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mercredi 25 avril 2012

Grève étudiante et média


Anne-Marie Dussault et Gabriel-Nadeau Dubois au tj de midi

GRÈVE ÉTUDIANTE ET MÉDIA

Parmi les conflits actuels (et ils sont plus nombreux qu’on ne le pense), la grève étudiante a été propulsée à l’avant-plan par les média. On pense aux média sociaux bien entendu, mais les média publiques y ont joué également un rôle non négligeable. À mes yeux, les grèves d’Avéos et d’Air Canada sont potentiellement porteuses d’effets plus importants que la grève étudiante. Les situations qui en ont découlé indiquent une régression de l’efficacité du mouvement syndical comme mouvement social : d’une part, par le non respect des soi-disant lois que nous sommes sensés respecter, à genoux les bras croisés les yeux fermés, et d’autre part, par le comportement du gouvernement Harper qui est indigne d’un gouvernement démocratique que l’on doit respecter comme tel. Plus dangereux dans son idéologie que Jean Charest, c’est un modèle propre au soft-totalitarism de notre temps qui s’est installé à la place où devrait siéger un vrai gouvernement du peuple, élu démocratiquement, selon la définition de ce républicain américain qui affirmait que la démocratie était «le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple» et qu’avait nom Abraham Lincoln. Cette trahison de l’éthique démocratique, trahison qui s’est effectuée à différentes occasions, dans différents dossiers : de ce crapaud de Bev Oda sur son lit de satin au Savoy à l’assassinat législatif du registre des armes à feu à l’épaule en passant par la législation pénitentiaire qui vise à élargir le nombre des contrevenants en restreignant les capacités, le gouvernement Harper ajoute le refus d’appliquer la loi qui contraint Air Canada à faire ses travaux d’entretiens et de réparations de ses appareils au Canada par des compagnies (syndiquées mais) canadiennes. Outre que l’entretien à rabais par des techniciens étrangers et sous-payés met la vie des passagers en danger, le mépris envers la population se redouble de celui des ingénieurs formés ici, au Canada. Tout cela passe au second rang derrière des manifestations relativement paisibles (en France, en 1968, ça swingnait bien autrement) et des négociations qui s’étirent entre la ministre mal intentionnée et des représentans étudiants qui se voient déjà projetés par l’adulation populaire comme étant les Michel Chartrand du XXIe siècle.

Si on s’en tient à Radio-Canada, car c’est la chaîne payée à même les fonds publiques comme aime tant à le rappeler PKP (à ne pas confondre avec PFK), la couverture de la grève, qui est seulement perturbée depuis quelques temps par les coups d’éclats de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) qui donne à respirer un temps au gouvernement Charest, est la première information qui sert de locomotive au bulletin d'information. Au début, il s’agissait surtout des institutions fermées, puis il y eut des manifestations avec un caractère de violence surtout de la part des policiers plutôt que des étudiants, puis des actes de vandalismes dont les responsables restent non-identifiés. Le ministère et son refus de discuter sa décision jusqu’à ce qu’enfin, pour diviser le mouvement et obtenir une reddition avec avantages partiels (ceux que l’on discute présentement), une ouverture vicieuse ait été pratiquée dans l'obstination ministérielle. Pendant tout ce temps, revenait sans cesse l’éternelle et obsédante question posée par tous les journalistes de Radio-Canada, jusqu’à l’écœurement, condamnez vous les actes de violence et de vandalisme? Question adressée aux représentants étudiants exclusivement, alors que la violence d’État n’a jamais été sérieusement remise en question, ni à son origine par le fait d’imposer un taux d’augmentation des frais de scolarité prohibitif, ni à sa fin par les matraquages sadiques policiers, les injonctions juridiques et le coût des poursuites judiciaires contre les manifestants. Dans ce cas, il est clair que la couverture médiatique de Radio-Canada, qui sert de modèle aux chaînes des réseaux privés, utilise un double standard.

Le mouvement étudiant actuel, je l’ai déjà dit, est mieux structuré et mieux articulé qu’il y a trente ou quarante ans, où se mêlaient aux revendications étudiantes des niaiseries qui avaient traits au Kampuchéa démocratique ou autres sottises communistes du genre. Les étudiants revendiquent pour eux-mêmes et très vite, ils se sont trouvés un discours à l’égal de celui qu’ils entendaient à la télé depuis leur adolescence : politiciens véreux qui ne répondent pas aux questions; déclarations que l’on croirait enregistrées sur cassettes; évitement de la question en répondant à côté, etc. Ces vieilles tactiques, utilisées de façon tacite entre les intervieweurs et les interviewés qui ont déqualifié les média télévisuels depuis des décennies, se heurtent maintenant à une nouvelle génération qui était considérée comme exclue de ce ronronnement. Gabriel Nadeau-Dubois, le dirigeant de la CLASSE, qui est loin d’être inintelligent, a pris le pli dans lequel les relations d’entrevue se passent. Aussi, il a sa cassette de dirigeant syndical pré-enregistrée (on croirait qu’il a suivi une formation intensive auprès de la C.S.N. ou de la F.T.Q.); il se dédouane moralement de sa direction en faisant reposer la responsabilité sur les «votes démocratiques pris en assemblée»; il est devenu copain-copain avec Infoman; son narcissisme n’échappe à personne malgré le fait que, coincé entre des contradictions inhérentes à sa situation, sa langue de bois soit encore trop flexible et montre qu’il a encore des croûtes à manger pour remplacer Mario Dumont à V; enfin, la CLASSE, pour la population québécoise, c’est lui. C’est le chauffeur d’autobus qui décide si on tourne à gauche ou si on tourne à droite. Bref, il est meilleur chef syndical qu’étudiant.

Mais bien sûr, il n’est que le porte-parole de la faction étudiante la plus mobilisée. La représentante de la FÉUQ, Martine Desjardins, semble la plus effacée des trois dirigeants, servant presque de trait d’union entre les deux noms à pentures, Gabriel Nadeau-Dubois et Léo Bureau-Blouin de la FÉCQ, dont le nom fait chuter la plupart des présentateurs qui s’enfargent dans la penture à chaque fois qu’ils le présentent. Sans avoir le charisme de son vis-à-vis de la CLASSE, Bureau-Blouin est à la tête des étudiants qui appartiennent à un réseau plus vaste d’institutions - les CEGEPs - alors que Nadeau-Dubois ne représente qu’une faction à l’intérieur de la FÉUQ et dont le syndicat des étudiants de l’UQAM forme essentiellement le cœur. Voilà pourquoi Bureau-Blouin a été le premier à devoir s’engouffrer la tête dans l’embrasure de la porte entr’ouverte par Line la Pas Fine. C’est l’effort magistral de la ministre Beauchamp de lutter contre la couverture médiatique qui privilégie Nadeau-Dubois, dont le pourcentage de représentativité est par le fait même surévalué par rapport à l’ensemble des étudiants du Québec engagés activement dans le mouvement. Outre la vengeance personnelle qui motive la ministre Beauchamp, c’est ce rapport proportionnel qui la pousse à déconsidérer la CLASSE, et Nadeau-Dubois ment sciemment quand il étend le rayonnement de la CLASSE à toutes les manifestations. Les capacités tactiques de la CLASSE a mettre en scène les différentes manifestations étudiantes sont certes éclatantes, mais les étudiants qui les meublent ne sont pas tous de son regroupement. Mais il est vrai que depuis les scandales (car il y en a plusieurs) qui entourent l’îlot Voyageur à Montréal, c’est l’UQAM qui a fait preuve de la pire administration universitaire, même si la ministre, pour donner le change, s’est servi d’un prétexte légitime pour taper sur les doigts de l’administration de l’Université Concordia. En sommes, les étudiants de l’UQAM sont pleinement justifiés d’être les plus mobilisés contre la hausse frauduleuse des frais (et ne parlons pas des droits, on ne hausse ni ne baisse des droits (que l’on peut élargir [le scrutin féminin] ou restreindre [la censure], qui sont des impératifs catégoriques et non de l’argent sonnant et trébuchant). Quoi qu’il en soit, ce constat que la nouvelle génération montante de leaders étudiants savait déjà user des moyens de la désinformation utilisés par leurs aînés, c’était comme si le pacte avait été rompu entre intervieweurs et interviewés. Comme dans toutes morales bourgeoises, le paternel interdisait au juvénile de faire ce qu’il fait avec ses alter-ego. Or le style Nadeau-Dubois leur renvoyait en pleine figure le caractère insolent et grossier de la façon dont était mené le rapport entre politiciens et journalistes. Un père peut mentir, mais il ne peut supporter que son fils lui mente. Le contre-coup de cet affront, fut lorsque le premier ministre Charest, au Salon du Plan Nord, s’est permis une farce sarkozienne peu appréciée du public. Là non plus, les journalistes n’ont pas aimé voir que les politiciens se permettaient de faire les humoristes (de mauvais goût)… Une sorte d’inversion des codes, tout à fait inattendu au début de la grève, s’était produite : un étudiant parlant comme un ministre; un premier-ministre faisant le troublion de classe.  Sans leurs codes, les réseaux journalistiques se sont un instant déstabiliés. Preuve qu'il n'y a pas que les F-35 qui peuvent déstabiliser Radio-Canada.

C’est dans ce contexte qu’a eu lieu la bourde de Simon Durivage à RDI, lorsqu’il a raccroché impoliment la ligne au «petit Gabriel». Si vous avez manqué cet épisode, il mérite d’être vu (ou revu) à http://www.branchez-vous.com/techno/actualite/2012/04/simon_durivage_raccroche_au_ne.html. Durivage n’a qu’une question en tête: «Allez-vous respecter la trêve octroyée par la ministre», ce qui veut dire, cesserez-vous les manifestations de la CLASSE durant les pourparlers. Certes, Nadeau-Dubois ne veut pas cesser d’exercer des pressions sur les «négociations» aussi, comme tout bon chef syndical lui dirait, «garde tes hommes sur le chantier»; mais Nadeau-Dubois ne peut pas en donner l’ordre ni le contre-ordre, puisqu’il se dédouane de toutes responsabilités personnelles. Sa lâcheté stratégique vise à laisser l’apparence de la direction du mouvement à l’ensemble «démocratique» de ceux qui y participent. Mais bien sûr, ce n’est qu’une «apparence», qu’il faut vite traverser pour découvrir qu’il y aura toujours un soutien tactique derrière chaque manifestation et que c’est auprès de la CLASSE et des autres syndicats étudiants que les manifestants la trouveront. Ce syndicalisme du XXIe siècle (déresponsabilité des dirigeants qui font entériner des décisions prises d'avance, apparence démocratique des manifestations reposant sur des émotions plus que sur des analyses) est le point ultime de désintégration de la contestation amorcée au XXe siècle, où les émotions passaient après l’endoctrinement politique. La faiblesse des média sociaux est que s’ils informent, ils n’instruisent pas pour autant. C’est ce qui plaisait, dès le départ, aux gouvernements et aux fabricants de ces jouets téléphoniques, mais maintenant, en rassemblant des quantités de gens autrement que pour danser sur les escaliers de la Place des Arts, il est possible de ramasser des milliers de personnes, avec des intérêts et des attentes différentes, les mobiliser une fois réunis avec un porte-voix et les mettre en branle, le tout accompagnés de casseurs qui, comme des vers, savent trouver les fruits dont ils se nourriront.

Mais revenons à l’impolitesse de Durivage. Évidemment, beaucoup lui ont demandé s’il aurait raccroché la ligne au nez d’un politicien qui lui avait tenu un tel discours de cassette? Jamais de la vie, voyons donc. Le pacte n’est valable qu’entre politiciens et journalistes, il ne concerne personne d’autres, sinon quelques vieux routiers syndicaux des grandes centrales. L’agressivité de Durivage provenait de la différence d’âge. Pour lui, Nadeau-Dubois n’est pas un alter-ego. L’âge, le professionnalisme, la maîtrise des entrevues, lui donnent, selon lui, une «autorité» à laquelle doivent se soumettre ses interviewés. Derrière son langage sirupeux à la Charles-Tisseyre, Simon Durivage est un grossier personnage. Je me souviendrai toujours de l’entrevue que lui accordait l’ambassadeur d’U.R.S.S. à l’émission Le Point lors de l’incident où un avion de passagers sud-coréen avait été abattu par la chasse soviétique alors qu’il survolait les terres russes (1983). La thèse officielle, que défendait l’ambassadeur, patient et habitué à la face de plâtre diplomatique, était que les chasseurs avaient averti l’avion qu’il était en zone soviétique et de rebrousser chemin. Ne lui ayant pas obéi, les chasseurs l’ont abattu comme avion-espion, ce qu’il était sans doute probablement, un peu à la manière du Lusitania en 1915, se servant des passagers comme bouclier humain contre le tir soviétique. Or les pilotes soviétiques ont tiré. Et Durivage en fut scandalisé. Plutôt que de poser des questions à l’ambassadeur, il le tançait, lui donnait des leçons de morale, se scandalisait comme une vieille scrupuleuse devant une paire de fesses nues.

Certes, il en va autrement avec le club des ex, ou le club des élus. Là, le pacte tacite entre intervieweur et interviewé est maintenu. Ce psittacisme insupportable entre le sirupeux Durivage, l’énervée Frulla, l’apathique Grégoire et le Rice Krispies Charbonneau, rappelle les vieilles publicités en noir et blanc du couvoir Chabot de la télé des années soixante. Sauf que ces poules-là pondent des œufs sans jaune. Tant qu’aux élus, ce ne sont que cassettes, réponses à côté, mensonges éhontés. Durivage se dresse parfois sur ses ergots, mais c’est pour la séduction des poulettes, rien de sérieux. Simon Durivage : impassible lecteur de nouvelles; dupe de l’élastique qui s’est rompue de l’ordinateur TVA lorsqu’à Télé-Québec il devait donner les résultats des élections de 1981 en annonçant l’avancée des communistes et des unionistes devant Claude Ryan dans Argenteuil; itinérants d’un poste à l’autre avant de passer un an au purgatoire radiophonique avant de retrouver son siège d’animateur télé à Radio-Canada, Patrick Lagacé peut bien lui donner un petit coup de règle sur le bout des doigts en le comparant au fameux Kent Brockman des Simpsons, on est entre copains journalistes, mais moi n’étant pas de la confrérie, je ne peux que souhaiter le jour où on nous en débarrassera pour de bon.

Puis, on s’en est donné à cœur joie sur le dos de Nadeau-Dubois. Certains poubellistes l’ont dénoncé comme faisant partie de la gauche caviar parce qu’il avait fait un voyage aux Indes et qu’il faisait du ski à Tremblant ou je ne sais plus trop où. Tout cela relève du commérage de bas étage, du bitchage (entre gais?), ou de la jalousie. Nadeau-Dubois, narcissique? Bien entendu, il a son portrait officiel, comme le Führer, aussi lui a-t-on apposé la petite moustache caractéristique. Ce qui est plus qu'idiot, en effet. D'autres, pas plus politiquement intelligents, hésitent entre l'associer à Lénine ou à Oussama Ben Laden. On ne peut pas souligner de façon plus nette combien le ressentiment accompagne le revers de l'enthousiasme politique. Par contre, certains lui dévoue déjà un culte (religieux?) de héros. On fait de lui des portraits du genre. D'après une photo de Jérémie Battaglia, la peintre Laurence Lemieux l'a déjà illustré comme un véritable christ de mythologie révolutionnaire. Et il est vrai que l'œuvre rend hommage au modèle. L'acteur et cinéaste Xavier Dolan, pour sa part, affirme trouver Gabriel Nadeau-Dubois sexy. Ce qui a fait rire les habitués du blogue de la Clique du Plateau. Pourtant, Dolan s'est montré plus intelligent politiquement que tous ces écervelés qui perdent leur temps à faire des caricatures niaiseuses. Car, tant il est vrai que si Nadeau-Dubois avait été un petit-gros boutonneux, même avec encore plus d’habileté que le Nadeau-Dubois que nous connaissons, il n’aurait jamais pu entraîner le mouvement jusqu’où il a été. Il en va de même de Bureau-Blouin. Le glamour est utilisé en politique depuis longtemps, à plus forte raison dans un mouvement de jeunesse. La captation érotique a sa part dans le politique, ce que les Grecs - en particulier le félon Alcibiade qui espérait en user pour séduire Socrate - savaient dès la naissance de la démocratie. Là aussi la «prostitution» - la vraie comme l’allégorique -, celle dénoncée par Eschine contre Timarque au IVe siècle avant Jésus-Christ, demeure une perversion de la res publica, de la chose publique, bien ancrée. Les chefs révolutionnaires, par le passé, ont rarement été de «beaux» hommes ou de «belles» femmes, si on excepte le Che. Avec les média actuels, tout mouvement politique ou social, sera toujours ramené à l'apparence de leurs leaders plutôt qu'aux idées qu'ils promeuvent, ce qui est un danger dont l'aventure fasciste nous avait pourtant déjà mis en garde. Voilà pourquoi, en ce moment, aucun des chefs de parti provincial, sinon Amir Khadir pour une mince frange, ne soulève de battements de cœur audibles aux micros. À Ottawa, les néo-démocrates ont sû utiliser le charme de Jack Layton et en choisissant Thomas Mulcair, ils se sont donnés un chef à l’allure attrayante, crédible et charismatique, capable de faire face à Harper quand les Canadiens seront tannés de son outrecuidance. En ce qui concerne les États-Unis, inutile de dire qui sera réélu cet automne (à moins d’incidents imprévus), enfin ce n’est pas le «charme» de Hollande plutôt que l’écœurement de la grossièreté d’un Sarkozy qui aura opéré sur la sensibilité française, s’il est élu.


En ce moment se joue le drame final, celui où Line la Pas Fine va passer le bâton où vous devinez au mouvement étudiant. Une «négociation» tenue en secret, loin de la «place publique», apparaît comme un véritable suspens à la Hitchcock que les média entretiennent à chaque bulletin. La trêve tiendra-t-elle? Sortira-t-on avec un résultat positif pour les étudiants? Que cèdera le gouvernement pour passer une «entente» avec la partie adverse? Faux suspens. Si le gouvernement a dit qu’il ne reculerait jamais sur la  hausse des frais de scolarité et que la ministre a ouvert une discussion, c’est parce qu’elle entendait négocier un arrangement pour faire avaler la hausse. Augmentation des prêts, comme il a déjà été proposés? Auquel cas, 200 000 Québécois auront marché dans les rues de Montréal pour les banquiers. Étalement des taux de remboursement? Resserrement des dépenses des dirigeants universitaires? (Ça règlerait quoi par rapport aux portefeuilles des étudiants?) Pourtant, personne, pas même Nadeau-Dubois, n’a claqué la porte. C’est-à-dire : on négocie une crosse qui donnera l’aspect aux deux partis d’avoir gagné son objectif, et comme le coucou, on l’entendra sortir au moment de la douzième heure. Une fois tout le monde retourné en classe (et non à la CLASSE), les média s’empresseront d’oublier tout cela assez vite pour passer aux élections françaises …ou québécoises.

Une fois de plus la vacuité de la télévision est étalée au grand jour, sans pudeur. Agent de désinformation beaucoup plus que d’information; «appareil idéologique d’État», comme l’aurait qualifiée Louis Althusser qui, après avoir étranglé sa femme dans une crise de démence, finit, après avoir été traîné par le mystique au porte-cigarette André Frossard à baiser les mules du pape Jean-Paul II, par mourir, ex-communiste converti et cocu. Pour Line la Pas Fine, elle ne reviendra sûrement pas à l'Éducation une fois que l'élection sera passée. Pour les leaders étudiants, cette grève aura été l’occasion rêvée pour eux de s’ouvrir une brillante carrière d'affaires publiques. Aux yeux de certains, ils sont l'espoir politique du XXIe siècle, mais par la façon dont ils ont joué le faux-jeux «démocratique» qu'ils ont appris des autorités en place, ils ne sont ni les révolutionnaires attendus, ni les porteurs d'une utopie d'espérance, puisqu'ils ont montré qu'ils avaient peu à dire, à part leurs cassettes honnêtement répétées. Les voilà déjà tout équipés pour poursuivre le mensonge paternel d'une société qui, malgré ses gémissements, se refuse à prendre conscience de la manière dont elle se fait fourrer par ses représentants et ses dirigeants. Elle choisit le rêve télévisuel de l'anesthésie et ce rêve aussi à un coût qui peut se chiffrer à 75% d'augmentation des frais de scolarité. Pour M. Nadeau-Dubois, ce sera l'occasion, et j'espère qu'il la saisira, pour trouver sa voie et finir de sécher sur la branche de la discipline historique, ce qui entretien faussement le préjugé d’une discipline peu exigeante, faite pour ceux qui coulent leurs maths et leurs sciences, car, en effet, pourquoi ne s'est-il jamais orienté en sciences po si son intérêt était dans l’action politique? Mais il faut faire des stats en sciences po! :-( Bref, que la connaissance historique n'est pas une halte routière pour gyrovagues et faire en sorte que d’autres puissent profiter de cet enseignement si lui n’est pas capable d’en rien tirer. S’il faut faire un grand ménage dans les institutions universitaires, c’est par là qu’il faut commencer. Aussi, comme Frossard amenant par la main le malheureux Althusser au pape, verra-t-on ainsi Line Beauchamp, réconciliée, tenir par la main Nadeau-Dubois venir baiser cette mûle de Jean Charest?⌛ 


P.S. Pour le moment, la trêve est suspendue et nous apprenons que l'enjeu essentiel des frais de scolarité n'ont pas été discuté durant ces 48 heures de temps perdues par ce qui était prévisible: l'immobilité de la ministre et de son gouvernement. Aucune négociation n'est possible. Pauline Marois engueule Jean Charest et cet imbécile sans nom de François Legault engeule Nadeau-Dubois en pressant sur l'éclatement de l'unité étudiante. Voilà, où était-il le suspens de la négociation?

Montréal
25 avril 2012

2 commentaires:

  1. S'il faut un PHD pour écrire de la merde comme ça.
    Fermons les Universités. Toutes les sciences "molles" actuelles ne servent qu'à former des anarchistes.

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    1. Au moins je signe mes textes, je ne me cache pas derrière une icône anonyme, comme une vulgaire bécosse, derrière des panneaux, pour recevoir de la merde comme la mienne.

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