des tortionnaires du peuple juif comment mépriser, haïr et vouer à l’extermination les «Gentils» tout en se faisant entretenir par eux -, avait déjà l’appui inconditionnel des Américains complexés jusqu'au trou par la culpabilité de la Shoah; maintenant, il a l’insignifiant Canada qui rampe, tourne sur lui-même, salive et lubrifie son propre orifice par où le mâle alpha va le posséder devant la cour des nations réunies. Comment pourrait-on confier un poste au secrétariat des Nations-Unies à une telle vadrouille! Voilà la façon dont M. Harper célèbre les alliances canadiennes. Ce qui manque au gouvernement Harper pour devenir un authentique régime fasciste, c’est sa dimension transcendantal que certains de ses supporteurs, en particulier les groupuscules assaisonnés à la Tea Party, avec mission divine de régénération morale, religieuse, évangélique ou autre, voudraient lui voir adopter. Mais Harper est un réaliste qui sait par où coule le Rubicon qu’il ne doit ni ne peut franchir.

La mort de Jack Layton nous rappelle que ce sont toujours les bons qui «partent» les premiers, alors que les vilains, les méchants, les etc. continuent à polluer la vie des autres. Pour profiter des mânes fédérales, d’autres provinces s’apprêtent à voter conservateur, dont la puissante Ontario. Jamais l’histoire du Canada n’a eut visage plus triste depuis un demi-siècle. Même l’ère Mulroney ne résonnait pas d’une telle morgue. Finalement, le visage décharné, jauni, parcheminé de la dernière entrevue de Jack Layton, c’était le visage même du Canada sous la domination de Stephen Harper. Dans ce monde où la politique pue la corruption à plein nez, la décomposition, la fange et l’arrogance des asticots et des vers qui dévorent la chair, le lazaret canadien est à son comble. Si le miasme ne tue pas tous les Canadiens, tous en sont infectés. Car les bonheurs sont d’occasion, les malheurs, eux, relèvent du «développement durable»⌛
Montréal
18 septembre 2011

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