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mercredi 18 juillet 2012

Diarrhée électorale sur le Québec

précédée d'une revue de presse et suivie d'une transcription d'une édition spéciale du Club des Ex.
(Il serait préférable, suggère Claude Morin
aux lecteurs, que ce texte soit lu par étape,
afin de favoriser une mûre réflexion et ne
laisse pas ses rires (ou ses sanglots) l'épui-
ser jusqu'à émousser son plaisir honteux.)
 
Revue de presse

La meilleure analyse de politique positive depuis Le Prince.
Nicolas Machiavel
Newsweek

Ce reportage nous dit enfin toute la vérité sur les mœurs politiques du Québec et la cause de son échec à parvenir à la dictature nationale socialiste.
Joseph Gœbbels
McLean’s

Avec Diarrhée électorale sur le Québec , nous sommes obligés de convenir que l’«infâme» a troqué le collet romain pour la cravate politique. Mais cela ne change rien à l’appel : «Pendez l’infâme!»
Voltaire
The New Yorker’s

Il faut que je sois honnête, Diarrhée électorale… jette une ombre sur l'ensemble de toute mon œuvre philosophique et politique.
 Raymond Aron
Les Temps modernes 
 
Ce texte m’oblige à réviser de fond en comble mon Introduction à la politique. Diarrhée électorale sur le Québec fait avancer d’un bon prodigieux vers l’avant tout le domaine des sciences po.
Maurice Duverger
Esprit

Si un texte de la valeur de Diarrhée électorale sur le Québec avait été publié en Allemagne aux élections de 1932, Hitler n'aurait jamais accédé au pouvoir, il n'y aurait jamais eu de Seconde Guerre mondiale, et Adolf Eichmann aurait fini agent de recouvrement chez Bell Canada.
Hannah Arendt
The Jewish Post & News

Cent fleurs fleuriront pendant
Que nous courrons après le loup gris.
Et un million de pies s’abattront
Quand nous chanterons : «qui croyait prendre a été pris»
Mao Tsé-Toung
La Forge
 

DIARRHÉE ÉLECTORALE SUR LE QUÉBEC

Toute urne électorale est déjà une urne funéraire de la démocratie
 Jean-Jacques Rousseau


Elle pourrait se dérouler à l’image de toutes les élections précédentes. Pourtant, ce que nous attendions comme une logorrhée intarissable d’arguments pro domo et de hargnes rancunières s’est accrue au point que nous devons bien nous rendre à l’évidence : nous sommes passés d’un orifice à l'autre.

Nous en recevons de pelotées en pleine figures. Nos oreilles sont obstruées jusqu’au tympan. Une croûte épaisse s’est formée sur nos paupières et oblitère notre regard. Nous déambulons comme d’inquiétants zombies, tendant une main devant nous afin de ne
Paul Delvaux. La ville inquiète
heurter personne. Nous perdons pieds dans des flaques fangeuses et nous nous ramassons sur le derrière, en pleine rue. Nous portons notre mouchoir à la bouche, sur les narines, tant l’odeur est infecte et que les parties liquides remontent sur nos lèvres pour s’infiltrer dans la bouche. Même chaussés de hautes bottes, les enfants se prennent les pieds dans les masses glaiseuses et ne peuvent se dégager, mourant lentement, asphyxiés par les émanations putrides. Malgré les cris, les appels de détresse, nous restons impuissants devant ces chutes gélatineuses de masses brunes verdâtres provenant de ce mammouth rose géant qui flotte, en suspension comme un ballon, au-dessus du Québec et atteint d’un flux constant et incontrôlable. La province tout entière se voit convoquée pour le scrutin électoral, d’où que d’ici-là, si nous n’en suffoquons pas tous, tous nous en seront imbibés jusqu’aux moelles. C’est donc dire qu’on en mange toute une! Mais, restons calmes, soyons objectifs, tempérés. Le dégoût ne doit pas détourner notre regard de franc observateur de cette masse pluvieuse, incontinente. Comme on dit, à Montréal, à un quèteux qui fouille une poubelle publique : «c'est dans le fond que se trouve le meilleur».

C’est donc sous cette pluie mottonneuse que j’ai décidé de me balader durant la campagne d’été, pour voir comment nos partis politiques se préparaient à la rencontre du peuple électeur et de ses candidats prêts à nous éclabousser pendant un mois dans les soupers spaghetti (qui ne manqueront pas de sauces) et autres virées pornocratiques électorales.

Puissance et misère des courtisans.

 
Il n’y a pas à dire. Ils sont en feu nos libéraux provinciaux! Cet été, je me suis payé tous les maudits pique-niques de financement de la campagne du Parti, où on y rencontrait des tas de gens épatants : gras, juteux, dégoulinants de sueurs nauséabondes dissimulées sous le parfum Brute extra… Y’a rien qu’Accurso dont on a refusé la présence. Que de conversations sympathiques et de bon goût. Ainsi, un de ces soirs du mois de juillet, par une chaleur humide intense, j’aidais quatre super-ministres à rôtir les saucisses, les bergers, les morceaux de poulet et les pains. J’ai particulièrement en mémoire cette discussion entre Jean-Marc Fournier, Raymond Bachand, Robert Dutil, Yves Bolduc et Sam Hamad. Je vois encore le multicolore ministre Dutil contourner son collègue Fournier, occupé au grill à retourner les saucisses. Il répandait une sauce chili sur les bergers, ce qui dégageait une grosse vapeur d’eau.

Dutil (à Bachand) : - Ce qui te sauve, toi, c’est que tu mens comme tu respires!

Bachand (il sourit tout en apportant un gros bol de salade, puis, en revenant à Dutil.) : - Mais il n’y a pas moyen de faire autrement! Robert, le mensonge est la vase de la vie politique, comme c’est le ciment de la vie sociale. Refuser le mensonge, ce serait aller au prochain congrès du Parti, rencontrer un de nos éminents candidats (rires généralisés, avec les Hon! Hon! de Sam), qui vient de passer tout l’été à convaincre ses électeurs sur les bienfaits de la loi 78, et lui dire que la loi 78, il peut se la rouler très serrées et se la fourrer… lentement… dans le cul.

Fournier (avec un air horrifié) : - Pas la loi 78!

Bachand (en hochant la tête avec componction, puis éclatant de rire) Au lieu de ça, on lui serre la main avec affection en disant : Campagne bien méritante, mon cher! Vous pouvez être assuré de votre report à la candidature pour la prochaine élection!

Dutil (se grattant la figure) : - Démarche prodigieuse!

Fournier (imitant le député félicité): Vous êtes satisfait, c’est vrai?

Bachand : - Initiative brillante! Je n’aurais pas fait mieux…

Fournier (en parodiant) : - Vraiment, messieurs, vous me mettez mal à l’aise!

Bolduc (plus sérieusement) : Vous riez, mais la chose est désormais possible. C’est une nouvelle technique que nous allons développer au futur CHUM : la libéraloplastie.

Fournier : Et en quoi ça consiste?

Bolduc : (Le plus sérieusement du monde, avec ses mains il décrit les gestes de l'opération.) À élargir le corridor du gros intestin pour en faire sortir plus… Enfin, vous savez quoi messieurs. Comme il l’a dit. Vous prenez la loi 78, vous l’enroulée serrée-serrée, puis vous commencez à l’engager dans l’anus. Et vous remontez, en suivant le mouvement sur l’écran de l’entéroscope, de manière à ce qu’elle pénètre dans le rectum le plus profondément possible.

Fournier : Ah! c’é t’écœurant ! (Il fait rouler des saucisses sur le grill.)

Bolduc : Ensuite, vous demandez au patient de se retourner à demi et à lever une cuisse (Fournier retourne une cuisse de poulet) afin de faire contourner la loi dans le colon descendant, opération très délicate. Et l’on remonte le plus loin possible. (il prend un couteau) Ça prend une main experte pour parvenir à tourner le coin du colon transverse, puis encore au colon ascendant, le plus difficile. Après, ça descend tout seul  (étendant du beurre dans les pains hot-dogs et humbergers), comme du beurre sur du pain. Enfin, lorsque l’extrémité de la loi atteint le cæcum, vous pouvez relâcher le resserrement de la loi 78 qui permet alors de désobstruer la décharge de l'intestin grêle.

Fournier : Bref, c'est faite pour faire chier le monde… (Tout le monde rigole.)

Bolduc : (toujours sérieux) C'est une intervention qui rend possible un écoulement constant de fèces plus abondantes, oui. Ce n'est pas une intervention douloureuse ni très longue, elle blesse seulement la dignité du patient, mais comme tout le monde aujourd'hui se montre le cul pour une raison ou pour une autre, quel Québécois irait se plaindre pour une entorse à sa dignité.

Fournier : Un bon moyen pour rendre incontinent c't'opération-là?

Bachand : Ça doit prendre un gastroentérologue avec du doigté pour opérer de telles manœuvres aussi délicates, je suppose?

Bolduc : Oh non! Un juge du Québec peut tout aussi bien faire l’affaire…


(Nous rions tous)

Bachand :  En fait, on fait un peu déjà la même chose avec la police.

Dutil : - Justement, j’ai pris un gros taupin de la S.Q. pour le planter à l'entrée du parc. (En se grattant la joue, des freckles tombent dans la salade.) Je lui ai dit: «Si tu vois un maudit carré rouge, arranges-lui la face pour qu’y reparte avec un deuxième…

(C’est à se torde; Sam est plié en deux et morve entre ses Hon! Hon!)

Fournier : - Sam! Va donc me chercher des chips au vinaigre, pour le Premier ministre. Fais ça vite! Y va arriver d’une minute à l’autre… (Sam se met à courir vers la cantine). Si les physiciens ont trouvé leur boson de Higgs, nous autres on est pogné avec notre bozo de Charest! (Tout le monde rit. Puis, lâchant à la volée) Sam, amène-moi le ketchup aussi, si t’as pas assez de tes deux mains, sers-toi de tes dents!

Sam : - Hon! Hon!

Dutil : - Arrangé comme il est là, il pourrait servir de cerveau pour l'institut Fraser. Il est déjà tout équipé.

Bachand : - Moé, être séparé du Canada, je serais pas capable de vivre ça. Les hurlements des nationalistes, les menaces d’invasion des fédérastes, les sanglots de Justin Trudeau. Faire de nouvelles frontières, séparer des actifs et des passifs, se chicaner sur le droit de passage sur le Saint-Laurent. Pas capable! J’ai des hauts-le-cœur rien qu’à y penser.

Fournier : - Faut penser ça comme une stratégie de péquistes, pour que le Québec reste fort dans un Canada uni. C’est plein de fédérastes qui viennent décaper des vieux chalets de péquistes; des péquistes qui vont en construire des nouveaux pour des fédérastes; les mêmes qui viennent partager leurs condos en Floride, faire du pédalo au lac Memphrémagog ou du ski de fond à Tremblant, sans oublier ceux qui font de la chasse à Anticosti. Quand ce n’est pas faire la tournée des sex-shops de Montréal - on parlera pas de ceux de Québec, hein mon Sam? (Sam se met à faire des Hon! Hon!) - Ils s’achètent des menottes à chaînes constitutionnelles, du cuir de peaux de vaches de l’Ouest, des lubrifiants à l’huile de phoque de Terre-Neuve, je sais pas moi. Ou nous faisons ensemble des échanges entre nos femmes; des petites orgies de sous-sol, à Laval, avec la bénédiction du maire Vaillancourt déguisé avec un out-fit d’archevêque, la crosse pis la tiare, envoye donc! N’importe quoi pour éviter l’ennui mortel des débats plates en Chambre.


Bachand : - La vie même est un compromis, Jean-Marc. Moi ça fait quelques années que j’ai viré capot, et je dois dire que je passe des moments de grâces avec Flaherty rien qu’à parler d’économie.

Dutil (qui égraine toujours ses freckles dans la salade.) : Ouais! À parler de ses seins, de ses fesses, de son mont de Vénus? (Tout le monde se tord de rire).

Fournier : Dutil, arrêtes donc d’égrainer tes maudits freckles dans le bol à salade. C’est dégoûtant. On a pas à manger tes restes de zona, sacrament!

Bachand : - Qu’est-ce que tu veux, Robert! Économie, c’est la danseuse-vedette de chez Paré. Jim en est fou, lui qui sort pas souvent de son Ontario puritain. Quand on se rencontre à Montréal, il veut absolument voir la super danse-poteau d’Économie. Tu devrais le voir, un petit garçon dans un magasin de gros bonbons, sortir ses bills de 100 et de 50 et les lui fourrer dans le string. (Éclats de rire.) Il fait mettre ça sur le compte des dépenses du ministère des Finances pour «souper d’affaires». Il a compris la leçon des commandites, lui.

Dutil : - Bref, un mélange harmonieux de Vincent Lacroix et de Bev Oda, Sex, Drug and Rock'n Roll.

Bachand : - En tout cas, c’est un succès, car toute l'assistance se roule à terre rien qu’à le voir faire!

Fournier : - C’tu vrai que c’est une diplômée en danse de l’UQAM? Elle doit porter le carré rouge!

Bachand : - Elle en porte cinq, pour ton information : deux en avant et deux en arrière. Quatre gros «carrés» rouges, que Jim s’emballe à aller lui soulever, lentement, très lentement, avec sa langue en glaise. Mais c'est au cinquième que tu devrais le voir baver. Ça coule des deux côtés des lèvres.

Fournier : - Lesquelles? Des siennes ou celles de la fille? (Les autres : ah ah ah!)

Bolduc : Vous devez pas vous ennuyer quand vous parlez de «plans budgétaires» pour «l’année fiscale» en cours…

Bachand : Inquiètes-toi pas Bolduc, si tu voyais le montant qu’il lui met dans le derrière, il dit que ça, c’est pour la santé!

Dutil (pendant qu’il se verse du Pepsi dans un verre en plastique) : - Mais moé, j’ai pas de raison de divorcer du Canada. Je r’çois ma part du gâteau… Si je suis battu dans mon comté, un poste de juge, de sénateur, président d’une commission d’enquête au fédéral, j’s’rais ben content. Ça rend le monde fou. Ils te donnent des titres longs comme le bras. A’c’t’heure, c’est rendu qu’à chaque fois que le téléphone sonne, mon cœur s’arrête de battre une seconde. Comme si j’étais sûr que c’était un fédéraste, avec une voix à la Sam (gros rires), qui m’appelait pour m’offrir un job d’ambassadeur aux Barbades. La vie rêvée mon gars!

Fournier : - Ou une job à l'institut Fraser… 

Bref, tout se termina en éclats de rires ponctués par les «Hon! Hon!» de Sam…



COMMENT ÇA MARCHE?


Dans la publicité négative, que le Parti Libéral a diffusée au cours de l’été sur les ondes de toutes les chaînes de télévision, montrant une manifestation où Pauline Marois, cheftaine du Parti Québécois, claquait deux couvercles de casseroles, ce sur quoi l’on est appelé à s'interroger n’est pas tant si elle est plus ou moins compétente que Jean Charest (bonnet blanc - blanc bonnet), mais plutôt s’imaginer ce qu’elle peut bien se dire et dire en examinant si minutieusement les deux couvercles qu’on lui a remis entre les mains. Un expert de mes amis, qui sait habilement lire sur les lèvres, a fait une transcription, dont je peux vous assurer l’authenticité, de ce qui se dit entre Mme Marois et son acolyte, Agnès Maltais:

Pauline : - Oonn! Regarde donc ! C’est drôle comment c’est fait. C’est quoi ça?

Agnès : - C’é dé couverts ça, Pauline.

Pauline : - À quoi ça peut-il bien servir?

Agnès : - À frapper ensemble, Pauline. Quand on les tape l’un sur l’autre, c’est ça qui fa’ du bruit.

Pauline : - Aaah? Mais dans la vraie vie, là, à quoi ça sert?

Agnès : - C ‘é dé couverts ça, Pauline.

Pauline : - J’ai compris, mais à quoi ça sert quand il n’y a pas de grève d’étudiants? C’est ça que je te demande. (À elle-même, songeuse) Je demanderais bien à Drainville, mais je peux pu vraiment me fier sur lui.  (Appelant) Petit Léo, mon B.B., viens donc expliquer à Tatie comment ça marche les couverts…

Léo : (S'approchant) - Tatie Pauline, j'ai pas le temps de t'expliquer. Je suis  seulement rendu au huitième chapitre du manuel Parti Québécois pour les nuls. Rappelle-moi donc, Tatie Pauline, c'est quoi déjà l'article 1 du programme du Parti Québécois, j'arrive jamais à m'en souvenir…

Pauline : (Lui pinçant une joue) - C'est bien facile, mon grand. «Une seule cheftaine tu adoreras, et aimeras parfaitement».

Léo : (S'efforçant de se rappeler) - Une seule cheftaine… c'est bon. Pis, c'é qui ça, Jacques Parizeau?

Pauline : - (Bref) Une grosse antiquité… (Minaudant) Envoye donc Petit Léo, là. Montre à Tatie comment on bat les couverts. Je le demanderais bien à mon onc' Jean-François, mais il réfléchit encore. (Elle tapote les fesses de Léo) Ouf! j'ai des chaleurs (Léo s'éloigne avec son manuel. Revenant à Agnès) Je ne sais pas ce qui m'arrive Agnès, c'es-tu ma seconde ménopause…? J'ai des bouffées… et, pire encore… (en confidence) j'ai… j'ai le bout des nipples qui se dressent tout durs chaque fois que je frôle Petit Léo. Qu'est-ce que t'en penses, toi? 

Agnès : (Très froide) - Je te félicite pour ton anglais, ma Pauline.

Pauline : - C'est pas de ça que je te parles. C'es-tu une montée de lait ou bien… Aaah! Je suis bien trop vieille pour lui. Non, il est bien trop jeune pour moi… C'est un amour impossible… (Rêveuse, chantonnant) ♪Une histoire ♬ d'amour ♬… (Vivement) Répond donc, Agnès? 

Agnès : - Ah! moi, y m'intéresse pas. Si on revenait à tes couverts, Pauline. 

Pauline : - C'est vrai, ça va passer! On est si près du but. Gardons le cap sur le pouvoir. (Regardant les couverts à nouveau.) J’ai toujours beau les examiner, et je ne vois pas du tout comment ça s’amanche l’un dans l’autre…


Agnès : - C’est parce que, vois-tu, ça, ma Pauline, dans la vraie vie, on met ça sur des chaudrons, des soupières, des poêlons, des affaires de même. Tout ce qui va sur le feu.

Pauline : - Pis, qu’est-ce que ça fait?

Agnès : - Ben tu vois, ça, ça c’est un piton. Tu prends le couvert par le piton pis tu le mets sur le dessus de la soupière, ça empêche de déborder l’eau bouillante quand tu fa’ cuir’ des petates.


Pauline : (À elle-même) – Il y en a un qui rentre dans l’autre, c’est bizarre! (À Agnès) Ah! J’ai jamais fait ça. Et qu’est-ce qui se passe?

Agnès : - Parce que quand tu fa’ bouillir des petates, ça fait de la mousse.

Pauline : - Waach!

Agnès : -  Ben, pas de la mousse de plancher là, mais une sorte de bave…

Pauline : - C’est écœurant!

Agnès : - Pas de la bave de morve, mais une sorte de bouillonnement. Pis, pour pas que ça déborde, tu dois incliner le couvert en le prenant par le piton… pour pas te brûler les doigts. Comme ça, là, tu vois…?

Pauline : - Mais c’est deux couvercles là, ensemble?

Agnès : - C’é pour frapper, ça Pauline.

Pauline : - Moi je pensais que tu mettais tes «petates», comme tu dis, dans l’un pis tu te servais de l’autre pour les abriller…

Agnès : - Ça marche pas de même, Pauline. Les deux couverts, c’est pour frapper. Envoye, frappe ma Pauline.


Pauline : - Comme ça, Agnès ?

Agnès : - C’est ça, tu commences à l’avoir, continue Pauline. Swing moé ça…

Pauline : - En tous cas, j’ai pas compris plus ton explication, mais on va frapper. Tiens, Charest, prend ça mon maudit…!


Un groupe de journalistes s’approche et l’un tend le micro sous le nez de Pauline qui n’entend pas la question qu’on lui pose tant le tintamarre est grand.

Pauline (au micro) : - C’est vraiment une invention ingénieuse que ces couvercles que l’on frappe ensemble pour faire du bruit. C’est lorsque je vois cela que je suis fière d’être Québécoise. Fière d’appartenir à un peuple aussi inventif, qui n’a pas peur d’être de l’avant-garde mondiale. Imaginez-vous, le jour où les Québécois seront enfin souverains! Qu’est-ce qu’ils n’inventeront pas… ? (et elle s’éloigne en commençant à balancer les hanches sur le rythme des casseroles).

Charlot pose dans Un Roi à New York
Je pense qu’on a là un extrait prophétique de ce que seront les débats en Conseil des ministres si le P.Q. est élu! Quoi qu’il en soit, il faut bien se l’avouer, parler de la souveraineté du Québec c’est pas plus compliqué que faire bouillir des petates, mais y arrive à des sans dessein, comme moi, de les laisser brûler.

LE «THINK TANK» DE la C®AC


Autre chose toutefois, l’assemblée de l’exécutif de la C®AQ, la Coalition (rigolote, ridicule, rasciste, comme ça vous plaira) Avenir Québec, qui se tenait en Estrie, au lieu-dit du célèbre couvoir Chabot. Il s’agissait de la rencontre pour la sélection des candidats-vedettes et représentatifs de l’esprit du nouveau Parti, avatar de l’ADQ. Le grand décideur, le chef François Legault et son acolyte, le financier Charles Sirois, scrutent minutieusement, pour ne pas dire suspicieusement, chacune des mises en candidature proposées. Ça se lève de bonne heure ce monde-là, comme disait Gérald Godin des immigrants, aussi, dès 8 h. 30, tout le monde était attablé avec des piles de dossiers étoffés.

Sirois : - D’abord, mon Frenchie, laisse-moi te féliciter pour tes p’tites voitures avec ta face qui rit dessus. (Tout le monde rit) J’me disais en les regardant que ça ressemblait aux petites voitures jaunes de livraison de chez Saint-Hubert.

Legault : - Pour cela Monsieur Sirois, il faut féliciter ici le président de notre Think Tank, monsieur Philothée Beauceron (à Sirois, à part) En fait, c’est notre Think Tank à lui tout seul; y nous coûte des peanuts, mais je dois avouer qu’y fait du maudit bon travail.

Sirois : - En tout cas, mon jeune j’te félicite. T’as de la culture. Rien qu’en regardant le sourire de Frenchie, j’me pensais au Louvre, devant la Joconde.


Legault (rêveur) : - C’est vrai, on m’a souvent dit que je lui ressemblais…

Beauceron : - C’est vrai que Monsieur Legault a un sourire …énigmatique et des gestes fort …charismatiques.

Sirois : - C’é rien qu’après ça que j’y ai reconnu la face. En tous cas, t’être inspiré de Saint-Hubert, c’t’une maudite bonne idée que t’as eue mon jeune.

Beauceron : - En fait, je me suis inspiré de la petite voiture des Shrinners. J’ai même fait faire un fez avec le sigle de la C®AQ dessus. (Il en sort un sous la table et le donne à Legault qui se le met sur la tête. Il va le porter tout au long de la réunion). Un fez rouge, ç’a vaut bien un carré rouge, non?

Sirois : - Avec notre campagne sur le containment des immigrants, mmm! ça pourrait envoyer un double message. Bof! C’est rigolo. Surtout que c’est mieux pensé que le sigle du parti qui ressemble à l’anus d’un cancer colorectal en phase terminale…




Legault : - De toute façon Monsieur Sirois, il n’y a même pas de premier message, alors! Bon, on devient sérieux, les amis? C’est qui le candidat retenu pour la Beauce?

Beauceron : - Tout le Think Tank de la C®AQ d’accord : Maxime Bernier.

Legault : - Ce n'est pas possible. Il est déjà député au Fédéral! Le double mandat a été aboli depuis 1874.

Sirois : - C'é qu’on l’aura tout simplement pas averti. Mais ça f’rait un maudit bon candidat. Les pitounes se l’arrachent.



Legault : - Bon. Gardons sa candidature en réserve. On verra… Puis après?

Beauceron : - Pour Québec, le choix est difficile, y aurait le maire Labeaume, mais y tient garder main basse sur la mairie tout en étant député. On a pensé aussi à Jeff Fillion, mais il nous a envoyé chier…

Sirois : - C'é qu’il vous aura pris pour un maudit Québec Solitaire! C'é dommage, y aurait fait un tabarnak de bon candidat. Qu’est-ce qui reste?



Beauceron : - Bonhomme a bien voulu y penser. Avec lui on aurait plus qu’un comté, c’é toute la région qui voterait C®AQ et on se débarrasserait de l'insignifiant à Hamad.

Legault : - Entre Labeaume et Bonhomme… C’est un dilemme cornélien.

Beauceron (à part, à la secrétaire) : - Ça veut dire quoi, ça? (elle hausse les épaules).

Sirois : - Tout ce que je peux voir, c’é qu’y faudra tirer à miniminimanimo

Legault : - Choix difficile, en effet. Que de maux de tête lorsqu’on est chef de parti! (Il se prend la tête en inclinant son fez) Enfin, on verra…

Beauceron : - Louis Champagne se présenterait au Saguenay-Lac Saint-Jean. Ça remplacera ben Jeff Fillion.

Legault : - Champagne, c’est pas le gros à la télé,  ça?

Beauceron : - Non, j’parle du gros à la radio…


Sirois : - Parfait! Comme ça y pourra pas dire que la C®AQ, malgré son nom, est un «club de tapettes».

Beauceron : - C’est ce que je me disais, même si ça doit nous faire perdre le vote gai du Saguenay.

Legault : - C’est vrai Monsieur Sirois que c’est problématique. C’est un «actif» dans ce milieu…

Sirois : - Poche arrière droite ou poche arrière gauche, mon Frenchie? Hé Hé, Hé!

Legault : - Gardons-le sur la liste, on verra…

Beauceron : - En Abitibi-Témiscamingue, j’ai le candidat idéal. Il veut garder l’anonymat, aussi il se fait appeler Papitibi.

 
Legault : - Un candidat anonyme, c’est pas un peu comme un candidat masqué, …ou une électrice voilée, ça, non?

Sirois : - Bah! on accepte bien des lutteurs masqués. La foule les adore. Souviens-toé de Tarzan la Bottine…

Beauceron : - C’est le candidat idéal : une sorte de André Arthur local avec un fan club de grossiers innocents à sa dévotion. Un troll sur l’écran de l’ordi des honnêtes gens. Une vedette sûre pour notre comté et qui ne cache pas sa langue dans sa poche.

Legault : - Papitibi (en souriant d’un air niais), c’est pas le grand chien jaune aux longues oreilles noires qui disait toujours des papiniaiseries qu’un petit chien jaune aux oreilles plus courtes ridiculisait? Quand j’étais p’tit, maman me mettait en pyjama, pis je regardais ça aux p’tits bonhommes du dimanche matin. C'est comme ça que j'en suis venu à m'intéresser à la «grande culture»…

Sirois : - Ah Frenchie ! Tu connais tes classiques, mais c’était Pappy Toutou, et lui c'était un gentil pappy… Une christ de momoune, ouais. Papitibi fera l'affaire.


Beauceron : - En tous cas, c’t’un gars qui pourrait remplacer Jeff Fillion haut la main : gueulard qui connaît rien; qui aime injurier les autres; grossier, colérique, indécent, abonné à Photo Police et Minuit. Le candidat parfait pour attirer les foules en région, quoi!

Legault : - Mmm! il m’a l’air d’avoir une face d’ivrogne parti sur la go…

Sirois : - Frenchie! Ris pas de notre base électorale!

Beauceron : - Dites plutôt, «parti sur le-Gault», (rêvant) ça ferait un maudit bon slogan électoral. (À la secrétaire) Inscrivez-ça sur votre bloc-notes. (à lui-même) J’imagine déjà la pub. Une taverne, un ivrogne qui brandit sa bouteille. Ses chums lui demandent, «Eh man! Es-tu encore parti su'a go?» - «Non ! J’chu parti sur Le-Gault…» Et tout le monde, en riant, lève sa bière au succès de la C®AQ. Un vrai p’tit bijou de pub!

Sirois : - Justement le Think Tank, c’é pas une pub de bière qu’on fait, c’t' une pub électorale.

Beauceron : - N’avez-vous jamais entendu parler des pubs recyclées? C’est ça le développement durable, monsieur Sirois.

Legault : Quand même, il faudrait que j’y pense. Il n’y aurait pas un gérant de caisse populaire dans le boutte ou au pire une tenancière de bar salon pour routiers qui seraient prêts…, non? Dans ce cas-là, on verra… Puis, dans la Mauricie?

Beauceron : - On en avait un, mais y s’é noyé la s’maine passée en se rendant à la soirée d’investiture du candidat péquiste. Y pensait y manger un  gros morceau de gâteau aux frais de la princesse!

Sirois : - Un pique-assiette, ç’a t’aurait fait un maudit bon candidat, pas cher en plus! Surtout qu'y aurait tout mis son fric dans le financement du parti!


Legault : - En tout cas, en attendant, on verra…

Beauceron : - En Gaspésie, ç’a été le même problème, y’é mort d’une indigestion en s’en revenant de bruncher d’avec les Libéraux.

Legault : - Non, mais nos candidats sont-ils donc tous aussi pauvres à ce point-là pour aller manger chez les partis d’en face!

Sirois : - C’est difficile à le leur reprocher Frenchie, puisque toé on t’a mangé du PQ, pis moé des Libéraux.


Legault : - Wouin! c’est vrai. Bien, faudra en trouver un autre, …on verra.

Beauceron : - En Extrie, on pense aller chercher Pierre Paradis.

Legault : - C’est qui ça?

Beauceron : - C’t’un ancien ministre que Charest a destitué par jalousie personnelle.

Sirois : - Ça’f’rait un maudit bon coup, ça. Paquet voleur, mon Frenchie!


Beauceron : - Mais y demande cher.

Sirois : - Pas grave. J’peux le payer.

Legault : - Wouin! Bien, on verra… Mais, il faudrait vraiment un bon candidat pour la région de Montréal. Ça risque d'être difficile à trouver… Ça prendrait au moins une tête d’affiche.

Sirois : - En tous cas, j'ai un candidat idéal pour Laval. Je te l'ai même amené pour que tu puisses reconnaître son grand potentiel électoral. (Le présentant) M. Kamal G. Lutfi. On va le parachuter dans Chomedey, où il fera des étincelles, j'te l'jure.

Legault : - Bien. Et que pouvez-vous apporter à la C®AQ, monsieur Lutfi?

Lutfi : (Les montrant) - 'gwadez ces bouts d' dwoigts là, missié Légo. C'est usé à fo'ce de twitter. J'peux fai'e 300 twit à l'heu'e. Avec Kamal, missié Légo, la campagn' va wouler à 100 willes à l'heu'e.

Legault : (à part, à Sirois) - Ça sort d'où ce numéro-là?

Sirois : (murmurant) - Chut! Parle pas si fort, c'est notre néo-québécois de service, il est un peu susceptible mais efficace. (Plus fort) M. Lutfi est, si je peux dire, notre «arme de destruction massive» contre le P.Q.


Lutfi : - Comptez su' Kamal, missié Légo, c'é sépawatis-là, y n'auwont  pas le multicultuwalism'. Vous pouvez êt' su' dé Kamal, missié Légo. Zhomedy c'est Lutfi et la CAQ! Les pikistes haïssent les néo-kwébékois comme Kamal. Kamal est pouwtant un as du plac'ment winancié. Y'a fai' sa mawque en 2008! Les pékistes veulent fai'e un Kwébek independant en fe'mant les f'ontié'es su' le Kwanada et lé weste du monde.  Y veulent empéché Kamal de fai'e des affai'es. Si les Kwébékois n'acceptent pas Kamal maintenant, imaginez pluta'd, y wont 'mett' Kamal au communiss. C'é t'wassé, Waut qu'za zange…

Sirois : (ébahi) - Écoutes ça mon Frenchie! C'est comme d'la musique à mes oreilles.

Legault : (tout bas) - Moi je n'y comprends rien. Qu'est-ce qu'il dit?

Lutfi : (S'enrageant) - Kamal entend : «maudits immigwants» tous les jouws su' son passage. Les Kwébékois s'aiment même pa' ent' weux-aut' en pastant…  Pouwquoi aimwaient-ils Kamal? C'é t'wassé, Waut qu'za zange

Sirois : (L'encourageant) - Envoye mon Kamal, lâche-toé lousse!

Lufti : (Agitant son index sous le nez de Legault) - Pensez! Kamal, missié Légo, é twaité comme un wai nèg'e par les sépawatistes. Quand Kamal twavaillais ches Desjawdins, on l'applait Kamaï plutôt que Kamal. Tut' ma famïl en a zouffert. Au dépaneuw on disait «Heille, le Kamaï, tou'n toé z'en zé wous»! C'é c'qu'on faizait. Mé zenfan s'en wenaient en pleuwant avec le zou pou' l'zouper. (Frappant la table du poing.C'é t'wassé, Waut qu'za zange

Legault : - (Implorant Sirois) - Mais qu'est-ce qu'il raconte…? (Lutfi se rasseoit).

Sirois : - C'pas important, mon Frenchie. L'important, c'est qu'il montre que la C®AQ n'est pas le parti xénophobe qu'on dit. Pis sa façon de répéter toujours : «C'é t'wassé, Waut qu'za zange…», ça t'ferait un maudit bon slogan de campagne, ça.

Beauceron : Je vous rappellerai, monsieur Sirois, que la tache de trouver les slogans me revient…

Sirois : «C'é t'wassé, Waut qu'za zange…», c'est quand même mieux que «J'suis parti sur Le-Gault», non? C'est plus «politique», moins drôle, plus plate, plus conventionnel, mais ça prend ça pour avoir l'air sérieux. Suffit rien que tu le traduises en français, tu dois êtes capable de faire ça, le Think Tank? (Se tournant vers Legault) Alors, c'est d'accord, mon Fwenzie? On le pwend pour Zhomedy? Dis qu'on le prend… Envoye…

Legault : - C'é d'accord! C'é d'accord. On le prend Kamaï, euh je veux dire Camil, non Kamal. Bon. Montréal à c't'heure.  

Beauceron: - Là-dessus, j’ai pensé à l’incontournable maire de Huntington, Stéphane Gendron, grande gueule, père-la-pudeur, quelqu’un qui a du dégoût quoi. Il connaît bien les média, il a ses inconditionnels et a joué dans un grand film québécois, où il descendait les marches d'un escalier d'église dans un cercueil ouvert.

Sirois : - Surtout qu’il a de l’ambition, et n’a qu’une idée en tête : réussir là où Mario a échoué…


Legault : - C’t’un pensez-y bien! (Triste) Monsieur Sirois, y pourrait me faire concurrence à la chefferie une fois élu! Y'a la tête tellement enflée!

Sirois : - Frenchie! Fais pas ta vedette! T’é pas un chef de transition, t’é un fondateur! Les fondateurs, c’é là pour rester… Regarde René Lévesque! Tant qu’on aura besoin de toé, mon Frenchie, tu peux compter sur mon appuie…

Beauceron : - Pour Outremont, on pourrait avoir Richard Martineau…

Legault : (souriant et se frottant les mains) Ah! une vedette, enfin! C’tu lui qui fait parti du duo Brault et Martineau? Oui, les deux gros habillés en brun marde? Ça va faire fermer la gueule à ces maudits artistes.

Beauceron : - Euh! pas exactement. C’est le gars qui a un programme à Télé-Québec.

Legault : - Télé-Québec! Un intello! Ah non! J’chu pour l’instruction, mais pas pour c’t’instruction-là.

Sirois : - Non, non, Frenchie. J’l’ai vu, c’est le stand-up comique de maître Vergès. Y’é tordant.


Legault : (en riant) - Une sorte de Léo Rivet dont je serais le Claude Blanchard?

Sirois : En plein ça, mon Frenchie!

Beauceron : - Wah, c’t’un peu ça, en effet…

Sirois (en riant) : - Y’é trois heures, on farme ! (Tout le monde rit, sauf Legault qui n’a pas saisi le gag). Bon. Y’é midi. Est-ce qu’on se fait venir du poulet, les gars?

Legault : - Hé Heille! Wow! Pas si vite. Faut se donner le temps d’y penser… On verra, on verra…



TROIS PIEDS VALENT MIEUX QUE DEUX… TU L'AURAS!


Enfin, j’ai terminé mon périple électoral en assistant à l’inauguration de la campagne de Québec Solitaire. La dyarchie était sur scène accompagnée d’une foule de revenants communistes et de jeunes enthousiastes un peu naïfs qui célébraient la force d’une gauche proactive et transversale. Amir Khadir et Françoise David rayonnaient comme des beaux sous neufs à peine retirés par la Monnaie royale. Évidemment, j’ai enregistré ce discours mémorable, historique, au bout duquel, il est à peu près certain, Québec Solitaire formera la majorité au Parlement.

Amir : - Camarades masculins! Camarades féminins! Aujourd’hui ou jamais, c’est le temps de changer…

Françoise : - Voyons Amir? Pourquoi tu mets Camarades masculins avant Camarades féminins? Ça veux-tu dire que tu considères que les camarades féminins sont des camarades de seconde zone? C’est plutôt sexiste! Dis : Camarades des deux sexes. Ou même mieux, camarades de tous sexes et de tous genres confondus …juste pour être certains que personne ne se sente exclu.


Amir : - On pourrait dire «camarades», tout court.

Françoise : - Non, j'ai dit. Certains pourraient se sentir non inclus dans le groupe. Québec Solitaire doit devenir un groupe totalement inclusif. Par exemple, que penseraient ceux qui n’entendent pas le mot «camarade» : les sourds, les néo-québécois non francisés, et les autres…

Amir : Qu’est-ce que je dis alors?

Françoise : - Dis : camarades de tous bords et genres confondus …en agitant les bras. Ça devrait suffire.

Amir: (agitant les bras) Camarades de tous bords et genres confondus… (acclamations chaleureuses). Aujourd’hui, donc, nous entreprenons la longue marche qui nous conduira à la victoire. (applaudissements enthousiastes). Cette année, nous avons profité de la grève étudiante et du vote de la loi scélérate 78 pour faire connaître notre plate-forme électorale et nos numéros de téléphone et de texto de la permanence. L’éducation gratuite, de la maternelle aux études universitaires post-doctorales est l’une de nos 48,329 priorités que nous porterons de l’avant à bout de bras. Le Québec ne souffrira plus jamais d’ignorance. (Quelques murmures communistes parmi des cris joie).

Françoise : - Et cette éducation sera pour tous, femmes et hommes et… enfin, tout le monde sans discrimination de race, d’âge, de langue, de sexe et… d’argent. Avec l’élection d’un gouvernement Solitaire, c’est la fin des injustices sociales, raciales, âgistes, linguistiques, sexuelles et financières. (Applaudissements nourris). Tout le monde en rang autour de la même gamelle.

Amir : - Nous avons supporté tous les quolibets de la part de nos adversaires politiques. Entre les libéraux fascistes et les anarcho-péquistes, la pensée de Gandhi, de Martin Luther King, de Betty Boop et de Wonder Woman, nous inspirera tout au long de notre marche vers la prise du pouvoir - même si celle-ci m’a déjà coûté $500 dollars -, nous ne nous laisserons pas arrêter sur le chemin de la victoire.



Françoise : (le tirant par la manche pendant que la foule applaudit) - C’est quoi ça? Betty Boop et Wonder Woman? T’aurais pas pu quand même trouver d’autres noms de femmes à honorer que des pin-ups de vieux dessins animés, voyons donc? C'es-tu l'approche du pouvoir qui te monte à la tête?


Amir : - Ben écoute-là, Françoise. Betty Boop fait encore rire ma fille, pis j’la trouvais en bonne santé, moi, Wonder Woman quand je m’exerçais à mes examens d’anatomie dessus! Y’fallait que je trouves des noms de symboles de femmes émancipées et qui fassent honneur à l’esprit d’entreprise des femmes du Québec élargi, c’est tout!

Françoise : - Bien, regardes-moi, tu as un modèle, là, sous tes yeux… Franchement, Amir, y a des fois, tu me déçois tellement… T’aurais pu user un peu plus de ton sens infaillible de l'observation plutôt que de ta grande trappe!

Amir : (reprenant son discours) - Dans Gouin et dans Mercier, c’est Québec Solitaire, comme au Québec, c’est Pepsi. (Applaudissements déchaînés). Je vous promets à tous, qu'une fois élus, nous paierons une grosse poutine et un Pepsi à chaque électeur pour fêter notre victoire, et ça, à même les redevances de la nationalisation des compagnies pharmaceutiques (Cris déchaînés d'enthousiasme des supporters. Certains se roulent par terre). Une fois élus premiers ministres à parité égale, Françoise et moi, nous nous engageons à nous échanger régulièrement le siège de premier ministre à l’Assemblée nationale. Durant les six mois d’hiver, je serai premier ministre et Françoise les six mois d’été; comme ça, nous inaugurerons, face au monde, un gouvernement équitable dans une province non rentable!

Françoise : (à l’oreille de Khadir) - On avait pas parlé de ça! Pourquoi ça serait moi l’été et toi l’hiver? Pourquoi pas le contraire?

Amir : - Tu n’as rien qu’à regarder l'agenda, là Françoise, ça saute aux yeux que l’été, je prends mes vacances. C’est un partage …équitable.


Françoise : (prenant la parole) – Justement. Parlons-en d’équité! Je vous promets que toutes discriminations cesseront séance tenante. Désormais, oui mesdames, désormais, les Québécoises pourront se laisser pousser les moustaches tout comme les hommes ont la liberté de se les raser. (Quelques vieux communistes acquiescent) C’est ça une mesure d’équité anti-sexiste.

Manon Massé (sursautant et sautillant) : - Vas’y Françoise! C’tte mesure-là, on l’a bien méritée!


Amir : - Peuple du Québec, tu vois ces portraits affichés sur le mur? (montrant les affiches de Charest, Marois et Legault.) Eh bien! Il est temps de leur dire que tu ne veux plus d’eux. Que leurs politiques t'ont suffisamment fait assez de mal…, je t'invite donc à lancer une chaussure sur le poster de Jean Charest, pour qu’il ressente ce que tu penses de lui, de sa loi scélérate et que tu n’en veux plus comme Premier ministre…

Françoise : - Amir, c’est quand même pas une séance de vaudou!

Amir : - C'est toi Françoise, qui voulais que personne ne se sente exclue du peuple, non?

(Les spectateurs enthousiastes enlèvent une chaussure et la lancent sur le portrait de Charest qui se déchire en lambeaux.)


Amir : - Voilà peuple québécois qu’il t'entend très bien, je peux te le jurer. Et dis aussi à Pauline Marois que tu ne crois pas en son opportunisme grossier. Lance-lui une chaussure à elle aussi, pour qu’elle t'entende et s’en retourne dans son château de Moulinsart!

(Les spectateurs enlèvent l’autre chaussure et la lancent sur le portrait de Pauline qui, lui aussi, s’effiloche en lambeaux.)


Amir : - Peuple Québécois, tu es maintenant affranchis des vieux partis. Il ne te reste qu'un choix à faire entre deux nouveaux partis, un qui est un agent impérialiste de la petite-bourgeoisie capitaliste monopoliste d’État, et l’autre qui est celui du socialisme démocratique, populaire et parlementaire, Québec Solitaire! Alors, dis à François Legault que tu dénonces sa démagogie chauvine patronale-provinciale en lançant une chaussure sur sa figure à lui aussi.

(Les spectateurs, dubitatifs, ne bougent pas).

Françoise : - Ça c’é fin! Ça prenait bien un médecin pour oublier que ce monde-là n’ont rien que deux pieds?


Amir : - Des détails! Des détails (Il descend de la tribune et va arracher le poster de Legault. Françoise David prend le micro).

Françoise : - Ce soir, nous inaugurons notre campagne de blé d’Inde en vous invitant à une épluchette de scrutins. Celui qui trouvera un scrutin noir, gagnera la mise en candidature dans le comté Ungava-Nunavuk. (Les gens se précipitent vers la bouilloire). Ce soir, dites-vous bien, que c’est le commencement d’un temps nouveau, un temps macro-socialiste avec des projets inédits pour créer un Québec nouveau et solitaire… Vive le Québec Solitaire! Et si Normand L’Amour est arrivé avec son orgue Yamaha 10 vitesses, en avant la musique et que tout le monde danse!

La foule en chœur : Vive Québec Solitaire …et du beurre s'il vous plaît!


*
**

Après cette tournée vibrante du Québec sous diarrhée électorale, vous aurez compris que le choix va être difficile devant tant de médiocrités, d’opportunistes, de sans desseins et de rêveurs maniaques qui constituent le personnel politique québécois charrié vers la décharge. C’est pourtant un choix que vous devez faire, car, malgré tout, le carrousel démocratique, c’est un droit acquis, et des gens, ailleurs qu’au Québec ou au Canada, sont
Mort du député Baudoin au coup d'État du 2-Décembre
morts avec la foi en ce régime qui délivrerait des despotismes, de la corruption et des injustices. Alors, rien que pour honorer le sang répandu, les vies gâchées et maintenir l’espoir que le monde pourrait être meilleur que celui que nous avons - même si vous-mêmes n’y croyez plus sincèrement - allez voter, ne serait-ce que pour annuler votre vote et militer à la diminution de la légitimité électorale. Car s'il est vrai, comme le dit lord Acton, que le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument, moins un régime électoral aura une base majoritaire, plus sa légitimité sera fragile, ce que nous avons pu constater avec les gouvernements minoritaires au cours de ces dernières années, à Ottawa comme à Québec. Un gouvernement minoritaire a tendance, pour se maintenir au pouvoir, à temporiser ses excès et à respecter une éthique au regard de ses citoyens. Minoritaire, il n'est pas certain que le gouvernement Charest aurait pu faire voter sa loi scélérate; mais minoritaire, toutefois, il n'est pas davantage certain qu'un gouvernement Marois parviendrait à faire abolir la même loi scélérate. Exposée à nue, la démocratie libérale se trouve déjà sans soutien populaire ni affection sincère : personne ne risquerait sa vie pour la défendre, tant elle signifie le mépris des intérêts collectifs au profit de l'enrichissement des classes supérieures.


ÉDITION SPÉCIALE DU CLUB DES EX

Après la parution d’un tel brûlot, la SRC a crû bon interrompre momentanément la diffusion de ces pochetons de Jeux Olympiques afin de tenir une édition spéciale de sa populaire émission diffusée sur RDI du Club des Ex. Elle a considéré l'importance de commenter, en cette période électorale, les propos scandaleux attribués aux plus honnêtes hommes et femmes de la vie politique québécoise. Ramené d’urgence d’un casino de Las Vegas où il vidait un gros verre de carton rempli de 25 cents dans une machine à sous, l’animateur Simon Durivage tenait à présider ce débat sur les limites de la liberté d’expression en démocratie en période électorale.


(L’équipe se place autour de la table, face aux caméras, ajustant micros et coiffures).

Liza : (à voix basse) - Écoute Simon, on voudrait te parler de quelque chose.  C'est que nos derniers versements pour notre participation aux émissions spéciales durant le temps de la crise étudiante ont toujours pas été versés sur nos comptes.

Simon : Ce n’est pas à moi que vous devriez parler de ça, mais à la comptabilité de Radio-Canada.

Jean-Pierre : - On sait bien, toi, t’as un engagement à long terme, protégé par le syndicat des journalistes et ton ancienneté. Nous autres, nous sommes rien que des pigistes. C’est pour ça que tu ne comprends pas que nos budgets de fin de mois sont établis en fonction de ce revenu-là… Le reste, c'est notre fonds de pension de députés, et les caisses de retraite, c'est pu garanties.

Simon : - Je comprends, mais je ne suis pas en charge de la comptabilité, c'est ce que je vous dis.

Marie : - Surtout moi que j’ai une deuxième hypothèque sur ma piscine hors-terre qui vient à échéance à la fin du mois. Je compte ben gros là-dessus.


Simon : Bon! Bon! on en reparlera après l’émission… (Reprenant son sourire, face à la caméra) – Mesdames et Messieurs bonjour. Le déclenchement, par Monsieur Charest le premier ministre du Québec, de la tenue des élections pour septembre, a suscité une avalanche de commentaires sur les réseaux sociaux. Une véritable campagne parallèle de messages blogger, facebook, twitter et autres sur la tournée des chefs mais aussi des députés circule présentement dans toute la Province. L’un de ces messages est particulièrement d’un goût douteux, dans la mesure où il prête des propos à nos candidats dans des situations contextuelles totalement imaginées. La grossièreté des propos, le cynisme des portraits, la mauvaise foi et le manque évident de respect de l’auteur pour de grandes réputations, atteignent des limites inadmissibles dans une société démocratique comme la nôtre. Voilà pourquoi, nous sommes réunis ici pour une édition spéciale du Club des Ex afin d’évaluer la pertinence de ce genre de messages et le côté nocif qu’ils peuvent entraîner sur le processus électoral. Nous commencerons, si vous le voulez bien, par un rapide tour de table où nos invités, que je n’ai pas besoin de vous présenter tant vous les connaissez, vont émettre une première opinion sur ce message : Diarrhée électorale sur le Québec. D’abord Liza.

Liza : (montée) – Je trouve qu’il y en a qui ont beaucoup de temps à perdre pour écrire des niaiseries pareilles.

Simon : - Jean-Pierre, vous partagez cette opinion radicale de Liza?

Jean-Pierre : - Tout le monde a le droit d’écrire ce qu’il pense sur les politiciens, en autant que ça respecte la convenance et le bon goût. Mais dans ce cas-ci, l’auteur fait parler les politiciens et c’est ça qui est inadmissible, car les gens peuvent facilement se laisser duper au jeu et croire que tout cela est authentique.

Simon : - Et vous, Marie?

Marie : - Je vous ferai remarquer que ma deuxième hypothèque sur ma piscine arrive à échéance à la fin du mois.

Simon : - Bon! (avec un sourire gêné) Un léger vent de contestation souffle sur notre équipe. Cette fois-ci nous avons invité un ex qui n’a jamais été député, mais qui parlera pour Québec Solitaire – pardons, Solidaire - vous voyez les lapsus que de tels écris nous font faire! –, un ancien des groupes de gauche québécois, le fantôme de Charles Gagnon, qui a bien voulu se joindre à nous. M. Gagnon, si vous voulez prendre place plutôt que de rester à flotter dans les airs.

Charles : Inquiétez-vous pas monsieur, j’ai les deux pieds dans ma citrouille qui a poussé sur ma tombe, selon la loi indéfectible de la matérialiste dialectique.


Simon : - Comment prenez-vous ce brûlot lancé contre les partis politiques et qui n’épargne pas votre option sociale-démocrate?

Charles : - Encore de la propagande bourgeoise biaisée sous les allures de l’humour et du cynisme; c’est indigne d’un véritable révolutionnaire de penser faire évoluer la société en se payant sa tête! Marx n’a jamais ri. Lénine n’a jamais ri. C’est comme ça que les vrais révolutionnaires ont gagné; en ayant une face de plâtre afin d'affronter la gravité de la lutte des classes. C’est tout simplement (sur un ton méprisant) petit-bourgeois.

Simon : - Maintenant que nous avons fait un premier tour de table, je vous demanderais, Liza d’abord, dites-moi, comment jugez-vous la parodie des ministres libéraux autour d’un B.B.-Q.?

Liza : Voyons donc, c’est grotesque! D’abord, quand on fait des soupers spaghetti, on m’invite toujours, parce que c’est moi qui fournit la meilleure sauce. J’en ai déjà partagée la recette avec les électeurs de mon comté quand je siégeais à Ottawa, aux frais des contribuables, et je ne connais pas une seule personne qui ait fait un quelconque reproche au goût de ma sauce…


Simon : - Oui, mais là c’est un B.B.-Q…

Liza : - Justement. Prendre un scénario tout fait d’un film de Denys Arcand, en extraire surtout une réplique des plus vulgaires, vous savez la loi 78 enroulée, serrée, et fourrée dans, vous le savez où; présenter M. Dutil comme un type qui gratte ses pellicules au-dessus de la salade…

Simon : (Tout le monde riant) : - Ses freckles. Oui.

Liza : - Quand même! Présentez M. Bachand comme un vire-capot alors que c’est une conscience qui a cheminé et qui a compris que la voie de l’avenir du Québec était avec le Parti Libéral… 

Jean-Pierre : - (en convenant) Tout comme Léo Bureau-Blouin…

Liza : - (revêche) Non. Non, excuse-moi Jean-Pierre, c'est pas du tout la même chose. M. Bachand a une vision des bourses des Québécois autrement plus réalistes que celle d'un ti-cul. Non, moi ces gens-là, O.K., je les connais, j’ai travaillé avec eux, j’ai siégé avec eux. Ce sont des gens dont je peux vous garantir l’honnêteté et le sens des responsabilités, même si parfois ils commettent des erreurs…


Simon : - Vous êtes d’accord avec ça ? Marie?

Marie : - On sourit à lire ça, c’est tout.

Liza : - Non, mais dis-moi pas Marie, que tu es d’accord avec ce genre de plaisanterie? Je te crois pas…

Marie : - Non, bien sûr, mais les Libéraux se sont tellement compromis que l’image qui se dégage de cette parodie, c’est précisément celle d’une bande de coquins qui se méprise l’un l’autre et ensemble, la population du Québec. C’est un résultat anticipé des révélations de la Commission Charbonneau.

Liza : - Alors là, je ne suis pas d’accord. Non. Mais pas du tout, Marie.


Simon : - Eh vous, Jean-Pierre? Que dites-vous de tout ça?

Jean-Pierre : - Marie a un peu raison. Ce n’est pas pour rien qu’au mois de juillet, on a vu les vieux Libéraux décamper comme des lapins rien qu’à l’idée de revenir en Chambre pendant que siégera la Commission Charbonneau – d’ailleurs, tu me permettras Simon de préciser, au cas où ce mauvais plaisantin récidiverait, que je n’ai aucun lien de parenté avec la juge Charbonneau, que ça soit clair entre nous -. Aujourd’hui, on nous présente ça comme une équipe libérale renouvelée, mais quand on voit une vieille peau comme Monique Gagnon-Tremblay et surtout la ministre Courchesne, après la ministre Beauchamp, déguerpir, ça laisse un arrière-goût amer des derniers mois de ce gouvernement parmi les électeurs. On a pas vu une telle débandade dans l’Histoire du Québec depuis la fuite des Français sur les Plaines d’Abraham!

Liza : - Mais ça, c’est la faute des étudiants.

Jean-Pierre : - Non, c’est plus que ça. C’est plus que ça!


Simon : - Et vous, monsieur Gagnon?

Charles : - Un gouvernement bourgeois, ça se comporte comme un gouvernement bourgeois. Ça vous remercie en chiant sur votre perron.

Simon : - Bon. Voilà qui est clair! Et Mme Marois, Jean-Pierre, comment considérez-vous que l’auteur de cette pochade la décrit : hautaine, ignorante des choses de la vie courante… ?

Jean-Pierre : - Il n’y a rien de neuf là-dedans, sinon que ça reprend des images trafiquées par photoshop pour la publicité libérale. Voir si Mme Marois n’a jamais fait bouillir des pommes de terre…

Liza (se moquant) : - Des petates mon cher!

Jean-Pierre : - Il n’y a là rien de particulièrement original. Et la façon de ridiculiser Mme Maltais, c’est proprement indécent. J’ai été six ans chef de l’Assemblée nationale et je ne parle pas de toutes ces années où j’ai siégé au Parlement du Québec. Ses membres ne méritent pas d’être traités comme des ignares, des loufoques ou des bénêts. Ce sont des hommes et des femmes respectables, comme tu le disais Liza.

Liza : - Pourquoi pas des femmes et des hommes respectables qui accomplissent le plus honnêtement possible leur fonction de législateur d’hommes et de femmes?

Jean-Pierre – Fais-pas ta Françoise David, Liza, veux-tu? (Tout le monde rit.) Non, Mme Marois est une femme de tête qui n’a jamais rechigné à faire ce que toutes bonnes épouses font ordinairement : la cuisine, le lavage, cuire des cupcakes pour les enfants…

Liza : - Non, mais avoue Jean-Pierre qu’elle fait un peu péteuse.

Jean-Pierre : (se fâchant, dressant ses moustaches.) - Tu m'excuseras Liza, mais là, tu fais du sexisme en ce qui a trait à Mme Marois. Quelqu'un s'est-il déjà plaint des poses aristocratiques de M. Parizeau? Jamais. Ou du ton emphatique de M. Bouchard? Non plus…

Liza : - Je voudrais surtout pas partir une nouvelle chicane entre péquistes sur qui a l'air le plus stuck-up.

Jean-Pierre : - C'est sa forte personnalité. C’est une femme de tête, qui a du caractère comme elle l’a montré durant les derniers mois de son calvaire, lorsque son leadership était contesté de tout bord tout côté, c’est tout.  Le journaliste de Radio-Canada, Pierre Duchesne, l'expliquait très objectivement dans sa revue de l'année au printemps dernier aux Coulisses du pouvoir… 

Liza : - Je comprends! Y était déjà vendu au Parti Québécois, pis on le savait pas!

Marie : - On le savait quand même un peu. Quand on écrit trois livres sur Jacques Parizeau, c'est pas parce qu'on va voter libéral aux prochaines élections!


















Jean-Pierre : - C'est rien que des ragots de Libéraux frustrés. D'ailleurs, l'ombudsman de Radio-Canada, M. Tourangeau, a confirmé l'impartialité des reportages et des commentaires de M. Duchesne du temps qu'il travaillait comme chef du bureau à Québec. 

Liza : - Mais voyons-donc! Réagis, Simon. Tu sais bien que Tourangeau et Duchesne, c'est deux vieux amis, ils se sont succédés l'un à l'autre…

Simon : (Embarrassé) - Je ne suis pas en charge des bureaux de journalistes, moi, ici.

Jean-Pierre : - Non, pour revenir à Mme Marois, c'est une femme d'État, notre Angela Merkel.

Marie : - Je ne la voie pas en tout cas nettoyer sa piscine creusée, elle.

Simon : - Et vous, monsieur Gagnon, vous avez une opinion sur la façon dont l’auteur traite Mme Marois?

Charles : - Moé, je ne retiens qu’un slogan : Parti Québécois, Parti Bourgeois.

Simon : - Et vous, Marie, êtes-vous d’accord avec la façon dont l’auteur présente la C®AQ, pardon, (en riant) la CAQ?

Marie : - On va dire que vous venez de faire un lapsus. Bien voyons donc, Simon. Quand Mario a fondé l’ADQ, dans la foulée du rapport à l’air, il a voulu permettre à une troisième voix de s’exprimer au Québec. Or, sur un ton méprisant, l’auteur fait dire à ses personnages que cette troisième voix est celle d’ivrognes de provinces et que leurs candidats sont des personnages grossiers, vulgaires et inintelligents. C’est proprement mépriser la population du Québec profond.

Liza : - Non, mais il faut reconnaître que partir sur Legault plutôt que sur la go, c’est rigolo et sans conséquence.

Marie : - Pourtant, Liza, c’est toi tantôt qui trouvais insolente la façon dont l’auteur se moquait de M. Dutil… Tous les candidats se valent, aussi ils ont tous droit au même respect. Ce ne sont pas les chefs qui choisissent leur électorat, mais l’électorat qui choisit ses chefs.

Jean-Pierre : - Non, mais ça prend quand même de l’imagination faire siéger les chefs de la C®AQ, pardon, de la CAQ, dans un vieux couvoir pis finir ça en faisant venir du poulet.

Marie : - C’est justement ça qui est méprisant. Pourquoi ne pas les avoir installer, autour d’une piscine par exemple, et discuter de manière intelligente.


Liza : - En tout cas, il faut dire que la C®AQ, pardon, la CAQ, avec l’inconstance de ses discours, les hésitations de M. Legault, sa façon de maugréer les Libéraux et les Péquistes, c’est un peu ça. On l’a vu dans les sondages : monte, descend, monte, descend, monte, descend… Ç’a pas tellement changé depuis le temps de Mario Dumont.

Marie : - Heureusement.

Simon : - Et vous, monsieur Gagnon… Ah ! Eh puis, laissez faire. Parlons plutôt de la façon dont vous trouvez comment l’auteur a traité l’équipe de Québec Solitai… pardon, Solidaire?

Charles : - Des attaques vicieuses, en dessous de la ceinture, comme toujours dans pareil cas, de la part de la bourgeoisie. Mettre les faces des deux chefs sur une pièce d’un cenne noire appelée à disparaître, c’est un autre coup sournois de la bourgeoisie impérialiste. Savez-vous pourquoi il n’y a qu’une face sur une pièce de monnaie, monsieur? Moi, je vais vous le dire.

Simon : - En effet, dites-nous donc?

Charles : - Parce que ça prend rien qu’une tête pour diriger un parti et un gouvernement. La pensée de Marx, de Engels et de Lénine est catégorique sur ce point. L’État est Un et Un est l’État. Il n’y a que deux lignes à suivre pour un chef de parti d’un vrai mouvement solitaire, et ça Khadir l’a compris : la ligne juste et la ligne erronée. Et une ligne juste ne peut qu'avoir un seul chef. Pour être Solitaire, il faut être un. C'est la logique même des mots qui le dit. Il y a plus de solidarité entre les capitalistes du Parti Libéral et les sangsues petites-bourgeoises de la CAQ que dans tous les mouvements dits de solidarité où chacun prétend à son bien personnel ou son fantasme idéologique au nom du bien commun. En politique, il n'y a de scientifique que le marxisme-léninisme.


Simon : (À part) - Ma foi, il est aussi délirant mort que vivant! (À Charles Gagnon) Oui, mais revenons-en à la pochade?

Charles : - Rien que du mépris petit-bourgeois. La ligne erronée, monsieur. La ligne erronée…

Jean-Pierre : - Non, mais écoutez Simon, imaginez-vous que l’auteur de cette pochade ferait une parodie du Club des Ex, et là nous ferait dire des niaiseries et du bavardage inutile, qu’en penseriez-vous?

Liza : - Moi, je le poursuivrais devant les tribunaux.


Marie : - Il faudrait penser, en effet, à installer une nouvelle censure pour ceux qui souillent les carrières d’honnêtes gens. Tous les politiciens ne sont pas des gens corrompus, mais tous les gens corrompus sont des politiciens… Enfin, je veux dire… Cessez de dire et de faire des obscénités à l’égard des députés. C’est le moindre des respects dus à la démocratie.

Charles : - Tous des bourgeois, grands et petits.

Simon : - Donc, vous convenez tous que Diarrhée électorale sur le Québec est un texte, sinon condamnable, du moins répréhensible.

Liza : - Je ne conçois pas, en tous cas, qu’à un moment aussi décisif que celui de l’actuelle campagne électorale, que des individus distraient la concentration des citoyens avec des bêtises pareilles et faussent le processus des urnes. Voir comme si en plein débat sur le Plan Nord ou la grève étudiante, nous autres, on n’arrêterait pas de parler de nos versements de contrats et de notre piscine hors terre. Mais, Voyons.


Marie : - En effet, Simon. C’est insultant et ça ne mérite aucune excuse.

Jean-Pierre : - Aucune.

Charles : - Rien que des bourgeois.

Simon : - Bon eh bien voilà qui met un terme à cette édition spéciale du Club des Ex, je vous remercie vous tous pour votre participation. C’est toujours aussi animée sur le plateau, comme vous pouvez le constater, mais cela nourrit notre réflexion politique. Ainsi qu’à vous à la maison, sur ce, bonsoir et à la prochaine.

Liza : - Bon, peux-tu nous dire quand est-ce qu’on va être payé?

Simon : (serrant ses papiers blancs) – Je te l’ai dit Liza, ce n’est pas moi qui s’occupe de la comptabilité.

Liza : - Ah! Et pis va donc chier Durivage…⌛










Montréal
1er août 2012
en ce jour du déclenchement des élections, qui est 
aussi celui de la fête de saint Arcade († avant 549),
évêque de Bourges, que les vilains petits garçons prient
dévotement pour leur permettre de rencontrer de
vieux pédophiles dans les toilettes des centres d'achat
afin de leur faire une pipe et en dépenser l'argent pour
continuer à jouer avec les jeux électroniques violents,
⚉POUR LE QUÉBEC!⚉

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