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samedi 18 août 2012

Monopoly politique : combat des chefs


MONOPOLY POLITIQUE : COMBAT DES CHEFS
Une partie de WEB réalité

Nous voici rendu au débat des chefs. Si vous voulez passer une soirée à vous ennuyer à écouter les questions plates d’Anne-Marie Dussault et d’Emmanuelle Latraverse, ben bon pour vous. Mais comme la vérité sort du hasard, si vous voulez vous amuser, puisque vous êtes une bande de jouisseurs invétérés, assistez à la compétition des chefs au Monopoly politique. Animé par Kamal G. Lutfi, ses commentaires et ses analyses vous accompagneront tout au long de la partie pour saisir les coups pertinents ou moins pertinents, tout au long du COMBAT DES CHEFS.

Lutfi. - Bonzou’ missiés et mistwesses. Bienvénue au Monopoly politik qui oppose les quat zhefs à  twavè's une riwalité féwoce su’ le tewain électowal. Sans pus tawdé, je vous pwésent' les zhefs. Pouw lé pawti Libéwal, M. Zhan Zhawè. M. Zhawè, penzé-vous gagner la pawtie?

Charest. - Mon cher Kamal, c’est évident. J’ai tous les dés dans ma manche.

Lutfi. - Awec cela, zé zuppose qué vous n’awez pas besoin de zhanz. Et vous mistwesse Mawois. Penzé-vous qué vous allez dévéni' la pwemièwe pwemié minist’ du Kwébek?

Marois. - Mon cher Kamal, c’est évident, il me semble. À partir des sondages, je suis la première à lancer les dés, ce soir… Alors…

Lutfi. - Zé né vous swaite pas bonne zhanz caw vous voulé aboli’ lé multicultuwalism et dwessé une fwontièr’ ent’ l’Ontawio et lé Kwébek.  - Et woici missié Légo, mon zhef favowi. Toujouw souwiant. Aux dents blanzhe'…

Legault. - Bonjour mon cher Kamal. Tu vas bien? Tu tweed toujours? C'est bien ça, continue…

Lutfi. - Touzou' missié Légo. Jé zuis un zhampion twittew, vous zawé bien. Jé zuis zu' qué vous allé tous les plantés…

Legault. - Merci, c’est gentil Kamal. Je penses que tu devrais présenter mes adversaires, Mme Françoise David et Mr. Amir Khadir.

Lutfi. - Ah! Les Kommuniss. Vadé wétwo Satanas.

David (pompée). - N’êtes-vous pas sensés être neutre dans cette partie, monsieur Lutfi?

Khadir. - Laisse faire, Françoise. Il mériterait dix souliers par la tête.

Lutfi. - Enfin, un aut’ sépawatiss, M. Zhan-Mawtin Ausang. À wous non plus zé né wous swaite bas bonne zhans.

Aussant. - De toute façon, tout est déjà perdu d'avance…

Lutfi. - Et le diwecteuw de la banque n’est nul autwe qué missié le zhef dé poliz Duzhéno, zhoisi à l’unanimité pouw son incowuptabilité. Bonjouw missié le zhef dé poliz Duzhéno.

Duchesneau. - Bonjour mon cher Kamal. Heille, en commençant, je voudrais chanter une petite chanson bien de chez nous à monsieur Legault. Rien que pour t'habituer au folklore québécois. Est-ce que je peux?

Lutfi. - Bien su', missié le zhef de poliz Duzhéno.

Duchesneau. - Heille! Écoutez un peu ça (se mettant à chanter):
C’est en revenant de chez Legault
Kawin, Kawa, Kawin et Kawik, Tpppll
C’est en revenant de chez Legault… Boum Boum Boum.

Legault. - Arrêtez-moi ça monsieur Duchesneau, vous me faites rire jusqu’aux larmes.


Duchesneau (chatouillant Legault). - C’est en revenant de chez Legault Boum Boum Boum. (Legault rit aux larmes).

Lutfi. - Et le zeu peu commensé. C’é dézà sewwé, caw tous les zweu' zont en même temps zuw la pwisst de dépaw. Tow l’mond gawd silenz, mistwess Mawois va lanzé les dés. Oww. Cé t’un deux. Bwawo.

Marois. - Un. Deux. Au moins je sais compter jusque-là. Et. Ah! La caisse électorale. Déjà? (Elle prend une carte, et lisant:) «Vous rencontrez Jean Charest par hasard et il vous embrasse. Pendant ce temps, il vous fait les poches de $500». Aaaah! Maudit que ça part mal.

Charest (encaissant). - Par ici la monnaie.

Lutfi. - Au touw de missié Légo dé zwé.

Duchesneau. - Heille, François, Faut que je te chante un autre couplet, rien que pour t’encourager.

Legault (se tordant). - Non, faites pas ça monsieur Duchesneau. Pas à la télé!

Duchesneau (chantant).
C’est en revenant de chez Legault
Kahin, Kaha, Katin et Kawik,
Yan, Yon, Yin, Yun, Yan, Yon, Tpppll
C’est en revenant de chez Legault… Boum Boum Boum.

Lutfi (riant). - Elle è twè dwôle. J’vais essayé de l’apwend’.

Legault (lançant les dés). - Oh! Quatre! C’est mieux. Et j’arrive sur …l’impôt sur le revenu. Versez $500 à la banque.. Aaah! (le payant) monsieur Duchesneau! C'est dur, dur de se soumettre à la loi.

Duchesneau (riant). - Ah! c’est le jeu, monsieur Legault. Faut être honnête…

Lutfi (chantant). - C’é t’en wenant d’zé Légo. Boum Boum Boum. (Plus fort) Au touw des kommuniss.

Khadir. - C’est toi Françoise qui lance les dés et moi qui fait avancer le pion.

David. - C’est ça, mon Amir. Je lance et tu fais le pion. J’ai un cinq.

Khadir. - Un, deux, trois, quatre, cinq. Nous tombons sur Via Rail.

David. (remettant $500 à Duchesneau) - C’est une bonne prise. La nationalisation de Via Rail, ça va dégorger le transport routier. J’achète.
Khadir. - Et, à quel prix on va vendre les billets?

David. - Voyons Amir, t’as déjà oublié notre politique énergétique et verte? C’est gratuit.

Lutfi. - Au touw de missié Ausang de zoué.

Aussant. - Aah misère! Aah malheur! Un un.

Lutfi. - Mé comment peut-on fai’e un un avec deux dés?

Aussant (avançant son pion). - J’suis pas ben placé sur la carte. J'ai l'air d'un deux de pique.

Lutfi. - Au touw de missié Zhawè.

Charest (lançant les dés). - Oh un gros sept! Nan nan nan nan nan nan nan. Ah! Une carte Opportuniste! Qu’est-ce qu’elle dit. «Vous rencontrez un généreux donateur pour la construction d’une garderie aux Résidences Soleil. Réclamez $500 à la Banque». Par ici la monnaie, monsieur Duchesneau.

Duchesneau (suspicieux). - C’est pas une carte que vous aviez dans votre manche, ça?

Charest. - Non, moi c’est rien que des dés que je garde dans ma manche.
Lutfi. - Il n’y a pas à dire, missié Zhawè est twès zhanzeux! À mistwesse Mawois maintenant de relancer les dés.

Marois. - M’en va te dégommer ça, moi. (elle lance) Ah ah! Un cinq. Et j’m’en vais te retrouver mon Charest! (Elle prend une carte opportuniste à son tour) «Vous croisez Jean Charest sur votre route, allez directement en prison. Si vous passez Go ne réclamez pas $200!» Ah! mon maudit! Et on appelle ça de l’opportunisme!


Lutfi. - C’é encow vot’ twou’ missié Légo.

Duchesneau. - Heille, mon François, écoutes celle-là! (chantant):
C’est en revenant de chez Legault
Kahin, Kaha, Kawin et Kawik
Tawin, Tawan, Tawun, Tapon, Tpppll
C’est en revenant de chez Legault. Boum Boum Boum.

Legault. - Je n’en peux plus, monsieur Duchesneau, vous allez vraiment me faire mourir de rire.

Lutfi. - Mèz awan, y waut lanzé les dés.

Legault. - Oh! un Quatre. Et je décroche le comté de Saint-Pie de Bagot. Mmm C’est profond, ça! Comme me l’a dit le docteur Barrette, il faut acheter et construire un CHUM. Il faut des CHUM partout dans le Québec pour centraliser les médecins de famille en régions.

Duchesneau. - Ça coûte $500 un CHUM. C’est pas cher.

Legault. (payant) - Non, monsieur. À ce prix-là, on va construire des CHUM partout dans le Québec.

Lutfi. - Au touw des insépawables. Hi! Hi! Hi!

David. - Je lance les dés et j’ai un sept!

Khadir. - J’avance de sept et. Oh! l’Hydro-Québec. C’est automatique. Nous nationalisons.


David. - Mais Amir! L’Hydro est déjà nationalisée. On ne va pas la payer deux fois, elle est à nous autres déjà!

Khadir. - On s’était entendu, Françoise, là où nous mettons le pion, nous nationalisons. (Remettant l’argent à Duchesneau) Voilà, nous rachetons l’Hydro!

David. - Eh! que t’as pas de bon sens! Tu vides notre budget.

Lutfi. - Au touw de missié Ausang.

Aussant. - Six!  Aah! misère! Une carte Opportuniste! (Lisant) Vous êtes nommé ministre de l’environnement, construisez un dépotoir et percevez $500 des contracteurs et remettez-en $600 à la municipalité». Qu’est-ce que ça veut dire?

Duchesneau (riant). - Que tu t’é faites encore fourrer. Envoye, donne moé $100.

Aussant. - Aah misère! J’savais que ce jeu-là était pas faites pour moé.

Charest. - Yaouh! Ç’t’a mon tour! (Il lance vigoureusement les dés) J'me possède pu à c'te jeu là. Huit! (il avance son pion) Oh! la voie ferrée Orford/Magog. Heille. J’achètes ça. Depuis que la publicité du gros Josélito fait vendre des passes, je vais te faire payer les handycaps, les tapettes en voyages de noces, les wabos à plumes et tous les touristes tannés du plan Nord. (Il donne $500 à la banque). A’c’t’heure, venez faire un tour chez mon’onc’ Jean.

Lutfi. - Mitwesse Mawois se concent’ é souff’ su’ lé dés. Et c’é un zinq!

Charest (aux anges). - Ah! Ah! Ma Pauline. T’é sur mon train. $500 la passe!

Marois (en colère, donnant $500 à Charest) - C’est de la fraude. De l’escroquerie.

Charest (encaissant, jouissif). - Wah! Wah! Wah! Y disent toutes ça!

Lutfi. Au touw de missié Légo à jouer. Boum Boum Boum.

Duchesneau (en colère). - Heille! Le nègre, Porte plus de respect à monsieur Legault, sinon je te dénonce à la commission Charbonneau! M’a t’apprendre à respecter les chefs, moé.

Lutfi. - Wo Ké. Zé m’excuz. (Legault lance les dés)

Legault. - Oh! un sept! Et j’avance


Charest. (se frottant les mains) Hi! Hi! Avance mon Legault. Sept. Chemin de fer Orford/Magog. $500 la passe toé aussi! Paye.

Legault. (air abattu) - Quelle malchance. Il n’y a pas de justice dans ce jeu.

Duchesneau. - Attendez, monsieur Legault, moé j’vais vous distraire (se mettant à chanter)
C’est en revenant de chez Legault
Kahin, Kaha, Kawin et Kawik
J’ai rencontré l’gros Barrette,
Tawin, Tawan, Tawun, Tapon, Tpppll
C’est en revenant de chez Legault. Boum Boum Boum.

Legault. (qui rit déjà) - J’en peux vraiment pu monsieur Duchesneau! Arrêtez! Je vous en supplie.

David (brassant les dés). - Hein! Un deux!

Charest (se tordant). - Écoute donc! Tout le monde s'arrête sur mon chemin de fer pour venir se lamenter à Josélito Michaud de leurs déboires électorales! Envoyez les Solidaires. Crache le cash mon Amir! $500 piastes. C'est pas la première fois que ça t'arrive de me payer $500 piastes, hein?

David (à part). - Mais, on a pu c’te somme-là. (À Amir) Avec ton achat de l’Hydro, tu nous as mis dans le trou, Amir.

Khadir. - Bah! on va l’emprunter à la banque. C'est toute. (À Duchesneau) À quel taux d’intérêt?

Duchesneau. - 15%.

Charest (tordu de rire). $500 à 15% d’intérêt. Les Solidaires sont dans le trou pour y rester.

David. - Je vous informe que la partie est pas finie, monsieur Charest.

Lutfi. - C’est au touw de missié Ausang.

Aussant. (soupirant) - Oh! un sept. J’arrive à Laval. Bon, j’m’achète un p’tit cottage à Laval-des-Rapides.

Marois. - Laval-des-Rapides, c’est Bureau-Blouin. Vous devez me payer $500, Aussant.

Aussant. - $500? Mais le règlement du jeu dit qu’un cottage c’est $300.

Marois. - Mon grand sans-dessein, tu m'as poignardé dans le dos quand j'étais déjà à terre. Ça se paie ça. Bureau-Blouin, c’est moi. Alors, $500!

Aussant. - Bon, j’vais aller à Chomedy.

Legault. - Chomedy, c’est à monsieur Lutfi - (insistant) n’est-ce pas, cher ami?

Lutfi. - Oh!? Oh oui, missié Légault. Zhomedy est à Lutfi et à la CⓦAQ. Z’veux $500 aussi.

Aussant. - Aaah! Pour sauver l’honneur. (Il donne $500 à Legault).

Lutfi. - À missié Zhawè.

Charest. - Ma cote remonte, ma cote remonte. Un deux! Wow! Encore la carte Caisse électorale. Non, sérieusement, j'fais pas exprès (Prenant et lisant) «Un consortium de Chinois investit dans le Plan Nord, réclamez $1000 à la banque». Yahou! Par ici le cash, monsieur Duchesneau.


Duchesneau, (en riant) - Continuez pas de même, vous allez vider la banque.

Lutfi. - Et l’on retourne à Mistwess Mawois. Elle lanze les dés et… c’é un Zept.

Marois. - Une autre carte Opportuniste. Espérons qu’elle me conviendra mieux cette fois. (Prenant et lisant) «Votre amie vous présente sa partenaire d’affaires. Vous la barratiner avec votre poste de Premier ministre. Elle vous remet $500 pour votre prochaine campagne». C’est normal, la banque peut pas toujours gagner.

Legault. - C’est légal, ça, monsieur Duchesneau?

Duchesneau. - Ce sont les règles du jeu, monsieur Legault.

Legault - Si c’est monsieur Duchesneau qui le dit, c’est légal.

Charest. - Tu joues rough ma Pauline!

Lutfi (enthousiaste) - À vot’ touw missié Légo. (Legault lance)  Un Zink.

Duchesneau - Ah! J’allais oublier. Écoutez celle-là encore, monsieur Legault:
C’est en revenant de chez Legault
Kahin, Kaha, Kawin et Kawak
Y t’nait une grosse paire de lancettes,
Tawin, Tawan, Tawun, Tapon, Tpppll
C’est en revenant de chez Legault. Boum Boum Boum.

Legault (s’essuyant les larmes de ses yeux). - C’est pas humain ce que vous me faites endurer, monsieur Duchesneau…

Duchesneau - Vous avez vu, monsieur Legault, je change une ligne à chaque refrain.

Legault. - Zut! J’arrive dans un stationnement incitatif. C’est pas fort. J’peux rien faire du tout.


Lutfi. - Au tour des chefs multicultuwalis. Hi! Hi! Hi!

Duchesneau (en colère) - Arrêtes donc ce rire niaiseux-là.

David (lançant les dés) - Deux!? La caisse électorale!

Khadir. - Enfin, on va mettre la main dessus. (il tire une carte).

David. - Qu’est-ce qu’elle dit.

Khadir. - Attends, il faut que je mette mes lunettes.

David (la lui arrachant) - Aaah! Donne-moé donc ça. «Après un passage des Libéraux, la caisse est vidée. Veillez ajouter $300.

Khadir (à Duchesneau) - Est-ce qu’on peut emprunter à nouveau. Toujours à du 15%?

Duchesneau. - Votre marge d’emprunt est dépassée. Vous devez soumettre une hypothèque en garantie, soit sur l’Hydro, soit sur Via Rail. (Les deux chefs se consultent).

Charest. - Ça traîne. Ça traîne…

Khadir. - Bon, on va y aller pour Via Rail.

Duchesneau. - $500 - $300, vous ne pouvez plus percevoir que $200. sur les tarifs de Via Rail.

Khadir. - On a décidé que les billets seraient gratuits.

Duchesneau. - C’est votre problème, pas celui de la Banque.

Lutfi. - Au touw de missié Ausang.

Aussant. - Llllll! (Il lance les dés) Huit. Dans quel enfer cela va-t-il encore me précipiter.

Lutfi. Wooo! Un cawte oppowtuniss!

Aussant. - J’ai peur rien qu'à la lire. (Lisant) «Vous venez de découvrir que le ministre des affaires internationales a fraudé le fisc pour $300 000 dollars, faites disparaître les dossiers et obtenez $1000 de la banque».

Charest. - Heille! C’t’ait moé qui était sensé tirer ce carte-là. Monsieur Duchesneau, c’est illégal. C'est une corruption qui cache une fraude et un détournement de fonds. Je le sais, je m'y connais en la matière!

Duchesneau. - Oui, en effet, le contenu de la carte m’apparaît illégal. Allez, monsieur Aussant, retournez en prison, et comme vous passez go vous ne pouvez pas réclamer $200.

Aussant. - Je le savais que je serais malchanceux même dans ma chance!

Lutfi. À missié Zhawè.

Charest (à lui-même) - Faut quand même mettre un peu de justice au Québec. (Avançant son pion). Bon! Cinq. La carte opportuniste (lisant) «Vous venez de découvrir que le ministre des Finances a fraudé le fisc pour $500 000 dollars, faites disparaître les dossiers et obtenez $3000 de la banque». Ah! Ah! Monsieur Duchesneau, par ici l'argent!

Aussant. (protestant) - Heille! Y'avait la même carte que moé, pis vous ne l’envoyez pas en prison!

Charest (comptant les billets) - C’est pas la même chose, le zouf! Toé, c’était le ministre des affaires internationales, moé, c’est le ministre des Finances, c’est plus grave pour l'argent des Québécois. Ensuite, le tien fraudait pour $300,000, le miens pour $500 000, c’est un montant plus élevé, donc il est normal que je reçoive un bonus proportionnel. N’est-ce pas, monsieur Duchesneau?

Duchesneau. - Ça me paraît juste! (Aussant s'arrache les cheveux)

Lutfi. - Mistwess Mawois, lanzez les dés.

Marois. - Quatre! Un. Deux. Trois. Quatre! Ooon Regardez donc ça! Le comté de Sherbrooke! Heille. Je vais en profiter pour construire un petit barrage, j’pense bien. C’est $1000 dollars, monsieur Duchesneau?

Charest. (rouge de colère) - Heille Pauline. Fa’ pas ça.

Marois. - Nous autres on est vert, par rien qu’en parole, mais en logo aussi!

Charest. (furibond) - Ma Tabarnak!

Lutfi. - Vite! Vite Missié Légo, c’é à vot’ touw.

Duchesneau: Écoutez celle-là, monsieur Legault: (chantant)
C’est en revenant de chez Legault
Kahin, Kaha, Kawin et Kawak
Y avait l’air, d’une grosse tapette,
Tawin, Tawan, Tawun, Tapon, Tpppll
C’est en revenant de chez Legault. Boum Boum Boum.

Legault (plié en deux, la figure toute rouge). - Arrêtez, par pitié, c’est de la discrimination, ça, monsieur Duchesneau. Aïe! J’étouffe! J’en peux plus. (il desserre son collet et parvient à lancer les dés) Huit. J’avance… jusqu’à l’Aqueduc. Ça veut donc dire que je perçois les frais des compteurs d’eau de Montréal, ça, monsieur Duchesneau? $355 000 000. Vous n’avez pas cette somme-là en banque, je présume?
Duchesneau. - Eh non, malheureusement. Vous devrez donc la prendre chez chaque concurrent qui passera sur l’Aqueduc.

Charest. - Heille, si on se ramasse-là, on est ruiné toute la gagne! La partie est forfaite.

David. (brassant les dés) - Il faut éviter ça à tous prix. Avec Legault sur l’Aqueduc, c’est le déluge universel sur le Québec!

Khadir (soufflant sur les dés) - Laisse-moi souffler sur les dés, ça va porter bonheur!

David (faisant la grimace). - Pouah! Tu pues l’ail à plein nez. (Elle lance les dés). Cinq! Chouette, une carte Opportuniste. Qu’est-ce qu’elle dit Amir, dépêche-toi de la lire!

Khadir. - «Par dépit, le bon Dieu vous aime malgré tout. Ramassez $500 de chaque joueur et payez vos dettes». Allez bourgeois sanguinaires, payez au peuple sa juste part de ce qui lui revient.

David (joyeuse, encaissant). - Deux mille piastres! J’ai jamais vu tant d’argent en même temps! $575 pour le premier emprunt. Et le reste pour l’hypothèque sur Via Rail, $345. Il nous reste $1,080. C’est assez pour se faire des affiches électorales glamour, ça, non?

Lutfi. - Au touw de missié Ausang.

Aussant. - J’peux pas passer mon tour? Non? J’me sens protégé en prison


Duchesneau. - Arrête de niaiser pis lance les dés. On a pas toute la soirée.

Aussant. (Lançant les dés) - Qu’est-ce qui va m’arriver cette fois? Quatre. Laval! Ouf, j’peux me réfugier dans mon cottage.

Lutfi. - À missié Zharè maintenant.

Charest (à lui-même). - Pourvu que je tombe pas sur l’Aqueduc à Legault. (Comptant) Ouf! Huit! Ah non! Allez en prison directement! J’peux même pas réclamer $200 en passant Go. (Tout le monde applaudit et Charest mène son pion en prison). C’est comme ça qu'on respecte l’honnêteté au Québec; en envoyant des personnes intègres en prison!

Lutfi. - À Mistwess Mawois de zhouer.

Marois. - Mon affaire est dans le sac. (Elle lance) Sept. He! J’passe l’Aqueduc, …et j’arrive à la Caisse électorale. Maudit que j’suis chanceuse. J’ai rien à faire, pis j’vais d’une carte Opportuniste à la Caisse électorale. Le Bon Dieu est vraiment souverainiste, cette fois. Que dit la carte. «Jacques Parizeau fait un discours et Bernard Landry le commente. Pour détourner l’attention des média, vous devez vous montrer les seins nus et fournir $500 à la Banque»! Aaah! bon puisqu’il le faut. (Elle ouvre son chemisier, tout le monde «par pudeur» détourne les yeux; elle lance:) À vous de choisir!

Duchesneau. - Paye la greluche. $500 piastes pour te montrer les tetons! Quand même, au Québec, c’est chèrement payer j'trouve, n'est-ce pas monsieur Legault?

Marois. - J’suis une honnête femme, moi, monsieur Duchesneau. Tiens les voila vos $500!

Lutfi (sautillant). - C’é au touw de missié Légo.

Duchesneau. - J’en ai encore une autre, pour vous, monsieur Legault. (Chantant):
C’est en revenant de chez Legault
Kahin, Kaha, Kawin et Kawak
M’a donné, un gros coup de lancettes,
Tawin, Tawan, Tawun, Tapon, Tpppll
C’est en revenant de chez Legault. Boum Boum Boum.

Legault (pris de convulsions). - C’est pas vrai. Arrêtez! Pitié! Martyr! J’étouffe! (Il lance péniblement les dés pendant qu'il râle). Sept.

David. - Le mardeux! Y arrive sur le métro de Montréal!

Marois. - Heille, je l’veux le métro de Montréal.

Legault. - C’était à vous d’y arriver avant! J’achète. L’Aqueduc, le métro de Montréal, on va en faire des folies si je suis élu. (Le payant) $500. monsieur Duchesneau?

Duchesneau. - Pour vous, monsieur Legault, on va dire $300.

Legault. - Le transport en commun, pas polluant, mais chèrant. Ça va renflouer les coffres de la province.

David. - C’est à notre tour. Ah! non! Amir! Six! Six!

Legault (fier). - Ah ah! Les Solidaires! Sur l’Aqueduc. Faut payer les compteurs d’eau!

Khadir. - Il emporte tout. Notre argent, l’Hydro et Via Rail. Ça nous éjecte de la partie.

Lutfi. - Bwawo. Lé Kommuniss dewors! C’é à missié Ausang à jouer.

Aussant. - Encore! J’étais si bien dans mon petit cottage. Bon. Les dés. (Il les lance)  Un, encore!

Charest - C’est un vrai miracle. C’est la deuxième fois qu’il a un un avec deux dés! Pis y tombe sur mon train d’Orford-Magog. Ça fait presque pitié de plumer ce malheureux… Mais la loi c’est la loi. Envoye ton fric, ton bungalow, pis tes fringues. On va te laisser un baril à bretelles pour l’honneur!

Lutfi. - La pawtie sé cowse avec lé départ des Kommuniss et du Sépawatiss. Ne restes plus qué lé zhefs. Au touw de missié Zhawè.

Charest. - Bon. Faut sortir de prison pour reprendre la partie. Qu’est-ce qu’on va récolter!. Oh! un deux! Et je rachète l’Hydro des Solidaires. Peut-être que le temps de renvoyer ça à l’entreprise privée est arrivé, après tout. J’aurai besoin de c’argent-là si jamais j’suis défait dans Sherbrooke, à cause du barrage de la Marois. Faut que j’y pense.


Lutfi. - Mistwess Mawois, c’é à vot’ touw dé lanzé les dés.

Marois. - Quatre! Ah! J’arrive à Gaspé. À part du rocher, y a rien-là qui m’intéresse. Bah! j’vais me construire un château sur le rocher, avec ascenceur qui part du trou. (Elle donne $500 à Duchesneau) Ça sera mon nid d'Aigle. Tiens, je l’achète ton maudit rocher, mais malheur au fou du bassin qui va venir se percher dessus.  (Songeuse) J’y installerai une ou deux de mes coiffeuses.

Lutfi. - Allez-y missié Légo, c’é à vot touw.

Duchesneau. - Mon François, t’es prêt pour ta p’tite tune.

Legault. - Ah! non! Là, ça suffit. Faut être un peu sérieux en politique, monsieur Duchesneau (riant déjà et commençant à s'étouffer) Non, non, commencez pas ça, par pitié. (Il essaie de se boucher les oreilles)

Duchesneau (chantant);
C’est en revenant de chez Legault
Kahin, Kaha, Kawin et Kawak
J’y ai mis, ma matraque dans l’trou d’pet,
Tawin, Tawan, Tawun, Tapon, Tpppll
C’est en revenant de chez Legault. Boum Boum Boum.

Legault se met à étouffer. Son visage passe par toutes les couleurs du logo de la CⓇAQ.
Lutfi. - Missié Légo! Missié Légo! Il né va pas twès bien, je cwoi. Il è bleu… (Charest, Marois et Duchesneau s’approchent de Legault dont le corps, jeté par terre, est secoué de convulsions).

Marois. - (Fébrile) Je crois qu’il demande à revenir au P.Q. avec c’te couleur-là.

Charest. - Non, attend Pauline, je crois qu’il vire à l’orange.

Marois. - C’est le foie. J’le savais. Y'a jamais été ben fort de l'estomac.

Charest. - Non. Non. Regarde, il devient tout rouge. (Enthousiaste) Il demande son adhésion au Parti Libéral.

Duchesneau. - Vous prenez tous vos rêves pour la réalité. Vous voyez pas, il est déjà vert. Ça veut dire qu’il est en train de pourrir. Y é mort. Game is over.

Tout le monde s’en va, sauf Lutfi, en sanglot, qui reste penché sur le corps de Legault.

Lutfi: - Voilà pa’ sa mowt un zacun satisfait, Ziel offensé, lwa violées, fill’ séduiwt’, famill’ déswonowées, pawents outwagés, femm’ miz à mal, mawis poussés à boutte, touw le monde è content; il n'y a qué mwa seul dé malheuweux, qui apwès tant d'années de sewice, n'é point d'aut’e wécompens’ qué dé woir à mes weux l'impiété dé mon maît’e, punie paw lé plus épouwantable zhâtiment du monde. Ah! mes gazes! mes gazes!…⌛

(N’hésitez pas à commenter ma boussole électronique:

Le plus politiquement vrai:   Débat  ☐   Monopoly politique ☐

Le plus politiquement instructif: Débat ☐    Monopoly politique ☐

Le plus divertissant:    Débat ☐   Monopoly politique ☐

Celui où vous sentez que vous avez perdu le moins de temps à suivre:
Débat ☐   Monopoly politique ☐)

Montréal
18 août 2012

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