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mercredi 19 juin 2013

Smarthistory ou l'histoire mourante des Montréalais racontée par Denis Coderre

L'historien attitré de l'Équipe Coderre de Montréal
SMARTHISTORY
OU
L’HISTOIRE MOURANTE DES MONTRÉALAIS
RACONTÉE PAR DENIS CODERRE

Le chef de «l’Équipe Denis Coderre» en course pour la mairie de Montréal et qui, par un pur hasard, s’appelle également Denis Coderre, annonce qu’il va faire de la ville aux institutions pourries de Montréal une smartcity, une «ville intelligente». Parmi ses gadgets, un numéro sur iphone ou texto pour que les automobilistes puissent signaler à une brigade de bouchage de trous, un nid de poule sur la rue Swail, par exemple. Autre gadget, car le futur maire tient à l’éducation historique de ses citoyens, des panneaux dans les abrisbus qui raconteraient l’histoire de Montréal. En tant qu’amateur d’histoire, je ne peux que me réjouir de cette préoccupation de l’aspirant maire, mais connaissant la grande modestie de la personnalité de M. Coderre, j’ai des frissons rien qu’à penser de quelles façons cette chronologie pourrait nous être racontée.

Visualisons donc cette chronologie historique virtuelle.

1535 : Jacques Coderre arrive à la bourgade d’Hochelaga, où il rencontre les Sauvages. Après quelques Whoo Whoo Gnien Gnien qui font naître l’impression que les deux groupes se comprennent parfaitement bien, le capitaine Coderre en profite pour leur refiler ses restants de miroirs et de brûleurs à gaz qui font la joie des Sauvages qui vivent tout nu dans les forêts boréales.

1642 : Paul de Chomedy, sieur de Coderre fonde le poste de Coderropolis en l’honneur de sainte Mathilde Coderre, danseuse du ventre au IIIe siècle de notre ère, convertie au christianisme et condamnée par les païens à se frotter nue sur un poteau ardent. Devant un reflux d’égout en janvier 1643, le dit sieur de Coderre se charge d’un poteau sur ses épaules et le monte au sommet du Mont-Royal pour implorer sa sainte patronne de «nettoyer» la basse-ville. La garde-malade, Jeanne Codermance récite quarante pater et soixante ave pour que le miracle se réalise.

1653 : Mère Marguerite Coderre apprend aux petits Sauvages a écrire le mot «diabète» en les bourrant de sucreries.

1657 : Les Frères du Saint-Supplice fondent un séminaire sous la direction de l’abbé Lapine, ancien mercenaire de l’armée du Roi, dit aussi Capitaine Crochet. Il cherchait l’hétérosexuel qui dormait en chaque Sauvage et ne trouva que l’homosexuel en lui. Débuta une bien triste renommée pour les Codervillaids.

1660 : Dollard Coderre et seize de ses clients meurent sous le tomawak des Sauvages à Dollard-des-Ormeaux.

1663 : Tremblement de terre à Coderropolis. Sous le coup de la frayeur, le Sieur de Coderre s’enfuit directement en France où il jure qu’on ne l’y reprendra pas à venir au pays des Sauvages.

1666 : Lambert Closserre est tué en défendant Coderropolis.

1670 : Nicolas Coderre-Perrot, second gouverneur de Coderropolis est pris la main dans l’enveloppe pour trafic de fourrures. C’est à partir de ce moment que la ville de Montréal prend définitivement son nom afin de ne pas salir le nom des membres fondateurs de la cité.

1689 : Massacre en Chine. Beaucoup de membres de la famille Coderre sont déculottés et scalpés. Une dame Coderre, en voulant s’enfuir, brise la théière de la famille d'où s’échappent des dizaines de louis d’or. Les Sauvages mangent tout crû Herménégilde Coderre, dit Gros Suif. Ils en ont eu pour deux mois à s'en faire des sandwiches qui a nourri toute la tribu.

1701 : Grande Paix de Montréal. Le gouverneur, le Sieur Coderre signe avec une bande de Sauvages une paix des braves. À l’occasion, on remet les os rongés de Herménégilde Coderre, dit Gros Suif.

1722 : Chaussegros Coderre construit les fortifications de Montréal. Certains trous dans la maçonnerie sont déguisés en portes en trompe-l'œil afin de confondre d’éventuels ennemis.

1760 : Le chevalier de Coderlévistrauss remet les clefs de la ville aux Anglais.

1775 : Occupation de Montréal par les Américains. Benjamin Franklin discute avec McCoder d’une possibilité d’alliance contre les Britanniques. Échec total.

1817 : Fondation de la Banque de Montréal avec un capital primitif de £87,500, que les fondateurs espéraient amplifier à $1,000,000 en convertissant les monnaies. Son conseil d’administration était composé de John Grey-Coderre, ancien négociant, président; Robert Coderre-Griffin, caissier; l’hon. John Richardcoder, George Coderrauldjo, Samuel Gérard Coderre, Thomas Thaincoderre, Horatio Coderro, John Molson, Thomas A. Turnderre, William Ermatincoderre, Zabdiel Thaycoderre et David David Coderre, directeurs.

1821 : Fondation de l’Université McCoder, sur le flanc de la Montagne.

1832 : Épidémie de Coderra à Montréal. On rapporte que, dans la seule journée du 20 juin, la terrible épidémie atteignit cent-soixante-cinq personnes, dont quatre-vingt-huit succombèrent. Le lendemain sur 137 coderriques, 77 moururent.

1834 : Élections violentes animées par le Parti Québécois à Montréal, le maire Coderre fait tirer sur la foule. Une dizaine de milliers de morts.

1848 : Incendie du Parlement de Montréal causé par une bande d’Anglais en goguette. Le maire Coderre parvient à les faire rentrer chez eux en faisant quelques stepettes de gigue qui ont bien fait rire les émeutiers. Le maire se félicite que l’affrontement ne se soit pas traduit par mort d’hommes.

1853 : L’apostat Gavazzi soulève une émeute d’Irlandais. Le maire Coderre, après lecture du Riot Act, fait ouvrir le feu sur la foule : 11,452 morts.

1856 : La bouilloire d’un traversier entre Montréal et Longueuil explose. Des centaines de petits Coderres sont projetés dans les airs. Grand deuil parmi la population.

1867 : Mgr Ignace Coderre, deuxième évêque de Montréal, se débarrasse des Séparatistes en les envoyant faire les zouaves à Rome pour secourir le très coulant pape-beurre Pie IX pendant qu’on s'enfile la Confédération en douce.

1910 : 13 juin, l’édifice du Journal The Herald s’effondre sous une tonne de menteries. 50 personnes sont tuées ou blessées.

1910 : Congrès eucharistique sous la présidence du Mgr Bruchési-Coderre. Plusieurs prélats meurent d’ennui à défaut de s’être rendus aux bordels de la rue de Bullion. Un défilé de 11 à 1200 enfants de chœur joyeux remplissent de gaietés illicites les vieux prélats fatigués de tant de discours creux sur la Sainte-Vierge.

1921 : Mgr Bruchési-Coderre devient fou, ce qui nuit nullement à son œuvre apostolique.

1927 : Incendie du Laurier Palace, le 7 janvier, au moment de la présentation d’un film de Coderrot. 77 enfants sont piétinés par une foule prise de panique. À partir de ce moment, la province vote qu’il n’y aura plus de représentations cinématographiques les dimanches.




1940 : Le maire Camilien Coderre est arrêté par une intrigue des conservateurs. On lui fait enfiler une jaquette de détenu à Petawawa avec une cible dans le dos au cas où il essaierait de s’enfuir.

1950 : L’avocat Drapeau Coderre agit comme adjoint de Pacifique (Pax) Plante pour mener une enquête sur la corruption et la moralité à Montréal, ce qui lui donne une visibilité publique. En 1953, il est avocat de la commission d'enquête présidée par le juge François Caron-Charbonneau. Le rapport Caron-Charbonneau, qui fut rendu public quelques semaines avant l'élection municipale de 1954 à Montréal, créait un climat favorable à un changement de l'administration municipale. C’est-à-dire l’élection de Drapeau Coderre maire de Montréal sous la bannière de l’Équipe Drapeau Coderre de la Ligue d’action civique, qui faisait campagne sur la base d’une «épuration» de l’administration municipale.

1966 : Le maire Drapeau Coderre inaugure le métro de Montréal en distribuant au vent une volée d’enveloppes brunes.
 

1967 : Le maire Drapeau Coderre inaugure l’Exposition Universelle en présence de Sa Majesté et sème au vent une autre volée d’enveloppes brunes.

1976 : Le maire Drapeau Coderre inaugure les Jeux Olympiques en présence de Sa Majesté et distribue quelques enveloppes brunes à des contracteurs très contents.

1999 : Le maire Drapeau Coderre meurt en léchant une enveloppe brune.

2001 : Le méchant maire Bourque est renversé par l’aussi méchant maire Gérald C. Tremblay. Une ère de corruption infamante s’ouvre à l’hôtel de ville de Montréal.

2013 : Enfin, vint le divin Denis.

Décidément, les abribus vont devenir de véritables manuels d’histoire commandités par la Ville de Montréal en ppp avec, sans doute, une entreprise de produits agréables et de bon goût qui forceront les Montréalais à voir autrement et fièrement leur passé. Vivement l’élection de novembre 2013!⌛



Montréal
19 juin 2013

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