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mardi 28 décembre 2010

Les deux mains sur le volant


LES DEUX MAINS SUR LE VOLANT

Il n’y a rien à dire de plus sur Jean Charest, premier ministre libéral de la province de Québec. Tout à été dit il y a des lustres et les chroniqueurs, Marissal, Pratte, David et autres ne font que répéter, depuis des années, la même antienne: les neuf vies de Jean Charest, Charest sait retomber sur ses pattes, etc. Il est vrai que notre Garfield national nous a abreuvé de ses mots d’esprits pendant la dernière campagne électorale, alors qu’il était minoritaire en Chambre, avec sa volonté d’avoir «les deux mains sur le volant». C’était l’équivalent du «coffre à outil» de son alter ego péquiste Boisclair.

Je n’aurais pas pris la peine de m’y arrêter, tant les sujets vides m’intéressent peu, si je n’avais lu ce qui suit:

«Vous vous trouvez dans une voiture lancée à une vitesse folle sur un chemin étroit et sinueux qui passe au bord du précipice… Soudain, vous vous apercevez que le chauffeur n’est pas capable de conduire. Est-ce parce qu’il ne sait pas tenir le volant dans des circonstances difficiles, ou parce qu’il est trop fatigué et a perdu le contrôle de ses nerfs - toujours est-il que si le volant reste entre ses mains la catastrophe est inévitable. Par bonheur, il se trouve dans la voiture des gens qui savent conduire. Il faut donc qu’ils prennent la place du chauffeur le plus vite possible. Mais c’est une chose extrêmement dangereuse quand la voiture roule à une telle vitesse. Et puis, aveuglement ou amour-propre professionnel, le chauffeur s’obstine à ne pas vouloir se dessaisir du volant et ne permet à personne de s’en emparer. Que faire alors?… Un seul geste de sa main peut précipiter la voiture dans l’abîme. Vous le savez, et lui le sait aussi. Et il rit de votre angoisse et de votre impuissance : “Vous n’oserez pas le toucher!” Il a raison : vous n’oserez pas… Mieux encore! Non seulement vous ne le gênerez pas, mais vous l’aiderez de vos conseils… Et vous aurez raison. C’est ainsi qu’il faut faire. Mais qu’éprouverez-vous en constatant que, même avec votre aide, le chauffeur n’est pas capable de s’en tirer, et si votre mère voyant le danger se met à vous supplier de lui venir en aide et, ne comprenant pas votre attitude passive, vous accuse de lâche indifférence?»

C’est ce qu’on appelle la parabole de Maklakov, publiée dans le journal russe Russkie vedemosty d’octobre 1915 (in Marc Ferro. La Révolution de 1917, Paris, Albin Michel, Col. L’Évolution de l’humanité, # 27, 1997, pp. 915-916.) Et cela, à une époque, où il est bon de le rappeler, l’automobile se faisait plutôt rare en Russie. Maklakov était un libéral, proche de l’historien Miliujkov appelé à participer au Gouvernement provisoire issu de l’ancienne Douma et de la Révolution russe de Février 1917. À l’époque, en pleine Grande Guerre mondiale, il critiquait l’obstination du gouvernement de Nicolas II qui se refusait à faire des réformes qui s’imposaient pour la stabilité de la société russe. L’Histoire se répète? Que non, seules les bêtises tendent à se répéter… et, il est vrai, les lâchetés les y aident⌛

Montréal,
28 décembre 2010.

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