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mardi 8 mars 2011

L'ange, la rabatteuse et la cofondatrice


L’ANGE, LA RABATTEUSE ET LA COFONDATRICE

Ah! ce mon onc’ Gérald! Quel mec ce type! Vous, les Parisiens, qui tenez à traîner votre ancien maire Chirac devant les tribunaux pour avoir inventé des postes afin de les combler par des membres de son parti! C’est de la petite bière à côté du maire Gérald Tremblay de Montréal, qui voit passer des enveloppes brunes, gonflées de billets ondulants de couleurs vertes, roses et brunes, sans savoir d’où elles viennent, ni où elles vont… Sa dernière trouvaille! Honorer la mémoire des femmes en ce 8 mars (2011) en mandatant une enquête d’historiens qui viserait à consacrer Jeanne Mance cofondatrice, avec Paul de Chomedey sieur de Maisonneuve, de la ville de Montréal. Partout on mentionne comment le maire a «mandaté» l’historien Jacques Lacoursière afin de faire une étude «scientifique rigoureuse» qui permettra, en 2017, au 345e anniversaire de la fondation de Ville-Marie, de désigner officiellement Jeanne Mance cofondatrice de Montréal. Nulle part, il n’est fait mention du montant qui sera versé à l’historien pour le compenser de son travail. Espérons, du moins, que cet argent ira à de jeunes recherchistes qui sauront déjà où trouver ce que l’on cherche, tant la phrase de Karl Marx s’applique ici plus que partout ailleurs: l’homme ne cherche que ce qu’il a déjà trouvé.

Mon onc’ Gérald veut réparer une injustice. Tous ces méchants machos historiens qui, par le passé, ont négligé le rôle des femmes dans the making of history, doivent céder devant la réalité du fait que derrière chaque grand homme se cache une femme. Bien sûr, lorsque ce monsieur de Maisonneuve traînait sa lourde croix jusqu’au sommet du Mont-Royal après la crue des eaux qui avait menacé la petite bourgade, c’est madame Mance qui devait scander les litanies derrière lui. Lacoursière est trop bon historien pour ignorer où trouver les preuves documentées qui confirmeront bien que Mademoiselle Mance est bien la cofondatrice. Il connaît très bien l’œuvre pionnière de Marie-Claire Daveluy, sa Jeanne Mance date de 1934 et rééditée chez Fidès en 1962 dans une collection célèbre dirigée par Guy Frégault et Marcel Trudel. C’est une œuvre complète à laquelle il sera difficile d’ajouter du nouveau. L’auteur qualifie elle-même Jeanne de co-fondatrice de Montréal, surtout lorsqu’en remplacement de Maisonneuve, retenu en France, elle céda l’île à la Compagnie des Sulpiciens, et ajoute, en note infrapaginale (page 212, note 1) «Les preuves se font ici très précises autour du titre de cofondatrice de notre ville que nous donnons à Jeanne Mance». Donc, monsieur Lacoursière a six ans devant lui pour trouver ce «boutte» de texte incontestable!

Mais madame Daveluy est - son titre le dit - une femme! Ne se laisserait-elle pas emportée par son «sexe faible» à trouver en notre Madame Mance, une sainte Jeanne de Montréal? Je me dis bien que je ne me laisserai pas prendre à cette ruse entièrement féminine. J’ouvre donc le fascicule de Guy Laviolette, un frère, donc un homme - c’est plus sûr -, consacré à Jeanne Mance (1606-1673). Va-t-il pondérer l’enthousiasme de Mme Daveluy? Sa page 4 me frappe au visage:

Ses titres de gloire.
Une question.
- Quel est le fondateur de Montréal?
- Maisonneuve.
- Et la fondatrice?
Silence. Bouches entr’ouvertes, les écoliers ne savent plus que répondre (le petit Gérald?)
Ils sont excusables, les chers petits, parce que le nom de monsieur de Maisonneuve brille d’un tel éclat dans la fondation de Montréal, qu’on est un peu tenté d’oublier ses collaborateurs.
- Eh bien! mes amis, la fondatrice de Montréal, c’est Jeanne Mance.
- Fondatrice?
- Parfaitement, car c’est elle, la courageuse ouvrière de la première heure, qui a tant aidé monsieur de Maisonneuve à planter chez nous la croix et le drapeau français.
C’est elle qui se faisait toute à tous, partageant les travaux des colons, leurs fatigues et leurs privations, pour faciliter leur tâche.
C’est elle dont la charité, le patriotisme et le dévouement surent inspirer tous les actes.
Héroïne de premier plan.
Jeanne Mance est l’une des belles figures de l’histoire canadienne. Douée des qualités qui font les héros et les saints, elle a méritée d’être surnommée;
• Premier lieutenant de monsieur de Maisonneuve.
• Ministre de la Coordination et des Approvisionnements. (que Lacourisère transforme en ministre des finances)
• Fondatrice de l’Hôtel-Dieu.
• Première Infirmière laïque de l’Amérique du Nord.
• Mère des Colons.
• Ange de la colonie.

Ce fascicule de 1953, mon onc’ Gérald l’a sûrement eu sur les étagères de sa bibliothèque scolaire! Ne s’en souvient donc il pas?

Ou peut-être le fait qu’il s’agit d’un frère catholique, joint à une historienne catholique, risque de paraître un peu trop suspect, surtout depuis les histoires de prières à l’hôtel-de-ville de Ville de Saguenay, il faut se méfier de tout ce qui sent le dessous de soutanes. Il faut aller voir les féministes, qui elles, ne se laisseront pas berner. Ah! cette bonne odeur de militantisme laïque et revendicateur. Le Collectif Clio constitué de quatre historiennes ne se laisseront pas passer de couleuvres avec des histoires d’héroïnes. Ici, Jeanne est présentée sous son aspect de militante, dévote sans doute, mais non dupe des manœuvres de Mgr de Laval qui s’oppose à la venue des Hospitalières de La Flèche que Jeanne Mance a été recruter en France pour son Hôtel-Dieu de Montréal. En s’alliant aux Sulpiciens, elle permet ainsi de contourner l’autorité épiscopale. Et notre collectif d’opiner: «Les historiens s’accordent à dire que le rôle de Jeanne Mance a été plus déterminant, dans ce projet, que celui de Maisonneuve, en fait, jusqu’à ce que Ville-Marie ne devienne partie intégrante de la Nouvelle-France. En 1663, Ville-Marie devient Montréal» (p. 41). La voici qui va même jusqu’à dépasser le fondateur. À quand l’iconographie qui nous la présentera portant sur ses épaules, à la fois le sieur de Maisonneuve et sa croix?

Plutôt sèche, par contre, la brève phrase de l’historienne canadienne Jan Noel lorsqu’elle écrit, dans une brochure de la Société historique du Canada #59, Les femmes en Nouvelle-France (1998), que «Jeanne Mance, une dame bien née possédant l'expérience du métier de garde-malade et capable de “s’oublier elle-même”, passe son temps à panser les plaies occasionnées par les tomahawks et à retirer des flèches de la chair des blessés. Elle est venue fonder un hôpital avec l’argent de madame de Bullion, mais, en 1651, lorsque la situation deviendra désespérée, elle prendra l’initiative de consacrer ces fonds à une cause plus musclée: recruter des soldats français pour sauver la ville». Voici notre Jeanne Mance transformée, par les soins d’une historienne canadienne-anglaise, en Jeanne d’Arc. Après tout, pour les soigner, ça prend des soldats, et s’il n’y a pas de soldats, on ne peut pas les soigner. C’est d’une logique élémentaire.

Il faut dire que notre bonne champenoise n’a pas eu que des thuriféraires. Le méchant docteur Jacques Ferron ne l’épargnait pas dans ses Historiettes (1969), lui, qui faisait une guerre à finir aux héros du petit chanoine Lionel Groulx. D’un coup d’estoc, le docteur attaque: «on avait mis sur l’œuf une bonne grosse femme, veuve d’un surintendant des Finances, la de Bullion, qui de 1641 à 1659 ne laissa pas de rapporter, de l’aveu même de la rabatteuse, quelque cent cinquante mille livres. La rabatteuse se nommait Jeanne Mance» (p. 61). On ne se remet pas aussi facilement d’un tel coup. «De Bullion mourut le 22 décembre 1640. Mance se présenta chez la veuve au commencement de 1641. On présume que ce fut à même les cent vingt mille écus d’or qu’elle reçut de quoi fonder son hôpital, car elle fut payée en espèces. “Mlle Mance, écrit Sœur Morin, reçut son argent à plusieurs reprises, ne pouvant pas tout sortir à la fois. Un soir ses porteurs lui dirent: “Mais d’où vient, mademoiselle, que quand vous venez ici vous êtes moins pesante que quand vous en sortez?” Cela lui donna beaucoup de crainte d’être volée et peut-être tuée, ce qui lui fit changer de porteurs et aussi d’heure pour aller voir Madame de Bullion. Elle reçut ainsi soixante mille livres» (pp.61-62). C’est une rusée petite coquine, surveillant les investissements de La Dauversière, le bailleur de fonds de la Compagnie de Notre-Dame, promoteur de la fondation de Ville-Marie. «Mance continua à Paris, où elle attaqua sa bonne poire, la de Bullion, en lui laissant entendre qu’elle pourrait bien s’adresser à la duchesse d’Aiguillon, dont celle-là était jalouse, pour doter les hospitalières prêtes à la traversée; en vain. Alors elle pensa à son bras; elle était manchotte des suites d’une luxation d’épaule. L’ayant fait savoir à des médecins, elle alla prier devant le cœur de Monsieur Olier [Fondateur des Sulpiciens] et son bras bougea: c’était un miracle. Et le miracle opéra où le chantage n’avait pas réussi: la de Bullion émerveillée donna encore vingt mille livres, qui allèrent dans la poche de Monsieur de La Dauversière et dont les Hospitalières ne virent jamais la couleur» (pp.65-66). Décidément, c’est trop fort! Serait-ce là un relent de la vieille rivalité médecin/infirmière qui fait du docteur Ferron un si méchant procureur? «Le dévouement de Mance, allons donc! À part l’intrigue, elle était vaine, tout au plus occupée à être la première dame du lieu et à surveiller le Sieur de Maisonneuve, qui était une sorte d’imbécile. Elle possédait une bonne maison où logeaient à l’occasion les gens de marque, les Sulpiciens, Madame d’Ailleboust; des hospitalières il n’était pas question: elles furent mises à la masure. Une phrase échappe à sœur Morin, pourtant à sa dévotion: “Le jardin de mademoiselle Mance était dressé à peu près comme celui du paresseux plein de ronces et méchantes herbes et tout en friche”» (pp. 64-65)

Pourquoi donc alors tout ce tabac sur Jeanne Mance? N’y aurait-il pas, dans l’esprit du maire Tremblay, d’autres façons de célébrer le 8 mars qu’en commanditant une entreprise historienne vaine? Que fera M. Lacoursière au cours des six prochaines années tant le travail est déjà tout fait? Et combien cela coûtera-t-il aux contribuables montréalais? N’y aurait-il pas d’autres entreprises de recherches en histoire qui mériteraient d’être subventionnées? Faut-il compenser le fait qu’il n’y avait de femmes, ni à bord des navires de Cartier en 1534 ni du navire de Champlain en 1608, pour se trouver une mère-père fondatrice? Sommes-nous toujours les Enfants trouvés, petits princes à la quête d’une bonne marraine, d’une fée, d’un «ange de la colonie»? Jeanne Mance, comme toutes les premières femmes qui vinrent en Nouvelle-France et qui, pour la plupart étaient religieuses, est morte sans laisser d’enfant. Sa quête d’argents, d’infirmières, d’Hospitalières et finalement la cession de l’île entière aux Sulpiciens ne visait-elle pas à combler ce manque naturel? En tel cas, il faudrait peut-être mieux regarder quelle était la condition féminine aux tout débuts de la colonie; ces femmes seules, abandonnées dans un monde d’hommes, toujours en passe d’être réduits par la sauvagerie des lieux et de ses autochtones? Même la petite sœur Morin y a échappé belle alors qu’un des Iroquois qu’elle soignait s’est mise à la tasser dans un coin «pour la remercier de ses soins». Les religieuses de ce temps savaient bien ce qui se coinçait entre les cuisses d'un homme pour savoir où les saisir afin de les écarter d’elles - ce que le malin docteur Ferron appelle «la prise Parmanda». Si le «mandat» confié au professeur Lacoursière s’étend jusqu’à ce point d’englober la vie des femmes aux premiers temps de la colonie, à Montréal en particulier, alors j’applaudirai. S’il s’agit seulement de faire une nouvelle héroïne de bandes dessinées pour distraire mon onc’ Gérald - qui ne sera peut-être plus maire en 2017 -, alors ce sont les Montréalais qui, cette fois, feront les frais d'une nouvelle prise par-mandat par leur maire.

Seule consolation, du moins, Jacques Lacoursière n'est pas Clotaire Rapaille.

Ce qui est triste, profondément triste, c’est à quel point notre histoire, notre connaissance historique comme notre expérience historique vécue, demeurent des passe-temps réduits à l'insignifiance. Nous voyons la connaissance historique comme il y a plus d’un demi-siècle, un entrepôt de héros et de héroïnes, de personnages symboliques, des caractères hors du commun, d’épisodes sanglants ou rusés propres à ériger des statues et des monuments. Qui ne se souvient pas du gag où l’on racontait que deux Hells s’étaient fait arrêter aux douanes en tentant de passer en fraude la statue de Madeleine de Verchères pour trafic d’héroïne? «Priez Marie! Ne la fumez pas!» répliquerait sans doute Jean Tremblay - l’autre Tremblay, maire de Ville de Saguenay -, et nous déboulerions ainsi d’une marche à l’autre, jusqu'au bout de la connerie… Nous concevons les gens cultivés comme des animaux de cirque, des chiens savants, à qui on demande des faits, des dates, des anecdotes, sanglantes ou rigolotes. L’historiographie n’a plus d’utilité dans la formation de l'esprit critique, dans les débats publiques, les enjeux politiques, les questions constitutionnelles, sociales, culturelles. À peine s’en sert-on pour faire des téléséries à grands déploiements qui ne sont pas toujours réussies, comme le montre le regretté film de Jean Baudin sur la Nouvelle-France. Il faut s’appeler René Angelil et Céline Dion pour pleurnicher devant ce produit raté.

En fait, que veux mon onc' Gérald? La réponse se dégage du «mandat» confié à Lacoursière. Mon onc' Gérald est porté encore par les nuages de «bidous» apportés par la canonisation du Frère André, l'automne dernier. Comme Marguerite Bourgeoys est déjà sainte au plus haut des cieux, et qu'aucune congrégation ne peut mettre suffisamment d'argent pour porter Mademoiselle Mance sur les autels, alors en faire la cofondatrice de Montréal entraînera des cérémonies, des livres, des visites guidées de l'ossuaire de l'Hôtel-Dieu - au moment où devrait ouvrir (sic!) le futur nouveau CHUM -, la vente de poupées Jeanne-Mance, de globes de verre où il neigerait sur l'Hôtel-Dieu en les agitant, des petites squaws soignées par Mlle Mance, et éduquées par Mère Bourgeoys (avec profil de Marc Labrèche), bref, des flon-flons dignes du cerveau ramolli de mon onc' Gérald. Une autre histoire-spectacle avec figurants en costumes XVIIe siècle, phrases pompeuses et biscuits chinois en prime. Le «mandat» de Jacques Lacoursière n'est rien de plus qu'une enquête en procès de canonisation locale. Ni le respect de l'histoire, ni celui des femmes n'en sont la motivation profonde. Tout n'est qu'une affaire d'intérêts pour les cérémonies de 2017 et tirer le maximum d'argent possible de touristes crédules, et l'un des tourismes les plus payants, c'est le tourisme religieux. Un petit miracle avec ça?

Quand l’histoire du Québec méritera-t-elle d’être intégrée à l’histoire universelle, ou du moins à l’histoire de la civilisation occidentale à laquelle elle appartient? Quand présenterons-nous une histoire suffisamment mature dans ses réflexions et ses problématiques pour entrer en dialogue ouvert avec les autres historiographies nationales, éveiller ce vieux rêve de Marc Bloch de l’histoire comparée? Quand les schémas, les stéréotypes, voire les archétypes de notre histoire seront-ils mis en relation avec ceux des autres historiographies? Pour que les Québécois puissent assumer leur destin dans l’ensemble de l’histoire du monde, il ne suffit pas d’avoir un siège à l’O.N.U. ou à l’UNESCO pour y asseoir un péteux fumant de petits copains des partis politiques. Ce qui est devenu une sinécure pour hauts-fonctionnaires à la retraite ou politiciens boudés par l’électorat devrait être, en fait, un pont tendu vers les autres communautés intellectuelles afin d’échanger des pensées, des questions, des voies de solutions au devenir historique de la nouvelle planète mondialisée qui s’appelle la terre et à laquelle, si petite soit-elle, notre communauté appartient. Qui dit que nous n’avons rien à y apporter dans l'édification de la pensée historienne? Certes, sûrement pas les banalités autour de Jeanne Mance, version Daveluy ou version Ferron. Quand notre histoire, dont l'enseignement se meurt avec des programmes où la périodisation est tranchée au couteau comme autant de tranches de pain Weston, comme si un massacreur à la scie était passé dedans, il n'y a plus qu'à la reconnaître comme à peu près tous les jeunes Québécois la reconnaissent : une histoire plate, et même très plate. À notre ignorance de l’histoire du Québec et du Canada s’ajoute désormais celle du monde, au moment où nous entrons en communication étroite avec tous les peuples de la terre. Si nous considérons que chacun de nous est le produit de ce qu’il s'est fait, produit d’une culture qui a moulé son identité à travers des flexibilités inouïes, alors nous n’irons jamais plus loin que ces «amis Facebook», des quantités sans substance.

Comme le trajet d’une flèche, notre vie est fait du prolongement de notre course amorcée depuis nos origines. Nous pouvons divaguer, n’atteindre à aucun but, nous perdre dans le vide. Nous pouvons aussi, tout en divaguant, se heurter à une cible qui nous était inimaginable. Nous pouvons, aussi, atteindre un but que nous nous sommes fixés, dans la chaîne de la solidarité des générations, achevant une œuvre de civilisation qui permettra d’améliorer le sort de monde. Voilà pourquoi, pour moi, cette nouvelle annoncée en grandes pompes par mon onc’ Gérald est d’une lamentable niaiserie⌛

Montréal
8 mars 2011

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