VENEZ PARTICIPER AU FORUM DE LA SOCIÉTÉ D’ÉTUDES ET DE RECHERCHES EN PHILOSOPHIE DE L’HISTOIRE (S.E.R.P.H.) À L’ADRESSE FACEBOOK : https://www.facebook.com/groups/SERPH/?pnref=story

POSEZ DES PROBLÉMATIQUES,
SUGGÉREZ DES DÉBATS,
RÉPONDEZ ET INTERVENEZ DANS LES DISCUSSIONS EN COURS.
C’EST GRATUIT, ET POUR AUTANT QUE VOUS VOUS INTÉRESSEZ AUX QUESTIONS DE CIVILISATIONS, DE CULTURES, DE SOCIÉTÉS, IL VOUS SERA POSSIBLE D’ÊTRE UN SPECTATEUR ENGAGÉ DANS LE MONDE EN CE PREMIER XXIe SIÈCLE.

lundi 21 novembre 2011

Prédateurs et proies

PRÉDATEURS ET PROIES

Non, ce titre n’est pas inspiré d’un roman de Jane Austen. La nouvelle du jour fait mention de vigilants, ces justiciers civils qui s’autoproclament, d’un côté et de l’autre de la frontière canado-américaine, partis à la chasse aux cyberprédateurs sexuels qui donnent rendez-vous à leurs enfants pour autre chose qu'assister à la parade du Père Noël. Des parents lassés par le temps pris par les policiers pour saisir les cyberprédateurs; parents déçus aussi par la  lenteur des procédures légales qui n’en finissent pas et dont les jugements ou les sentences ne satisfont que rarement leur soif de vengeance. Voici donc les prédateurs devenus proies de d’autres prédateurs. Comme dans ces jeux vidéos où prédateurs et proies changent alternativement de rôle, le virtuel se transpose de plus en plus au réel. Mais la prédation n’est pas un jeu, et qui s’y livre, en tant que prédateur ou en tant que proie, risque d’y laisser gros sur le tapis.

Cette bipolarité pourrait s’inscrire dans celle que Marx énumérait au début de son Manifeste du Parti communiste de 1848. «Homme libre et esclave, patricien et plébéien, seigneur et serf, maître et compagnon, bref, oppresseurs et opprimés» apparaissent comme «une constante opposition» qui traverse l’Histoire, de ses origines à la fin des temps et à laquelle, maintenant, nous pourrions ajouter «prédateurs et proies». En fait, c’est bien la paire prédateurs et proies qui se maintient tout au long de ce passé: homme libre et perclus de dettes ou vaincus de guerres, aristocrate et gens ordinaires, maître et valets, manager et employés: tous partagés entre la prédation et la fuite.

Ce jeu du chat et de la souris finit par tous nous atteindre un jour ou l’autre, et il n’est pas besoin d’être un enfant pour être la proie de ces cyberprédateurs qui trouvent à travers les média démocratiques les moyens de s’imposer comme menaces à la liberté d’esprit des individus. Les «poubellistes», les trashers, les trolls, en région comme en zone urbaine, polluent les ondes de leurs grossièretés et de leurs insultes gratuites. L’une de ces petites bêtes est venue se nicher sur un de mes messages, croyant par là m’intimider ou m’humilier. Par bonheur, si je puis qualifier cela de bonheur, j’ai eu accès à ses longs délires scripturaires. Soi-disant arguments prétendant mener un débat pour faire jaillir la vérité! De proie, je me suis prêté au jeu afin de m’amuser, à mon tour, en tant que prédateur.

Tout à commencer par un commentaire porté à un de mes messages récents. Malgré la grossièreté et le peu de délicatesse de ses remarques - que voulez-vous, tout le monde ne sait pas vivre -, j’ai crû d’abord m’adresser à un lecteur intelligent qui avait droit à son opinion. Il m’a invité à poursuivre le débat sur son site. J’ai commencé alors à lire ce qu’il écrivait, et les réponses qu’il faisait à mes arguments. De sa part, ce n’était qu’un chapelet d’argumentaires ad hominem entremêlés d’insultes personnelles et de mépris ouverts. Il a bien fallu que je me rende à l’évidence. Ce type avait quelque chose de fêlé entre les deux oreilles. Son ton était celui des poubellistes de radios de provinces, et de fait, mon prédateur se tiendrait cacher à Rouyn, en Abitibi. Son nom est-il bien Warren Peace comme il le prétend? Je ne sais pas. Certains le pourchassent afin de le démasquer. Tant mieux s’ils y arrivent. Pour ma part, son support d’os et de chair m’intéresse relativement peu. Il aime jouer au chat et à la souris, eh bien jouons. Je serai le profiler, et il sera ma souris.

En surfant sur le net, j’ai trouvé qu’à côté de mon Warren il y avait un autre Warren Peace, un chanteur pop ou je ne sais trop, mais il expliquait que son nom de vedette venait du titre du roman de Tolstoï War and Peace. La guerre et la paix, voilà ce dont mon Warren semble, en effet, vouloir commander sur les messages web. Ce jeu de mots me plaît. Nous l’appellerons donc War•and•Peace afin de ne pas laisser supposer que les gens de l’Abitibi sont aussi psychothiques que lui. Faisant mon Spencer Reid, j’épluche certains des messages qui me sont parvenus de lui. J’en déduit d’abord que ce serait un homme d’âge avancé, un retraité dont la carrière serait derrière lui. Il semblerait bien avoir suivi le cours classique, car les obsédés des fautes de syntaxe ne se retrouvent pas à la sortie des polyvalentes. Le fait qu’il ait été avocat spécialisé en droit des médias m’apprend beaucoup sur son cheminement lorsque nous le recoupons avec son âge présumé.  Le fait qu’il est psychotique se révèle à travers son discours qui m’interpelle.

Contrairement à ce que nous pensons généralement des psychotiques, ils sont beaucoup plus intelligents que nous le présumons. Certes, ils ne cessent de mentir mais personne ne ment jamais totalement. Là où la conscience délire, l’inconscient s’exprime clairement. Nous n’avons pas à nous arrêter à tout ce qu’il dit stricto sensu, mais War•and•Peace nous parle, nous dit des choses «vraies» à travers injures et autocomplaisance. Et il faut l’entendre. Non pas s’attarder au premier degré de ses énoncés, non, mais comme nous l’enseignerait un rabbin ou Dante, il faut savoir s’élever au second degré. Il faut «interpréter» ce qu’il nous dit entre les lignes de son allocution. Il faut tenir, malgré son discours qui se voudrait d’une logique impeccable, que ce n’est, comme le disait Joseph de Maistre, qu’une raison raisonnante, recouvrant un délire. À l’exemple d’un fidèle lacanien, il faut donc dé-lire le délire.

Faut-il croire War•and•Peace sur parole quand il nous parle de sa maîtrise en droit des média? En tous cas, il se sert des instruments juridiques pour couvrir sa prédation. Il sait recourir aux différents registres légaux: celui des naissances que le gouvernement du Québec a centralisé pour se faire de
James Ensor. Le Roi Peste
l’argent en passant; celui des cadastres de municipalités; celui des inscriptions dans des commissions scolaires ou autres documents auxquels certains logiciels permettent d’avoir accès. Il peut, sans sortir de chez lui, se renseigner sur des individus qu’il n’a jamais rencontré personnellement; leur parler de leur vie comme s’il les connaissait depuis toujours. C’est ainsi qu’il profite des informations relevant du domaine publique, du notariat comme du droit, pour s’imposer à ses proies en leur donnant l'impression qu'il est tout près d'eux. Voilà qui nous confirme ses connaissances en matière de droit, mais c’est par son habileté à user des nouvelles techniques informatiques qu’il sévit, empestant les sites web de sa haine fétide comme le Roi Peste d’Edgar Poe. Les rouages de la machine informatique lui permettent de brandir l’épée de la prédation et celle de la machine légale de lui servir de bouclier contre d’éventuelles poursuites dont il pourrait faire l’objet de la part de ses proies. Notre cybergladiateur ainsi armé, se lance sur la toile virtuelle comme l’araignée sur les mouches captives.

Il faut s’arrêter un instant sur la complémentarité de ses habiletés technologiques et juridiques. C’est par elle, lorsque vous croyez le tenir, qu’il parviendra à s’échapper, s’évanouira entre vos mains, par refus de la cour d’entendre la cause du plaignant jugeant qu’il n’y a pas là matière à procès. Il est même impossible de recourir au gouvernement pour faire bloquer son site web, alors que s’il trafiquait dans la pornographie juvénile, il serait déjà derrière les barreaux. C’est ainsi que le droit à la liberté d’expression glisse sur un borderline très étroit. Si nous intervenons par la censure, nous ouvrons la porte à un État totalitaire; si nous laissons-faire laissons-passer, nous nous embarquons dans une spirale qui, de la licence finira par conduire aux attentats à la pudeur et aux viols. Le harcèlement et la propagande haineuse sont justiciables lorsque la cible est toujours la même et que les écrits prêchent la violence ouverte contre les personnes visées. Aussi War•and•Peace s’entend-t-il pour ne jamais prêcher une violence ouverte ni cibler perpétuellement la même proie. Voilà pourquoi des drames comme Columbine et Utoeya ont été annoncés des jours à l'avance sur le web sans que la police n'en soit informée ou prenne l'affaire au sérieux. On sait ce qu'il en a coûté! La clé de voûte s’articule donc entre le droit et les média. D’autre part, les gens qui posent des actes criminels sur le web et finissent par se faire encager, ne possèdent ni les habiletés techniques pour embrouiller les enquêteurs, ni la connaissance du droit pour leur permettre de pratiquer leur vice sans se faire condamner. Et cela, convenons-en, ne s’apprend pas dans les bottins Windows. Aussi, notre War•and•Peace maîtrise (avec ou sans maîtrise) la connaissance du droit des médias. Son habileté avec les média électroniques lui permet de satisfaire son narcissisme et son fantasme de puissance sur les autres dont il préjuge de la faiblesse mentale ou morale.

Car sa stratégie s’appuie sur la terreur qui sommeille en chacun de nous, bons mammifères que nous restons, et qu’il éveille, suscite, excite, jusqu’à la peur panique. Il s’amuse à semer l’inquiétude ou à soulever l’indignation parmi ses proies, et ce sont elles qui font le reste, en se créant des scénari d’intimidation, de sadisme, de menaces suites à des suggestions tendancieuses (dans un cas, il menace de publier la photo des enfants d’un individu, ce qu’il ne fera pas, bien entendu). Il se vante lui-même de se tenir en «mode prédation», ce qui ne reçoit aucun écho de la part du jargon juridique, mais suppose qu’il peut vous surveiller, là, derrière votre épaule. Il engendre la paranoïa, et il le sait. Il agit comme un vulgaire paparazzi qui s’accroche à une vedette. Il tend sa toile informatique jusqu’à ce que la «mouche» tombe dans le piège et se retrouve enfermée dans ses propres angoisses qui la dévorent. Il engrange la terreur dans un esprit sain, mais cette terreur était déjà dans l’individu même. La guerre est ici une guerre psychologique. N’étant pas ouvertement déclarée, les proies ne peuvent en appeler aux tribunaux tant sa défense parviendrait facilement à faire jeter l’accusation au panier. C’est la vieille histoire, cent fois racontées, depuis le célèbre film d’Henri-Georges Clouzot, Le corbeau.

War•and•Peace procède comme dans ce vieux film du temps de Vichy. Dans ce qu’il déclare, rien ne peut être affirmé mais tout peut être suggéré. En droit, la suggestion (contrairement à l’affirmation menaçante), si elle n’est pas suivie d’un acte qui, précisément, confirmerait par son exécution l’intention suggérée, n’est pas valide en soi. Le droit criminel a pris le relais de la notion chrétienne du péché. Dans le christianisme, il faut d’abord avoir connaissance que poser un tel acte serait commettre un péché (un acte criminel en matière de droit); ensuite, avoir l’intention, malgré cette connaissance, de commettre ledit péché (ledit crime); enfin, commettre le péché (le crime). En droit, au départ, «Nul n’est sensé ignorer la loi». Ce vieux principe du droit romain pouvait toujours être pris au sérieux du temps où les lois romaines tenaient dans la seule Table des douze lois. Aujourd’hui, s’en tenir à cette prescription relève tout simplement de l’autisme! Mais cette sottise gouverne encore nos principes juridiques. Le crime est-il précédé de l’intention? Alors il l’aggrave - crime avec préméditation. Lorsque le crime est commis, comme acte, comme «fait», comme «chose» (res), s’il n’est pas marqué d’intention, ou qu’on ne peut prouver qu’il y eut préméditation au crime, alors votre sentence est amoindrie. Le péché mortel s’est transformé en péché véniel. Douze Je vous salue Marie et quinze Notre-Père suffiront. Les «peines dans la communauté», tout en évitant à l’État d’avoir à entretenir des prisonniers, permet en même temps de couper l’herbe sous le pied du coûteux «marché de l’emploi». Bref, il y a des bénéfices à faire avec les sentences.

Tout cela nous apparaîtrait génial si le prestigitateur n’était en fait qu’un pauvre type qui gaspille les dernières années de sa vie à des jeux puériles. Aussi, faut-il élargir son inventaire pour mieux saisir sa personnalité. Sa psychose est trop compressée en lui pour lui permettre d’atteindre à ces grands monstres que sont les psychopathes. C’est un avocat, oui, mais un avocat raté. Si nous recoupons son âge avec la naissance du droit des média, qui, contrairement au droit criminel et au droit civil - le Grand Droit, si on peut dire -, n’est qu’un droit administratif. Provient-il de l’Abitibi? Possible. En ce cas-là, il y a de bonnes chances qu’il ait fait son droit à l’Université d’Ottawa, université dominicaine et bilingue. Il nous semble ne pas avoir apprécié ses années d’études universitaires (on lui aurait «enfoncé l’histoire judiciaires dans la gorge»!). Le droit des média est une invention tardive de l’époque Trudeau, dont il semble être nostalgique par sa haine viscérale qu'il porte aux conservateurs. Or, le gouvernement Trudeau a été un grand protecteur de Radio-Canada et le promoteur du CRTC, grand employeur de juristes en matière des média, un droit qu’il fallait à l'époque construire ex nihilo. Toutefois, il n'a qu'une maîtrise, ce qui a dû limiter ses promotions (et son salaire), d’où sa jalousie envers les détenteurs de doctorat. Peut-être a-t-il échoué certains concours, ce qui aurait fait avorter sa carrière dans le droit civil ou le droit criminel qui sont les plus payants, et donc forcé à s'engager dans le droit administratif qui naissait à l'époque et qui servait de planque aux technocrates, d'où son agressivité dans sa pratique du droit «par procuration» médiatique, commentant les jugements dans les causes célèbres, comme s’il s’identifiait au Tribunal.

L’expression du ressentiment qui, pour Nietzsche, était le moteur de la civilisation, se transforme en agression scripturaire. Pour intelligents qu’ils soient, les psychotiques sont déconnectés du réel. Leur narcissisme secondaire les isole et fait partie des symptômes de la pathologie, d’où ce goût de cuistre qu’a War•and•Peace d’étaler sa connaissance de cas célèbres en jurisprudence, sans toutefois avoir les compétences pour les insérer dans la logique des mécanismes sociaux desquels ils émergent. Sa réalité profite donc des failles de notre réalité. Après tout, dans un domaine tout à fait différent, n'a-t-on pas saisi Al Capone non pour ses meurtres mais par le fait qu'il n'avait pas payé l'impôt sur les revenus de ses tripots? Ce type de faille (bavure policière, incompétence de la couronne) entraîne autant de précédents que les causes jugées.

Pour le moment, notre troll se présente sous son côté le plus malfaisant, plaideur à la Racine, une vésicule biliaire surchargée qui se déverse sur tout un chacun. Le danger, comme il a été souligné, serait d’entrer dans son jeu, car il aime jouir à nos dépens, par l'intérêt qu'on lui prête, d'où le fait qu'il nous invite à aller débattre sur son site, afin de se lire et de lancer ses arguments ad hominem qu’il considère comme l’équivalent d’autant de clous à planter dans le cercueil de sa proie. Sa décomposition des textes est déjà en soi un jeu sadique. Il découpe la chair des textes pour ne tirer que les extraits où il croit pincer sa proie. Il n'a aucune stratégie critique d'ensemble. Il comble son vide par des insultes. Pour cela il accusera son adversaire de se contempler dans ses écrits; réflexe d'inversion courant chez les psychotiques. Il se contemple, comme Narcisse, dans ses textes et les cris d'indignation poussés par sa proie le remplissent de joie. Une poursuite légale le ferait «orgasmer». Si le débit d'invectives a crû au fur et à mesure que nous débattions (si on peut appeler ça débattre), c'est que je ne l'ai pas insulté autrement qu'en piétinant ses plates-bandes et que je ne l'insultais aucunement en méprisant son nom ou en (excusez l'expression) «chiant» sur le droit, comme il s’employait à le faire à mon égard et sur l'histoire. Plus on est calme avec lui, plus il s'enrage. Le jour où plus personne ne lui répondra, sa démence se refermera sur lui-même, et on l'internera définitivement.

Car ce qui le blesse profondément relève du la sensibilité qui est celle de tous les trashers de radio ou de sites web. C’est lorsque, dans le message où il est intervenu, j’ai qualifié d’ânerie du droit romain, ce principe sacré: «Res judicata pro veritate habetur», qui veut dire que la chose jugée doit être tenue pour la vérité (objective). Ce principe, probablement un must dans la mentalité romaine, appartient toutefois à une autre civilisation que la nôtre, la civilisation hellénique (gréco-romaine), et le fait que la civilisation occidentale soit l’héritière de cette civilisation ne rend pas la formule adaptée aux paramètres des mentalités de l’homo occidentalis du XXIe siècle. Considérer qu’un accusé est coupable (ou innocent) parce que une, deux ou douze personnes la tiennent ainsi, c’est l’absurdité que nous retrouvions dans le célèbre quizz Family Feud, où une vérité était tenue telle (exemple: les concombres sont rouges) parce qu’elle avait obtenue le plus grand nombre de voix de l'audience! Ce «théâtre de l’absurde» régit pourtant le droit occidental. Il est à l’origine de toutes les erreurs judiciaires commises et pour lesquelles nous payons si chers (et ne parlons pas du temps où la peine de mort était encore appliquée au Canada ou l’est encore dans divers États américains). Contrairement à ce qu’en disent les juristes, cette formule n’éclaircie rien tant elle est alambiquée et fait porter les erreurs du système sur le dos des innocents et de la société en générale (c'est elle qui paie les compensations obtenues par les détenus faussement condamnés). Elle obscurcit l’esprit de justice en faveur de la lettre de la procédure. Pourtant, et c’est là qu’elle se révèle dans toute sa sénilité, cette règle désuète sert de terreau à tous les trashers, les trolls informatiques ou les radio-poubelles; car ils tiennent leurs jugements personnels pour une vérité objective; leurs préjugés et leurs stéréotypes pour le réel existant. Ils peuvent ainsi pratiquer le «crime» en toute innocence, s’arrangeant pour que jamais on ne puisse les «juger» coupables (avec préméditation). C’est l’évolution du droit lui-même qui montre à quel point ce principe ne peut plus être tenu pour fondamental. Au Res judicata pro veritate habetur, des procédés juridiques sont venus apporter sans cesse des modifications ou des nuances en vue de relativiser ce principe qu’on considère, non sans superstition, à la manière des Romains, comme indispensable; sans lequel ni loi, ni crimes, ni jugements n’auraient de valeurs: d’abord par les circonstances atténuantes qui oblige la judicata à confronter la veritate. Puis l’appel d’experts qui tout en se contredisant réduisent les valeurs accordées au judicata. Enfin, le «doute raisonnable» qui, semé dans l’esprit du jury ou du juge, le force à douter que la veritate puisse être «réellement» traduite par la judicata. Les «preuves bétons» relèvent de plus en plus de la fiction. D'autre part, toutes ces réformes proprement occidentales du droit, érodent les structures du vieil édifice romain du dura lex sed lex. La «justice» devient malléable comme de la plasticine. Or, la légitimité du trashing repose toujours sur ce principe du Rex judicata… Ce vieillard ne sera jamais, par sa psychose, jugé suffisamment sain d’esprit pour être tenu responsable de son errance médiatique. Son terrorisme informatique peut donc être pratiqué jusqu’à sa mort sans qu’il lui en coûte, car il tient les rennes de la compétence juridique et de la compétence informatique et se met à l'abri de toutes menaces judiciaires.

C’est précisément pour cela que l’affaire Turcotte est devenu pour  lui l’affaire par excellence, car elle démontre le vice qu’entraîne la fidélité au Res judicata pro veritate habetur. War•and•Peace procède exactement comme le docteur Turcotte qui, aux yeux de certains, apparaît comme un modèle du «criminel parfait», et que les «témoignages» made in human interest de son épouse, lui donnant son quinze minutes de gloire médiatique, démentent cet autre sophisme: que «le crime ne paie pas». Considérer que l’accusé était atteint d’une incapacité mentale passagère au moment du crime vise à écarter la préméditation du geste. En ce sens, les querelles de spécialistes ont jeté le «doute raisonable» dans l’esprit des jurés. Téléguidés par l’avertissement du juge, le verdict s’était déjà logé dans la conclusion de ceux-ci avant même qu’ils entrent dans la salle de délibérations. Le tout s’est déroulé - au malheur de ces hommes et de ces femmes qui ont dû, pendant des semaines, entendre et voir des preuves d’un crime épouvantablement sadique -, comme un immense spectacle que la cour du juge Petaud se donnait à elle-même et aux spectateurs de la télé. On comprend qu’un juriste des média puisse jubiler, parce que la tragédie se transformait en farce. Le geste ne pouvant être tenu pour intentionnel, le crime devenait «un accident», ou un péché véniel si vous préférez. Le jugement moral, quant à lui, est depuis longtemps définitivement écarté de la procédure. Turcotte comme Gaston se sont comportés d’ailleurs avec un manque flagrant de pudeur et de sens moral qui effraie. Tout droit est relatif à sa société, mais une fois qu’il est établi, sa valeur est absolue.

Mais même là, être tenu pour fou par un tribunal, serait une défaite intolérable, pour notre troll, car il ne se sait pas «objectivement» fou; il se croit plutôt un génie, et son intouchabilité le confirme dans sa certitude. Toutefois, les sadiques ont une trajectoire connue: les psychopathes tuent à répétition afin que quelqu'un en vienne à les tuer, ce qu’on appelle en anglais, suicide by cops; ou encore, au bout d'une quantité de crimes, finissent par se suicider (on l’a dit de Jack l’Éventreur), ce qui est plus rare car autant ils sont «courageux» dans le fait de donner la mort, autant ils la craignent pour eux-mêmes. Dans les deux cas, ce sont les mêmes pulsions destrudinales qui les motivent. Le sort de Hitler était déjà prescrit dès la tentative du coup d’État de 1923 dit du putsch de la brasserie de Munich. Ayant échappé aux armes de la police, il passa le temps de sa détention à rédiger Mein Kampf qui est de la même encre que les messages de War•and•Peace. Comme ce dernier ne donne jamais suite à ses menaces de façon factuelle, il confirme bien qu’il n'est pas un psychopathe. Sociopathe? Sans doute, dans la mesure où il hait les membres de la société, mais haïr, comme aimer, ne relève toutefois pas du droit. On ne poursuit pas quelqu'un parce qu'il hait, mais parce qu'il blesse, qu'il tue, qu'il cause des dommages, bref qu'il commet un acte physique (res). Le droit procède à la manière des historiens positivistes et romantiques du XIXe siècle, inspirés d'un maître à penser allemand, von Ranke, qui enseignait que «L'historien doit présenter « ce qui s'est réellement passé » (wie es eigentlich gewesen) sans juger ces faits et en s’interdisant d’en tirer des enseignements pour un futur hypothétique», juger voulant dire ici porter un jugement moral. Le juge et le jury se doivent donc de juger en fonction des faits seuls; des effets directs qui proviennent d'un fait tenu pour une cause. Reprenant la vieille dichotomie de Pareto, il est illogique de décider par une judicata la réalité objective d’une veridicate, mais il n’est pas irrationnel de le faire.

Il faut s’arrêter sur le narcissisme de notre avocat qui le confine à la volonté divine, à la mégalomanie. Que celle-ci se double de paranoïa, c’est tout à fait logique dans un milieu - celui du droit - qui vit dans une logocratie étrangère aux mots et aux sens des usages courants. C’est déjà une institution psychotique en soi, d’où ses difficiles confrontations entre droit et société. Le sadisme de War•and•Peace se transmet dans le masochisme de ses proies qui finissent par prendre plaisir au mal qu’il leur cause, aux insultes, au mépris qu'il leurs adressent. Lorsque ses proies manifestent par la colère ou la plainte leurs souffrances, il sait qu’il a vraiment gagné «sa» guerre en extirpant toute paix de l’âme de sa proie. C’est un jeu compulsif qui, des «game boxes» pour adolescents, passe au niveau adulte, avec des conséquences d’adultes. Ici, chasseurs et gibiers ne changent plus alternativement de place. Une fois que vous accédez à votre position de prédateur ou de proie, vous ne la quitterez plus jamais. Ce n’est pas pour rien qu’on dit des maladies mentales qu'elles sont contagieuses. Les exemples foisonnent au niveau culturel. Les délires paranoïaques comme les mégalomanies obscènes deviennent, à l’âge des foules, une tare collective dangereuse. C’est véritablement le cas où on peut affirmer que la maladie mentale se transmet par contagion et que, comme pour le sida, il n’existe pas de vaccin qui puisse nous en garantir ou nous en guérir une fois contaminés.

Que reste-t-il donc de War•and•Peace après ce profilage? L’image d’un vieillard rancunier, obsessionnel, mû par des ressentiments inouïs. Un avocat à la carrière ratée, un tâcheron qui aurait voulu être Perrin Dandin. Tout au long de sa carrière effacée, il a cumulé les frustrations et les ressassements qui lui ont fait prendre l’humanité en haine. Dans l’univers abstrait et psychotique qu’offre une logocratie fermée comme l’est celle du droit, il a passé sa vie. Avant de mourir, il veut prendre sa revanche sur tous les hommes de la terre. Son culte du droit n’est que le positif de sa haine du monde judiciaire qui ne lui aurait pas donné la place qu’il se croit en mesure d'avoir mérité. Mais ce qui est le plus pathétique, c'est que cet homme cherche l'amour des autres dans la haine ou les rancunes qu'ils lui portent. Chaque injure, chaque insulte qu'il reçoit est une preuve que quelqu'un pense à lui, même si c'est pour le haïr, il ne peut recevoir cela que comme une preuve d'attachement. Grâce à ses détracteurs, il ne se sent plus seul. Alors que tant d'autres gens, ayant fait du bien autour d'eux tout au long de leur vie, se retrouvent, à l'agonie, abandonnés seuls, dans une chambre noire aux soins palliatifs. C’est un destin bien triste pour un homme; une preuve des souffrances inimaginables que peuvent engendrer tant de ressentiments qui hantent un esprit défaillant. La vie nous blesse tous, et arrive un certain âge où le sentiment d’avoir failli à notre existence, à notre destin, nous plonge parfois dans un désarroi où l’on voudrait que les autres expient notre fardeau. C’est là que nous sombrons. La différence entre War•and•Peace et nous, c’est que nous, nous le savons, nous en sommes parfaitement conscient. Le prédateur peut exercer, par le web ou par n’importe quel autre instrument, sa «puissance» sur ses proies, mais ses proies peuvent avoir un avantage sur lui: elles le connaissent mieux qu’il se connaîtra jamais lui-même. C’est là l’essence de la fable de Hegel sur le maître et l’esclave. Ou encore, dans ce célèbre passage des Principes de la philosophie du droit: «Ce n'est qu'au début du crépuscule que la chouette de Minerve prend son envol. Ce que le concept enseigne, l'histoire le montre avec la même nécessité: c'est dans la maturité des êtres que l'idéal apparaît en face du réel». Dans le cas qui nous occupe ici, la chouette n’a jamais réussi à prendre son envol, prisonnière qu'elle était d'un esprit muré⌛
Montréal
21 novembre 2011.

7 commentaires:

  1. La psychose de papitibi est bien démontrée et établie dans son courriel de menaces et d’extorsion à Patrick Lagacé.

    http://blogues.cyberpresse.ca/lagace/2008/04/21/je-suis-un-paratonnerre-une-autre-forme-de-pause-kit-kat/

    RépondreSupprimer
  2. Vous devez savoir aussi que papitibi a plusieurs pseudo : Papitibi, warrenpeace, saccapuces, Atzilut etc. Son pseudo saccapuces vient peut-être de la parole de son inconscient qui sait que son âme est encrassée et tourmentée.
    Il aime aussi se faire passer pour un juif. Peut-être pour se sentir mieux dans sa peau?

    RépondreSupprimer
  3. Bonjour Docteur Coupal,

    Qu’il me soit permis de vous appeler Docteur puisque si vous détenez un PH.D vous détenez certainement un doctorat. Papitibi, ce casseur de party, vous dira que cela est interdit par le Code des professions de vous appelez Docteur, car vous n’êtes ni médecin ni dentistes et ni vétérinaires, mais qu’est-ce qu’on s’en tape de ses avis puisque c’est moi qui vous appelle Docteur et non l’Inverse.

    Aussi, mon nom est simon picotte et je protège les intérêts de papitibi. Notez les commentaires provenant de simon.picotte sur l’hyperlien du courriel que mon client a expédié à Patrick Lagacé. Je suis le seul à le défendre. Maintenant, laissez moi étudier votre lettre pour bien m’assurer que celle-çi ne blesse n’aucune manière l’amour propre de mon client. Advenant le cas, vous allez devoir supprimer votre texte en tout ou en parti.

    avis juridique à suivre

    RépondreSupprimer
  4. >>>Ce type avait quelque chose de fêlé entre les deux oreilles.-Dr Coupal
    ________
    Ici vous me semblez avoir beaucoup de préjugés envers les personnes souffrantes de pathologies mentales plus précisément de psychoses comme celle de mon client papitibi.

    Encore faudrait-il définir la normalité. Peut-être devrions parler de « parapsychose » pour éviter toute forme de poursuite? Une chose est certaine, vous n’êtes pas Ph.D en euphémisme vous Docteur.

    En passant, à l’instar de mon client, votre prolixité « drapé » de votre Ph.D me tape sur les nerfs. À cet égard, vous devriez offrir la version complète de vos billets avec une version résumée. C’est probablement la raison pour laquelle mon client vous a dit et je cite : Décrisse Coupal!!! Et sur point, il avait bien raison. Si vous ne pouvez condenser vos idées, et bien, décâlissé. Sauf si vous étiez invité.

    J'ai déjà vu papi câlisser dehors un avocat de son blogue après que celui-çi eu dûment démissionné juste avant. Quelle classe que celle de mon client.

    RépondreSupprimer
  5. Mon tabarnak Coupal. M'a te poursuivre. M'a te vider les poches mon sacrament. Picotte est mon pire est ennemi. IL me traque. Mon coeur bat comme un petit animal effrayé câlisse de trou du cul

    RépondreSupprimer
  6. @papi

    Décrisse ma pourriture où je monte à Rouyn drette là!

    C'est tu clair ça câlisse

    TU t'as sortiras pas de même ma libellule

    RépondreSupprimer
  7. Après tout ce déferlement de… Enfin. Je lis Blaise Pascal, et je trouve, ceci, dans le fragment 294:

    «De cette confusion arrive que l'un dit que l'essence de la justice est l'autorité du législateur, l'autre la commodité du souverain, l'autre la coutume présente; et c'est le plus sûr: rien, suivant la seule raison n'est juste de soi; tout branle avec le temps. La coutume fait toute l'équité, par cette seule raison qu'elle est reçue; c'est le fondement mystique de son autorité. Qui la ramène à son principe, l'anéantit. Rien n'est si fautif que ces lois qui redressent les fautes; qui leur obéit parce qu'elles sont justes, obéit à la justice qu'il imagine, mais non pas à l'essence de la loi: elle est toute ramassée en soi; elle est loi, et rien davantage. Qui voudra en examiner le motif le trouvera si faible et si léger, que, s'il n'est accoutumé à contempler les prodiges de l'imagination humaine, il admirera qu'un siècle lui ait tant acquis de pompe et de révérence. L'art de fronder, bouleverser les États, est d'ébranler les coutumes établies, en rendant jusque dans leur source, pour marquer leur défaut d'autorité et de justice. Il faut, dit-on, recourir aux lois fondamentales et primitives de l'État, qu'une coutume injuste a abolies. C'est un jeu sûr pour tout perdre; rien ne sera juste à cette balance. Cependant le peuple prête aisément l'oreille à ces discours. Ils secouent le joug dès qu'ils le reconnaissent; et les grands en profitent à sa ruine, et à celle de ces curieux examinateurs des coutumes reçues. C'est pourquoi le plus sage des législateurs disait que, pour le bien des hommes, il faut souvent les piper; et un autre, bon politique: cum veritatem qua liberetur ignoret, expedit quod fallatur. Il ne faut pas qu'il sente la vérité de l'usurpation; elle a été introduite autrefois sans raison, elle est devenue raisonnable; il faut la faire regarder comme authentique, éternelle, et en cacher le commencement si on ne veut qu'elle ne prenne bientôt fin».

    Voilà. Afin d'encourager mes lecteurs blasés de ces échanges niaiseux, leur donner espoir que, malgré tout, l'intelligence et la critique de la justice existeront toujours.

    RépondreSupprimer