VENEZ PARTICIPER AU FORUM DE LA SOCIÉTÉ D’ÉTUDES ET DE RECHERCHES EN PHILOSOPHIE DE L’HISTOIRE (S.E.R.P.H.) À L’ADRESSE FACEBOOK : https://www.facebook.com/groups/SERPH/?pnref=story

POSEZ DES PROBLÉMATIQUES,
SUGGÉREZ DES DÉBATS,
RÉPONDEZ ET INTERVENEZ DANS LES DISCUSSIONS EN COURS.
C’EST GRATUIT, ET POUR AUTANT QUE VOUS VOUS INTÉRESSEZ AUX QUESTIONS DE CIVILISATIONS, DE CULTURES, DE SOCIÉTÉS, IL VOUS SERA POSSIBLE D’ÊTRE UN SPECTATEUR ENGAGÉ DANS LE MONDE EN CE PREMIER XXIe SIÈCLE.

mercredi 8 août 2012

Eliot Ness et le gros docteur


ELIOT NESS ET LE GROS DOCTEUR
 
Cela ne fait pas une semaine que nous sommes en «érection», comme dirait le sémillant Stephen Harper, que les meilleurs coups ont déjà été frappés. Décidément, le Festival Juste Pour Rire se poursuit sur un ton à peine légèrement différent. Et celui-là, ce n’est pas Gilbert Rozon qui l’a organisé. Voilà peut-être pourquoi les jokes ne font plus rire personne.

D’abord Jean Charest et sa promesse du plein emploi. Il tape même un clin d’œil au célèbre chiffre mythique de Robert Bourassa en 1970, la création de 100 000 emplois, en montant les enchères à 250 000 emplois pour… 2017, c’est-à-dire la date de la prochaine élection provinciale. Inutile de dire, avec ou sans Plan Nord, ces chiffres ne sont que du vent. Un tien vaut mieux que deux tu l’auras, et au cours des huit dernières années, côté emploi, les Québécois n’ont pas eu grand chose. La stratégie grossière des Libéraux se limite à deux pinces de homard : la crise étudiante (Jean Charest croit avoir fait une découverte en affirmant que la grève étudiante n'est pas une grève puisque l'État n'est pas employeur des étudiants et que les étudiants ne sont pas des employés de l'État (vérité de Lapalisse), mais qu'il s'agit d'un boycott des cours par «certains clients» au détriment de la majorité de la clientèle, dit-il), et l'autre pince, l'oubli pur et simple de la corruption sous laquelle son gouvernement serait probablement tombé un mois plus tard, après les révélations des incorruptibles de la G.R.C. et de la S.Q. …du moins s'ils s'en trouvent encore parmi eux pour témoigner devant la Commission Charbonneau.

Sur la question étudiante, les média félicitaient le Premier ministre d'avoir conclu une «entente» avec les enseignants du niveau collégial pour compenser le temps supplémentaire et les accommodements qu'exigent des temps hors normes d'enseignement (le soir tard ou les samedis). À CONDITION, toutefois, que les enseignants se refusent d'appuyer les étudiants en grève et soient présents en classe pour recevoir les jeunes étudiants assoiffés de savoir. Évidemment, on peut s'étonner qu'une mesure qui va coûter des millions de dollars ne suscite pas l'interrogation suivante : d'où sort-il cet argent et pourquoi, en temps ordinaire, n'en a-t-il pas pour améliorer les conditions d'enseignement au collégial et à l'université? Non seulement, ce qu'il achète n'est rien d'autre que la conscience des enseignants, dont il estime le prix afin de sauver sa politique, mais en plus il contredit la gravité même qu'il suppose à l'origine des problèmes du financement universitaire. Cette somme nouvelle, ainsi que toutes les sommes qu'il a refilées à son copain Gérald Tremblay maire libéral de Montréal pour les heures supplémentaires de la spvm, et surtout les Oberschtroumpfsfbannführer masqués munis de matraques parce que menacés par les étudiants avec leurs casseroles comme armes de destruction massive, cette somme donc, il ne l'a pas tiré du versement des augmentations de frais de scolarité de cette année. Il y a donc bien de l'argent à Québec. Et beaucoup plus d'argent qu'on ne nous laisse croire (ponctions de l'Hydro, de la Lotto, de la S.A.Q., des taxes et des impôts + les coupures de services, le remboursement de la dette, l'imbroglio administratif…). Cet argent, il est caché, tout simplement. Ce n'est pas celui que l'on sort en cas de cataclysmes naturels (comme pour les inondations du Richelieu ou les villes frappées par une tornade) et autres dépenses imprévues, puisqu'à chaque budget il y a une enveloppe votée par le Parlement en vue de pallier aux dépenses extraordinaires. Cet argent caché sert donc bien à des dépenses non signifiées dans le budget. Jean Charest n'est pas un Premier ministre machiavélique, c'est un Premier ministre scélérat, à l'image de sa loi.

Qu'est-ce que ça veut dire? Jean Charest, contrairement à ses admirateurs comme à ses détracteurs, n'est pas un personnage machiavélique, du moins, pas tellement plus que la moyenne des ours de Yellowstone. Même s'il se soucie peu d'être aimé et préfère être craint; plus personne ne le craint et le peu d'amour qu'on lui présente vacille entre l'apitoiement sur soi et la servilité. S'il avait été ce Père archaïque auquel Machiavel faisait référence dans la politique du Prince, il aurait tout simplement annulé la session d'hiver 2012. Les étudiants seraient rentrés chez eux; ils auraient perdus leurs frais de scolarité; la mauvaise humeur des parents serait passée comme tant d'autres mécontentements ont passé durant ces neuf dernières années d'ennuyeux gouvernement, et les universités auraient encaissés les montants tout en limitant les dépenses d'entretiens des infrastructures. Plutôt qu'avoir des dépenses supplémentaires, elles auraient économisé de l'argent! La colère des étudiants auraient tourné contre leurs leaders et l'automne suivant, tout serait rentré dans l'ordre. Ce n'est donc pas un lion machiavélique, car il a plutôt l'envergure du renard, ce qui convient à quelqu'un qui se montre piètre «chef d'État». Comme tous les scélérats sadiens, Charest est un lâche. C'est la marque de commerce des Premiers ministres libéraux depuis Jean Lesage, Bourassa, Johnson fils, Charest. Leur opiniâtreté qui finit toujours par vaciller,  leur obstination puérile, bloquent toute circulation affective sans laquelle une collectivité ne peut tenir ensemble et ce, tant au niveau constitutionnel qu'au niveau socio-économique. Transformer des porteurs d'eau en des dresseurs de lignes pour le transport de l'électricité jusqu'aux États-Unis, c'est toujours s'en tenir à la lettre et à l'esprit du Rapport Durham de 1839. Se buter sur des réformes constitutionnelles qui ajoutent aux dépenses du Québec sans diminuer celles qu'entraînent le coût d'appartenir au Canada est également un blocage stérile. On peut bien envoyer des policiers de la S.Q. tabasser des carrés rouges, il n'y a rien de courageux là-dedans. Assaillir un adversaire en le ligotant prématurément par une loi qui mutile son droit, c'est le mode des sévices appliqués à la malheureuse Justine de Sade. Acheter la conscience des enseignants équivaut à demander aux clercs de fermer les yeux sur les mesures moralement douteuses avec lesquelles le gouvernement use du droit et de la loi. Comment ensuite enseigner la vérité aux jeunes esprits quand soi-même on a corrompu son intégrité morale pour des bonus ou même pour un «ajustement salarial». À côté du pacte signé par Faust avec Méphisto, cette compromission est plutôt minable de la part des enseignants et ignoble de la part d'un gouvernement. La scélératesse de l'équipe libérale, avant comme après le déclenchement des élections, invite à la fameuse trahison des clercs dont parlait Julien Benda. Qu'un sous-clerc comme Léo Bureau-Blouin succombe aux charmes de la sirène, ça lui apprendra. Que des enseignants diplômés, critiques et moralement honnêtes, acceptent de signer le pacte avec le diable, c'est toute la crédibilité de la transmission du savoir qui vient d'être jetée aux corrompus. Le propre de tous scélérats, c'est de faire participer le plus de monde à leurs scélératesses.

Le vent souffle par contre sur les voiles de la CAQ. Les anciens adéquistes sont réduits aux jobs de fond de cales sur le navire piloté par François Legault. Celui-ci préfère le doter d'une fameuse figure de proue, Jacques Duchesneau, l’ex-policier placé par Charest à la tête de la commission anti-corruption dans le milieu de la construction, et dresser un gros mât avec le docteur Gaétan Barrette, médecin radiologiste, ancien président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, en vue d’attirer les familles et les personnes âgées soucieuses de leur santé, angoissées par un manque (fictif ou réel) de médecins dits «de famille». Bref, Barrette est à la CAQ ce que Léo Bureau-Blouin est au P.Q. L’un pour les gens âgés, clientèle potentielle de Legault; l’autre pour les jeunes, clientèle visée par Marois. Si le plus jeune n’a rien encore à annoncer que sa cheftaine n’ait pas dite, le docteur Barrette y va de promesses qui défient l’entendement. En deux ans et demi, tous les Québécois devraient être dotés d’un médecin de famille - même ceux qui n’en veulent pas? - et les empêcheurs de tourner en rond qui auraient retardé depuis plus de vingt ans le rendement des listes d’attente seraient évacués. Bref, tout le monde sera soigné et plus personne n’attendra pour accéder aux services de santé indispensables. De Thérèse Lavoie-Roux à Jean Rochon, à François Legault (eh oui!), à Pauline Marois, au docteur Couillard et au docteur Bolduc, le rouleau (compresseur?) Barrette va aplanir toutes les difficultés, sans nous dire toutefois où il prendra l’argent, ni comment, pour accomplir ce miracle. De sorte que le navire de l’équipage de la CAQ risque de se traduire en véritables Pirates des Caraïbes du Saint-Laurent!

Mais la grande vedette, c’est Jacques Duchesneau, excellent dans la parodie de lui-même au dernier Bye-Bye. Il est, en effet, devenu une vedette télé, ce bon policier bonhomme qui n’a pas la face de cet apprenti Bénito de Montréal, Robert Poëti, que Charest a débusqué pour Marguerite-Bourgeoys. Ce n’est là qu’une autre des ignorances de notre histoire qui habite l’ex-premier ministre de choisir un policier dont la réputation s’est faite dans sa lutte médiatique contre les étudiants au carré rouge en le plaçant dans le comté qui rend hommage à la fondatrice de la première école de Montréal! Il est vrai qu'il voulait Clément Gignac pour défaire Agnès Maltais dans Taschereau afin que ce comté, qui porte le nom d'un autre libéral corrompu, vaincu par l'enquête des comptes publics menée par Duplessis en 1936, revienne dans le giron du nouveau château-fort libéral de Québec. De fait, on a jamais vu autant de policiers sur les listes de candidature électorale. Serait-on en train de devenir une véritable République de Bananes dans le bon vieux temps où les dictateurs populistes rassemblaient des opposants dans des stades pour ensuite leur faire faire un voyage en hélicoptère (aller simple, cela va de soi) au-dessus de l’océan? Quoi qu’il en soit, pendant que Legault triomphait, Charest sortait sa mine de déconfis (ce qui ne lui arrive pas souvent) tandis que Pauline Marois dressait le frêle Nicolas Girard comme le «tortionnaire» de la conscience des Libéraux corrompus. Comme si ces gens-là avaient une conscience à torturer! Elle-même, qui avait déjà reniflé l’ex-policier, était personnellement vexée de son échec et s’est enfuie devant les caméras et les micros lorsque les journalistes voulurent l’interroger sur cette candidature-vedette de son adversaire, le très sous-estimé Legault. Pauline Marois n’a présenté qu’une fuite de péteuse. De toute la semaine, c’est le Parti Québécois qui a fait la plus triste figure, et ce ne sont pas mon onc’ Jeff ni B-B. qui ont l’expérience de relever ce profil bas. Si la tendance se maintient, il n’est pas besoin de faire comme Madame Soleil et regarder dans la craque des fesses pour prédire que le Parti Québécois formera le troisième parti en Chambre dans un mois.

Pour le triomphant Legault, sa figure de proue reste l’Eliot Ness des Québécois. À l’écoute de cette référence, un candidat péquiste a dit que son parti était rempli d’Eliot Ness. Évidemment, tout le monde pensait au film The Untouchables de Brian de Palma, et les plus vieux à Robert Stack dans la série du même nom. Par cette référence, Legault et Cie font appel au souvenir de l’incorruptible inspecteur de police qui a réussi à mettre Al Capone derrière les verrous en scrutant ses rapports d’impôt (ce que n’a pas fait personnellement Ness). Ce que n’a pas fait non plus Jacques Duchesneau et ce que fera la G.R.C. et la S.Q. Duchesneau n’a fait que mettre la table et surtout vendre une image d’intégrité dans un régime politique qui n’en avait plus. Pour l’avoir mal traité, Charest s’en est fait un ennemi personnel qui a rejoint la CAQ au bon moment. Duchesneau a même poussé l’intégrité jusqu’à scruter le financement de la Coalition Avenir Québec pour s’assurer qu’il ne se ferait pas prendre au piège par ses adversaires. Cela, il faut avouer que peu de candidats se permettent une telle intégrité morale lorsqu’ils se lancent en politique!

Mais là où, dans les faits, Duchesneau ressemble à Eliot Ness, c’est par sa logorrhée intarissable. Aucun chef de police n’a jamais bénéficié autant des plateformes médiatiques pour raconter tout et rien sur ses enquêtes. Son passage devant la juge Charbonneau n’a pas été sans défaillances. Le mandat confié par le gouvernement était si mal géré qu’il a fallu qu’il paie de sa poche certains équipements de base pour enregistrer des dépositions. C’est sa façon de prendre personnellement à cœur sa mission que Duchesneau passe pour une sorte d’émule de Pacifique Plante des années 1950, à l’époque où, encore jeune, Jean Drapeau avait la réputation d’être un avocat intègre qui poursuivait la pègre de Montréal et la corruption des conseillers municipaux. Devenu maire de Montréal, on se souvient de ce qu'il en a été!

Brian de Palma. The Untouchables

John Kobler, le grand biographe d’Al Capone écrit ainsi sur Eliot Ness : «Pourquoi une équipe spéciale d’agents de la prohibition? Parce que peu de fonctionnaires s’étaient révélés aussi faciles à acheter que les premiers agents de la prohibition, recrutés à la hâte, manquant de formation professionnelle et mal payés. Il en fut ainsi durant les sept premières années, quand cette administration resta sous la coupe du ministère des Finances. Mais en 1928 elle fut transférée au ministère de la Justice. C’est alors qu’elle embaucha Ness, ancien élève de l’université de Chicago, âgé de vingt-six ans, et le chargea de la région de Chicago. Il s’entoura d’agents après avoir étudié leur dossier et choisi ceux qui n’avaient pas de “talon d’Achille”. Il en trouva neuf, tous âgés de moins de trente ans et qualifiés soit pour le tir, soit pour la conduite de camions, soit pour l’écoute téléphonique. Bien des années plus tard, le livre et la télévision mélodramatisèrent les exploits de Ness et de ses hommes sous le titre Les Incorruptibles. Ce sobriquet leur aurait été donné par le milieu, parce que il était impossible de les corrompre ou de les effrayer. Même si on a exagéré par la suite l’efficacité de ses opérations, cette équipe infligea certainement de lourdes pertes financières à Capone. Elle recueillit assez de preuves pour le faire inculper, lui et bon nombre de ses séides, pour conspiration dans l’intention d’enfreindre la loi Volstead [sur l’interdiction de la vente d’alcool]. Mais, quoi qu’ait dit Ness, elle n’a pas asséché Chicago et ses vingt mille débits de boisson clandestins. Elle n’est pas non plus venue à bout de Capone. Ness aimait se mettre en vedette. Il communiquait à la presse ses plans de bataille et, souvent, lorsqu’il assiégeait une brasserie de Capone, les photographes de presse étaient sur les lieux. Ces procédés réduisaient évidemment l’efficacité des perquisitions. Au contraire, les agents du fisc s’entourèrent d’un tel secret et agirent si habilement que l’un d’eux parvint à s’infiltrer dans le gang de Capone» (J. Kobler. Al Capone et la guerre des gangs de Chicago, Paris, Robert Laffont, 1971, pp. 326-327).

Comme Ness, Duchesneau parle beaucoup et de ce qu’il dit, nous ne l’entendons pas de la même oreille que les principaux intéressés peuvent l’entendre. Voilà pourquoi la G.R.C. hésitait à remettre des dossiers à la Commission Charbonneau. Il suffit de quelques mots, de quelques allusions pour que ces «principaux intéressés» changent de stratégies et mettent les évidences à l’abri ou les détruisent tout simplement. Pas plus que Ness ne parvint à «assécher» Chicago, Duchesneau et Charbonneau ne parviendront à «épurer» l’industrie de la construction où la culture de la corruption est établie depuis ses origines et touche aussi bien les entrepreneurs que les syndicats. C’est un monde à part, à l’exemple du monde des financiers qui parasite celui de l’économie. Duchesneau a beau être une fameuse figure de proue, mais jamais une figure de proue n’a fait le navire.

Ceux qui suivent la campagne électorale s'en sont vite rendu compte dès le lendemain où Duchesneau, l'incorruptible, s'adressait aux médias. Du coup, il nous apprenait qu'il désignerait, survenant l'élection de la CAQ au gouvernement à Québec, quatre des ministres les plus susceptibles d'être sollicités par la tentation de la corruption une fois au pouvoir. Évidemment, la chose n'a pas plu, ni aux potologues, ni à François Legault. La prérogative de nommer les ministres revient au Premier ministre SEUL. Que déjà Duchesneau ait avoué qu'il conseillerait Legault avant la nomination, Jean Charest s'est précipité sur la bourde. «Dorénavant, François Legault à la CAQ va s’occuper du compte Twitter et il va faire des cocktails de financement et Jacques Duchesneau va s’occuper du reste». Et encore là, l'heureux chef libéral n'avait pas lu le twitt de Legault où, agitant ses doigts pleins de pouces, il twittait à cent mille à l'heure le message suivant : «Contrairement à ce qu'écrit le désespéré JFLisée, j'écris tous mes tweeds moi-même». Évidemment, M. Charest peut bien prendre les conseils de qui il veut, surtout si ce n'est pas d'un élu, avant de désigner les titulaires de ministères, mais cela relève du «secret d'État»!

En fait, Duchesneau comprend le ministère comme un poste de police de quartier. Il y a le supérieur du poste de police, puis il y a les différents inspecteurs chargés ici des narcotiques, là des meurtres, ici des attentats à la pudeur, là des violences conjugales, ici du tapage nocturne, là de la sécurité publique. En tant que conscience morale de la propreté de la loi, il se doit d'étudier, comme Eliot Ness, tous les dossiers de ses adjoints. J'ignore si Duchesneau a lu la biographie de Kobler, mais sa méthode de faire est exactement celle décrite par le biographe de Capone. Mais un gouvernement n'est pas un poste de police, pas plus que ce n'est un hôpital qui déniche des médecins de famille sous le sabot d'un cheval. Sur ce point, Duchesneau et Barrette rejoignent la vieille intention de tous les partis de droites. Diminuer les impôts pour les familles qui touchent moins de $100 000 dollars par année en congédiant des employés qui font moins de $75 000 au service de l'État. Évidemment, entre choisir de payer moins d'impôts et perdre sa job ou payer plus d'impôts et garder sa job, on devine ce que les fonctionnaires (à tous les niveaux) vont favoriser. Si un Président aussi tenace que Ronald Reagan n'est pas parvenu à amincir la taille de l'État américain, ce n'est pas en fuckant avec Monsieur Net que la taille minceur de l'État va se concrétiser avec un gouvernement François Legault.

Entre les sycophantes du Parti Québécois et de la CAQ et l'obésité morbide des enveloppes brunes versées au Parti Libéral, la part du savon qui lave plus blanc que blanc est passablement réduite. Les délires électoraux ne font à peine que commencer et l'on sait déjà que c'est par pure perte. La figure de Proue et le Gros Mat risquent de peser lourd sur la navigation de la corvette Legault dans la mer électorale. Comme Moby Dick coulant le Pequod des péquistes et disloquant l'équipage libéral, il y a loin de l'écume à la bouche des Caquistes. L'avance prise sous des vents favorables dépend uniquement de l'habileté du capitaine, habileté dont on est grandement en droit de douter. Déjà, des signes inquiétants laissent croire que l'eau à bord est déjà croupie et que des vers minuscules rongent les biscuits secs. On a vu des équipages entiers être pris d'accès de folie, l'esprit dérangé par l'empoisonnement, intoxiqués aussi par la grandeur du navire sur l'immensité de l'océan. Inutile de préciser que tout cela se terminait dans un naufrage en plein océan, quand ce n'était pas l'équipage lui-même, pris de folie, qui envoyait la corvette s'échouer sur un écueil. En tous cas, les navires compétitifs n'hésiteront pas à aider l'équipage de la corvette à se montrer plus audacieux en la précipitant tout droit sur les récifs⌛

Montréal
7 août 2012

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire